Message du 24 octobre 2004

Mon fils,

Tu as gardé un cœur d’enfant, un cœur aimant, qui sait comprendre les autres de l’intérieur. Poursuis ta tâche avec ardeur. Tu as aussi un cœur courageux, un cœur qui va fouiller jusqu’au fin fond de lui-même pour parvenir à mieux se comprendre. À cause de leur orgueil, peu de gens parviennent à être lucides sur eux-mêmes alors qu’ils voient sans cesse la paille dans l’œil de leurs frères.

Souviens-toi de l’histoire de cet homme dont on raconte qu’il se plaignait d’avoir une trop lourde croix, et à qui j’aurais offert la possibilité d’en choisir une autre dans une boutique de croix. Cette histoire dit qu’ayant déposé la sienne à l’entrée, il les essaya toutes sans être satisfait, et, finalement, en découvrit une qu’il pensait vraiment être capable de porter. Cette croix n’était autre que la sienne…

Il en est de même pour l’homme à qui l’on demanderait de classer différents types de personnages fictifs du comportement le plus aimant envers ses frères au comportement le moins aimant, et qui finirait par se reconnaître dans ce dernier.

Continue tes recherches, mon enfant, sans oublier qu’à qui aura beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé (cf. Lc 12, 48). Aime, et sois un témoin vivant de Celui qui anime ton cœur. Parle à tes frères et aide-les à mieux se connaître : je leur apporterai réconfort, soulagement, et, s’il est possible, guérison. Mais il faut que tu saches que certaines personnes, parfois, ne parviennent pas à guérir parce qu’elles ont du mal à pardonner des choses qui sont arrivées il y a bien longtemps, dans leur passé, ou parce qu’elles refusent d’admettre quelque chose qui les concerne ou qui concerne leur avenir. Et souvent, les symptômes qu’elles manifestent ont un rapport direct avec ces choses-là. Qu’elles fassent d’abord la paix dans leur cœur, se pardonnent, pardonnent à ceux qui doivent l’être, et acceptent aussi mon pardon. Il y en a d’autres qui, parallèlement, ont tellement manqué de tendresse que leur cœur blessé croit secrètement, même à leur insu, que si elles ne présentaient pas de symptômes, leur entourage ne veillerait pas sur elles de la même façon, alors qu’en fait, il n’en est rien.

Les personnes que tu reçois ont généralement foi en toi et foi en moi, et c’est cette foi qui les aide à guérir. Je sais combien tu aimerais aider ta propre famille mais nul n’est prophète en son pays, mon enfant – et encore moins auprès des siens -, à moins que leurs cœurs soient d’une très grande humilité. Ainsi, les paroles que tu pourrais dire risquent de n’être ressenties que comme des agressions. Cela est déjà arrivé certaines fois par le passé. C’est au fond de leur propre cœur que ceux que tu aimes peuvent trouver des solutions. La rivalité, la colère, la culpabilité, les paroles blessantes, injustes ou maladroites, la mainmise sur l’autre par le biais du chantage affectif, et ce qui peut relever de principes qui l’emportent sur le cœur ou portent atteinte à la liberté de l’autre parce qu’ils ne ramènent qu’à soi, tout cela doit être repéré et rejeté impérativement. Car seul l’amour doit régner à la fin. Et il ne suffit pas de comprendre ces choses. Chacun doit sortir de son aveuglement et se mettre enfin à aimer.

La parabole d’aujourd’hui montre combien certaines personnes, si fières de « respecter la loi », peuvent se donner bonne conscience tout en faisant fausse route parce qu’elles se croient supérieures aux autres (cf. Lc 18, 9-14). Elles croient être proches de moi mais elles n’ont pas compris grand chose à mon enseignement : c’est là, malheureusement, l’une des caractéristiques de bien des intégrismes. Qu’elles soient attentives à leur prochain quel qu’il soit, et voient toujours en lui l’image de leur Seigneur ! Si j’ai lavé les pieds de mes apôtres, c’est pour vous montrer, concrètement, ce qu’est l’attention aux autres, surtout aux plus proches. Je ne suis pas un Dieu isolé sur un trône de gloire : vous aussi, vous êtes des dieux en puissance, et je suis en chacun de vous. Si vous ne voyez pas mon visage sur le visage de tous vos frères sans exception, vous ne comprendrez jamais qui je suis.

Mon fils, j’aime l’âme qui ne juge pas ses frères, surtout s’ils sont méchants, l’âme qui ne les condamne pas mais qui les aime malgré tout. Qui les aime malgré leur orgueil, malgré leur égoïsme, malgré leurs blessures, malgré leur saleté, et va jusqu’à leur tendre la main pour les aider à s’en sortir. Qui êtes-vous, vous qui jugez et qui condamnez ? Votre passé est-il si clair et l’amour que vous prétendez avoir si désintéressé ? Alors, saisissez ma main et après avoir ressenti véritablement mon amour, regardez-vous sans mépris et avec compassion. Accueillez ma miséricorde et efforcez-vous, peu à peu, de modifier en vous ce qui doit l’être.

Comme certains hommes se prennent tellement au sérieux ! Pourtant, la considération, les honneurs et la gloire ne sont souvent que de dangereux poisons pour les âmes, qui tombent dans l’orgueil. Mais la reconnaissance que témoigne le pauvre ou le malade à ceux qui les aident et pansent leurs blessures est un délicieux élixir qui nourrit l’âme des justes dans leur pratique de la charité.

Restez simples et apprenez à rire de vous-mêmes, mes enfants. Ne vous prenez pas au sérieux et fuyez l’orgueil. Apprenez à vous connaître et à laisser parler votre cœur, et, pour ce qui est de vos faiblesses, confiez-les à ma Mère et à votre ange gardien. Je me charge du reste.

P. va bientôt venir me rejoindre. Je panserai son cœur blessé et vous vous occuperez de consoler M., sa femme, et leurs deux enfants.

Je te bénis, toi, ton frère spirituel, vos familles et vos amis.

            Jésus