Message du 25 octobre 1985

Frères,

Ne vous laissez pas entraîner dans les voies de l’orgueil en matière de foi. Ne jugez pas et ne condamnez pas ceux qui n’ont pas compris encore que l’Enseignement de Jésus-Christ est le seul enseignement qui conduise sans détour à la Lumière Céleste. N’attaquez pas non plus ceux qui confessent la même foi chrétienne que vous mais ne partagent pas votre croyance sur de nombreux points. Que la profondeur, la richesse et la pureté de votre foi que ces messages ont éclairée vous préservent des jugements hâtifs et des critiques faciles. Gardez en vous la Paix de Dieu et analysez, à la lumière de l’Évangile, les raisons qui entraînent ces divergences. La plupart du temps, vous vous rendrez compte que les personnes qui sont en désaccord avec vous sont soit encore trop plongées dans la vie du monde, soit aveuglées par un esprit sectaire qui peut aller jusqu’au fanatisme. Soyez bons envers elles et priez pour elles sans pour autant vous estimer supérieurs, car, sur certains points, elles possèdent des qualités qu’il vous serait bon d’acquérir. Voyez chez elles ces qualités et non point les défauts, et mettez tout en œuvre pour vous rapprocher plutôt que pour vous diviser.

Que celui qui veut se grandir aux yeux du monde comprenne que ce n’est pas ainsi qu’il parviendra à la Lumière du Ciel. Car la Porte est étroite, et, bien que Dieu désire que tous la franchissent, l’orgueil y fait souvent obstacle, comme vous allez le voir par ce récit.

 

LE GÉANT ET LA FOURMI

 

L’orgueilleux et l’humble sont comme un géant et une fourmi à la Porte du Paradis.

Le Géant se vante d’être proche du Ciel par sa taille et ses qualités, et il n’hésite pas à regarder avec dédain toutes les créatures qui ne lui arrivent pas à la hauteur de la cheville. La Fourmi faisant partie de ces avortons, il s’étonne qu’une aussi petite personne puisse attendre avec lui à la Porte de Lumière.

Mais la Fourmi, humble et sage, reste dans l’obscurité de l’effacement. Elle parle peu et non sans y être invitée. Alors, le Géant s’étonne et dit :

          « Comment toi, si petite, peux-tu attendre ici ?

           – Ce n’est certainement pas grâce à ma taille, répond humblement la Fourmi, mais comme Dieu l’a voulu ainsi, je dois attendre avec toi.

           – Je me demande bien qui passera en premier, dit le Géant. Il me tarde de voir briller la Lumière ! Je me demande à quoi le Paradis peut ressembler…

           – C’est un lieu de merveilles ! dit la Fourmi de sa petite voix douce.

            – Et comment le sais-tu, demande le Géant, toi qui n’as jamais su rien faire de ta vie ?

La Fourmi n’est point courroucée :

            – Je ne suis pas de ta taille, dit-elle doucement, mais depuis que nous sommes ici, j’aperçois sous la Porte comme un soleil qui luit. Je vois les anges et les saints vivement affairés. Vers la terre ils se pressent autour des âmes pieuses et remontent, chantant les louanges de Dieu. Je vois une Cité brillant de mille feux, tout ornée de blancheur, où un trône s’élève. Je vois…

            – Ah ! gémit le Géant, comment pourrais-je voir, moi que Dieu a fait grand, que Dieu a fait si fort, si beau, si courageux ? Comment pourrais-je voir si passer ne se peut ? Je voudrais tant pouvoir diminuer en taille pour aller en dessous et me vite jeter dans les bras du Seigneur ! Mais dis-moi donc, Fourmi, pourquoi toi qui le peux n’as-tu franchi plus tôt les si minces coudées qui t’éloignent de Dieu ?

            – J’attends, répond sagement la Fourmi, qu’on m’invite à entrer. Dans mon empressement, je dois obéissance et ne peux me hâter. Lorsque Dieu Notre Père me voudra appeler, Il me fera un signe. Alors, je passerai… »

Soudain, depuis le Paradis, retentit une Voix qui dit à la Fourmi :

            « Avance, Mon enfant, sous la Porte de Gloire, et dans la Cité Sainte pénètre sans détour. Pour ton humilité, tu vas connaître enfin le Don de Mon Amour.

            – Adieu ! dit la Fourmi au Géant tout penaud. J’espère très bientôt te retrouver Là-Haut… »

Et le Géant de se lamenter :

            « Que dois-je faire, Seigneur, pour suivre la Fourmi ? Elle n’a pourtant pas su ce que sont les combats, les luttes et les victoires ! Elle n’a pas pu agir toujours pour Votre Gloire ! Et pourtant, Vous la fîtes entrer avant moi !… »

Alors, la Voix retentit de nouveau :

            « Tu n’es pas prêt, Géant, à suivre la Fourmi. Comment te permets-tu de juger de sa vie, que Moi seul peux connaître ? Lorsque tu parviendras à comprendre Mon Être, tu sauras ce que J’aime et ce qui m’indiffère. J’ai créé la Fourmi petite par la taille mais grande par le cœur et par l’humilité ; et quand tu parviendras à comprendre cela, renonçant à ton nom, à ton titre, à ta gloire, tu te feras fourmi au plus profond de toi. Tu possèdes, il est vrai, beaucoup de qualités, mais n’as point du verrou encore forgé la clef. Deviens humble, Mon fils, et tu pourras entrer ! »

Que celui qui a une intelligence spirituelle comprenne !

+ Vos frères dans la Sagesse