Message du 27 août 1988 (I)

(Au messager et à son frère spirituel)

Mes enfants,

Que les tourments de la vie matérielle ne troublent point votre ardeur pour la foi. Vous voulez aimer Notre Seigneur comme Il souhaite d’être aimé et, afin de parfaire cet amour, il est parfois nécessaire d’accomplir quelque acte douloureux. Comme une mère qui enfante dans la douleur mais possède, après l’épreuve, la joie de tenir son enfant dans ses bras, tout renoncement pénible offert à Notre Seigneur attire sur soi des Grâces abondantes dans le domaine de la foi. Si l’acte de volonté est bon, il ne tarde pas à produire des fruits dont les délices comblent la personne tout entière. S’il est contraire aux plans de Dieu, il suscite les remords et n’apporte aucune paix intérieure. Soyez en paix, mes enfants, et priez afin que toute douleur humaine soit offerte à Dieu et vécue avec acceptation et courage.

Lorsque dans un jardin pousse une belle fleur, l’homme a souvent tendance à la couper pour la placer dans un vase et l’admirer en sa demeure. Son instinct de possession, son désir d’assouvir sa vue et son odorat, et d’embellir sans attendre sa maison le poussent à l’acte primaire de couper sans réflexion. Mais n’est-il pas plus sage celui qui préfère mettre sa fleur en pot, la transporter jusque sur sa table, l’entretenir avec l’engrais nécessaire, l’arroser tous les jours, et la voir donner naissance à de nouvelles pousses ? La réflexion, mes chers enfants, est donc indispensable, et, dans le domaine spirituel, elle a une importance capitale. La lecture d’ouvrages saints avant de prendre une décision importante, la prière avant de mettre cette décision en application sont deux choses fondamentales permettant d’éviter l’erreur. L’Esprit Saint vous met alors sous les yeux des passages particuliers où votre cas se retrouve et où des solutions vous sont proposées. Si vous vous posez des problèmes de conscience, vous les verrez couchés sur le papier à votre grand étonnement, et vous vous demanderez comment votre situation peut y être aussi bien narrée. Que la paix soit avec vous, mes chers enfants, car c’est ainsi que passe le Souffle de Dieu.

Toi, mon fils, tu es comme un cantonnier à qui il est demandé de disposer sur une route des panneaux annonçant un danger. Tu dois faire ton travail, mais ne point éprouver de culpabilité lorsque les automobilistes ne respectent pas les consignes et quittent la route avec fracas. Chaque fois que l’imperfection t’est montrée dans une âme, n’hésite pas à lui signaler le danger qu’elle encourt ni à l’inciter à la prudence. Dans la douceur et l’amour, tout peut être accepté, même par la personne la plus désagréable. Ton frère spirituel et toi allez devoir aider des jeunes en quête de vérité, que Notre Seigneur placera sur votre route. Accueillez-les amicalement et conduisez-les pas à pas vers une plus grande spiritualité où la vraie dévotion mariale, si chère à notre bon Louis- Marie*, sache figurer en bonne place. Restez sous le manteau de la Très Sainte Vierge et gardez confiance. Souvent, priez et méditez ensemble afin que Notre Seigneur nourrisse vos âmes des mêmes douceurs et vous rende plus forts pour affronter la vie du monde.

Je vous bénis, mes enfants. Que Notre Seigneur vous garde dans Sa Paix.

+ François de Sales, prêtre

 

* Louis-Marie Grignion de Montfort