Message du 29 avril 1990

Bien chers frères,

Que chacun de vous occupe dans l’Église la place qui lui échoit. Le Seigneur préfère ô combien vous voir respectueux et obéissants qu’assoiffés de responsabilités, qui souvent outrepassent votre rôle de brebis amoureuses et fidèles.

Lorsque notre messager se rend à la Messe dominicale, nous lui faisons ressentir intensément tout ce qui, au cours de la cérémonie, déplaît à Notre Seigneur, et croyez que la liste de nos remarques n’est pas des plus succinctes ! Bon nombre de ces messages traitent aujourd’hui de cette question, car rien ne va plus dans la plupart de vos églises, où la communauté envahit l’autel et ne sait plus humblement rester à sa place.

Certes, vous voulez faire de vos cérémonies d’admirables spectacles, vous voulez les rendre plus gaies et y attirer des foules entières, mais ce n’est pas ce que vous demande le Seigneur. Vous voulez manifester votre esprit d’accueil et de partage, mais tout cela est tellement superficiel ! Vous avez complètement perdu, chers frères, le sens du sacré, le sens du respect, car Dieu ne se manipule pas ainsi que vous le faites. Et certains prêtres, trop heureux de se voir seconder par des laïcs, ne savent pas mettre une barrière au zèle envahissant de ces derniers.

Vous savez, chers frères, un homme souhaiterait-il donner le sein à son enfant pour seconder sa femme que jamais il ne parviendrait à le nourrir, car tel n’est pas son rôle ! Comprenez donc que, malgré sa bonne volonté, si cet homme s’acharne à vouloir nourrir lui-même son enfant, il le conduira à la mort. Ainsi, chacun doit rester à sa place et y accomplir son devoir avec amour et perfection. Celui qui veut accomplir le travail d’un autre sans posséder les qualifications requises risque de le mal faire et de porter préjudice à ses frères.

Vous qui êtes si prompts à condamner les charlatans qui pratiquent illégalement la médecine, comment pouvez-vous tolérer que n’importe qui accapare les abords de l’autel et manipule le Corps du Christ sans le respect qui Lui est dû ?

Quand comprendrez-vous que c’est le rôle du prêtre de s’occuper de la Présence Réelle et celui des fidèles de fléchir le genou pour adorer avec foi et respect Celui qui leur est présenté ? Car « Dieu (a) exalté (Son Fils) et Lui (a) donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au Nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des Cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 9-10). Alors, frères, de grâce, ne cherchez pas à tout prix à distribuer la Sainte Communion, et veillez davantage à purifier votre âme de ses imperfections pour La recevoir !

Les articles parus récemment dans la presse sur les prêtres désireux de se marier prouvent à quel point Dieu est mal compris des hommes et même de Ses serviteurs directs ! Le faux amour, permissif et facile, sensuel et égoïste, s’infiltre partout, jusqu’au fond de certains monastères, couvents et institutions ; l’intellectualisme détruit la foi des humbles et des petits enfants pour la transformer en une érudition hypocrite et stérile.

Ah ! frères, goûtez donc le Seigneur avec votre cœur ! Restez simples et purs, et fermez votre oreille aux critiques. Si vous avez une foi d’enfant, de grâce, conservez-la ! et si vous comprenez au fond de votre cœur ce respect que le Seigneur attend de vous, mettez tout en œuvre pour l’enseigner à vos frères. Défendez la vraie foi avec amour et dénoncez le faux esprit où qu’il règne, en expliquant à ceux qui vous trouvent sectaires que vous défendez Jésus-Christ, le Trésor de l’Église, et Son Vicaire. Si la désobéissance sévit, même dans les rangs du clergé, restez, amis, fidèles au Saint-Père et aidez les pharisiens du monde moderne à aimer le Seigneur comme II l’attend.

Que la bienheureuse Vierge Marie vous y aide. Que les douceurs reçues en ce jour dans la Sainte Communion par notre messager le confortent dans son cheminement et confortent son frère spirituel dans son rôle si nécessaire.

Que le Seigneur, enfin, vous bénisse.

+ Vos frères dans la Joie Pascale