Message du 1er septembre 1985

Frères,

Vous êtes comme un fils de famille à qui le seigneur et maître des lieux aurait confié un travail important. Or, il néglige ce travail, il ne le fait pas comme le désire le maître. Alors, le maître lui envoie son propre fils pour lui expliquer la tâche par l’exemple.

Lorsque le fils de famille rencontre, dans sa jeunesse, le fils du maître pour la première fois, ils se lient d’amitié, les leçons du fils du maître sont reçues dans la joie et ses conseils respectés par le seul désir de lui être agréable. Au terme de cette mission, le fils du maître retourne auprès de son père et lui dit :

« Père, je suis allé enseigner le fils de famille et à présent, il accomplit fort bien son travail ! »

 Resté seul, le fils de famille poursuit d’abord sa tâche avec sérieux, puis, subissant peu à peu l’influence des oisifs, qui le moquent, accablé de railleries et attiré par bien d’autres occupations, il abandonne progressivement son travail jusqu’à n’en plus accomplir qu’une partie infime.

Un jour, alors qu’il a rejoint les oisifs, il est mandé par le maître, qui lui demande des comptes. Car le maître désire que le travail soit fait…

« Je vous demande pardon, dit humblement le fils de famille, mais j’ai été entraîné à l’oisiveté, et tout le travail que vous m’avez demandé n’a pas été fait. »

 Pendant ce temps, les parents du fils de famille, qui connaissent la sévérité du maître, se désolent et désespèrent :

« Notre fils a été appelé auprès du maître afin de lui rendre des comptes et le travail n’a pas été fait !… »

 Et de se demander ce qu’ils pourraient faire pour atténuer la colère du maître et le juste châtiment du fils.

Mais l’épouse du maître, qui rentre de voyage, vient à passer dedans cette famille. Lisant sur son visage une immense bonté, les parents éplorés se confient :

« Comment pourrions-nous apaiser la colère du maître et réparer pour notre fils ? »

L’épouse, sagement, répond :

« Que le travail qui n’a pas été fait soit accompli avec zèle par vous et par votre famille. Ainsi, mon époux, voyant que le travail est fait pour racheter le fils, sera moins sévère, et le fils sera sauvé du châtiment. Mon époux est justice mais il est aussi amour : il sait pardonner les erreurs lorsque sa clémence est implorée avec humilité par le coupable ; il sait lire dans les cœurs la sincérité.

Déjà, il a envoyé notre fils en personne pour réparer les erreurs des travaux mal faits et apporter l’exemple. Celui qui aura montré de la mauvaise volonté à suivre l’enseignement de notre fils sera rejeté lorsqu’il parviendra devant mon époux pour recevoir sa récompense. Car mon époux ne peut souffrir ceux qui refusent résolument son joug. Celui qui reconnaîtra humblement ses fautes sera envoyé dans un lieu où il en découvrira les conséquences immédiates et futures, et où son cœur coupable ne pourra que saigner devant tel spectacle. Si d’autres ouvriers réparent ses erreurs à sa place, par amour pour lui, s’ils mettent tout leur zèle à plaire à mon époux, alors mon époux se montrera clément et tous se retrouveront dans notre royaume une fois le travail accompli.

Ne craignez pas, vous qui déjà vous êtes mis au travail pour réparer les erreurs de votre fils coupable, et qui me confiez avec tant d’amour vos doléances : je veillerai sur lui jusqu’au jour où mon époux vous appellera à votre tour. »

Et l’épouse, touchée par une si grande confiance, baise tendrement la famille apaisée et regagne le royaume du maître.

« Époux, dit-elle au maître à son retour, confiez-moi le fils de famille afin que j’éduque son cœur à votre volonté. Je veillerai sur lui, si vous le permettez. »

Alors le maître, qui n’a jamais rien refusé à sa fidèle et sage épouse, lui dit :

 

« Prenez-le sous votre protection et éduquez son cœur, j’accepte de vous le confier. Sa famille m’a touché par l’amour qu’elle lui porte, et puisqu’elle m’offre de rattraper le travail inachevé, j’accepte, et me réjouis de sa fidélité. J’accorderai donc au fils mon pardon. »

 Frères, méditez cette parabole. Comprenez que tant qu’un homme, par orgueil et mauvais esprit, ne refuse pas délibérément le Seigneur, Celui-ci est tout disposé à accepter les prières et les sacrifices que vous Lui adressez par amour pour cet homme, et à se laisser toucher. Mais vous qui avez entendu la Parole, convertissez-vous avant qu’il ne soit trop tard !

+ Vos frères dans la Sagesse