Message du 5 avril 2026 (II)
MESSAGE DE PÂQUES 2026 (II)
Mes chers enfants,
Les comportements qui impressionnent la plupart des chrétiens lorsqu’il est question de sainteté restent encore trop souvent du domaine des apparences : nombre d’heures passées en prière, nombre de chapelets récités, fidélité au jeûne hebdomadaire, quantité de temps consacré au service de mon Église ou à la veuve et l’orphelin, générosité dans les dons et dans les offrandes, fidélité aux Commandements, héroïsme dans les vertus et dans la souffrance, etc. Ce sont là, bien sûr, de solides fondements pour progresser en sainteté. Cependant, il est nécessaire qu’aucun de ces comportements ne soit entaché d’orgueil, d’ostentation ou de convoitise, sinon, il peut en être tout autrement.
En effet, si vous rabâchez des prières à longueur de temps sans penser à ce que vous dites ; si vous prenez, pendant les célébrations, des mines et des attitudes de piété peu discrètes ou dites le « Pater » à l’ancienne pour vous distinguer de l’assemblée ; si vous vous vantez du nombre de rosaires que vous récitez chaque jour ; si vous vous jugez supérieurs aux autres parce que vous préférez la messe en latin ; si vous déposez dans la corbeille des offrandes de gros billets de manière à ce que l’on remarque votre générosité ; si vous pratiquez le jeûne et les mortifications sans pouvoir vous sevrer de vos addictions aux écrans, aux jeux-vidéos et à la pornographie sur la Toile ; si vous évoquez à tout bout de champ vos problèmes de santé et vos souffrances afin que l’on s’apitoie sur votre sort et que l’on vous accorde des faveurs ; si vous vous faites porter malade alors que vous avez la capacité de travailler ; si vous faites de fausses déclarations pour obtenir de l’État ou d’associations de bienfaisance des avantages pécuniaires ou des passe-droits ; si vous parlez ouvertement de tout ce que vous faites de bien envers les autres pour vous doter d’une auréole et attirer sur vous l’attention, alors, mes petits, vous n’avez rien compris à la sainteté ! Votre orgueil et votre égoïsme vous aveuglent sur vos propres façons de faire et vous empêchent d’entendre ma voix susurrer au tréfond de vous-mêmes : « Tu ne pries pas avec ton cœur, mon enfant ! » ou bien encore : « Tu manques de discrétion » « Tu manques de charité », « Tu manques de simplicité », « Tu manques d’honnêteté ! », et surtout : « Tu manques d’humilité ! »
Que ce message me soit l’occasion de vous rappeler, mes petits, combien celui qui prie dans le secret (cf. Mt 6, 6) m’est plus agréable que celui qui, sans cesse, étale sa piété devant les autres ou se vante de prétendus charismes ; et combien le rabâchage purement machinal de multiples prières n’a rien en commun avec ces mêmes prières dites avec foi, amour et charité ; rien en commun non plus avec ces oraisons dites jaculatoires, véritables communications entre votre âme et moi, dont la spontanéité ne manque jamais de m’émouvoir. À cet égard, mes petits, je ne saurais que trop vous recommander de prier régulièrement le « Pater », comme je vous l’ai enseigné (cf. Mt 6, 7-13), car, récité avec sincérité, il témoigne à lui seul de toute la confiance que vous mettez dans les desseins du Père, sollicite ses grâces pour toute votre vie quotidienne, et en appelle à sa miséricorde pour obtenir le pardon de vos péchés et une protection sûre contre le Malin (1). Priez aussi ma Sainte Mère par des bouquets d’« Ave » cueillis tout au fond de votre cœur. Lorsque vous lui demandez ardemment son intercession, croyez qu’elle est attentive à vos suppliques et qu’elle vole toujours au secours de ceux qui l’aiment et la vénèrent.
Dans le contexte des célébrations eucharistiques, il n’est pas rare de rencontrer des laïcs qui se plaisent à attirer sur eux l’attention en se donnant de l’importance lorsqu’ils sont sollicités pour être, par exemple, « ministres extraordinaires de l’Eucharistie » ou bien « ministres de la Parole ».
Dans le premier cas – celui des laïcs ministres extraordinaires de mon Eucharistie –, qu’ils s’en tiennent à distribuer respectueusement la Sainte Communion lorsqu’un prêtre les charge de le faire en cas de nécessité et leur donne préalablement la bénédiction requise par le Missel Romain. Qu’ils ne s’arrogent point le droit de bénir les laïcs et les enfants qui ne communient pas et s’avancent, bras croisés sur la poitrine, dans la file de Communion. Tous mes prêtres devraient pourtant savoir que cette pratique, devenue fâcheusement très courante, ne figure point dans les instructions officielles du Missel Romain, et n’a donc aucune légitimité ; elle n’a pas non plus de sens dès lors que la bénédiction officielle sera donnée à tous les fidèles à l’issue de la célébration (2). Mes Pasteurs ne devraient donc pas fermer les yeux sur cette façon de faire qui ne peut que dénaturer le sens même de la file de Communion – et cela dans le but faussement charitable de permettre aussi à ceux qui ne communient pas de rejoindre cette file pour faire comme les autres. C’est pourquoi cette pratique, qui mélange sacrement (mon Eucharistie) et sacramental (une bénédiction) n’est que pure hypocrisie et doit être bannie de vos célébrations par respect pour mon Eucharistie, qui est mon Corps livré et mon Sang versé pour vous.
Dans le second cas – celui des laïcs ministres de ma Parole –, qu’ils ne se montrent pas imbus de ce privilège en adoptant des gestes extérieurs de piété exagérés (3). Celui qui se rend à l’ambon pendant la sainte messe pour y faire une lecture doit, en effet, simplement s’incliner avec respect devant l’autel sans génuflexion ni signe de croix (4). Il ne convient pas non plus qu’il déclame le texte biblique sur un ton théâtral ou pontifiant, avec les mains jointes ou en se signant. Qu’il lise simplement et clairement ce qui lui est demandé d’une voix à la fois paisible et assurée (5). Dans le cas contraire, ces manières de faire ne seraient pas sans rappeler celles des Pharisiens de mon temps, qui élargissaient leurs phylactères et rallongeaient leurs franges pour être remarqués des gens (cf. Mt 23, 5), ou encore, celles des personnes qui, lorsqu’elles jeûnent, prennent un air abattu pour bien montrer aux autres qu’elles jeûnent (cf. Mt 6, 16).
Les lecteurs, mes enfants, ne sont ni des acteurs ni des comédiens ni prêtres, mais de simples serviteurs de ma Parole, que les ecclésiastiques doivent préparer convenablement à cette tâche en en faisant respecter les modalités. C’est pourquoi je déplore, lorsque la messe inclut un Baptême ou une Confirmation, que les lectures soient confiées à des personnes inexpérimentées – issues généralement de la famille « du futur baptisé » ou « du futur confirmand » – dans le simple but de les honorer. Il en va de même pour les enfants catéchisés et pour les catéchumènes, qui se préparent au Baptême, que certains formateurs peu éclairés entendent souvent responsabiliser en les faisant lire à l’ambon : ils n’y sont, sachez-le bien, ni à leur place ni dans leur rôle. Je déplore enfin que les lectures puissent aussi être faites par des élus locaux ou autres personnalités qui ne viennent que rarement à la messe, ou encore par des personnes d’une moralité notoirement tenue pour douteuse, et je demande à mes prêtres de veiller à ce que cela ne se produise pas. Dois-je vous rappeler, mes petits, qu’il s’agit là de ma Parole, et qu’elle ne doit pas être proclamée par n’importe qui ?
En dehors du domaine strictement religieux, ce sont, en vérité, les personnes qui m’invitent à les accompagner tout au long de leurs journées dans leurs pensées, dans leurs paroles et dans leurs actions en s’efforçant à suivre mes Commandements, qui possèdent en elles le ferment le plus puissant de sainteté. Pour n’en prendre qu’un seul exemple : la mère de famille qui, dès le matin a une pensée pour moi en se regardant dans le miroir, et remercie le Père du Ciel de lui avoir donné la vie, un foyer, des enfants, et la santé pour assumer ses tâches quotidiennes ; celle qui veille à bien tenir sa maison, à confectionner des repas équilibrés, à élever convenablement ses enfants malgré parfois des horaires de travail contraignants, et qui s’évertue à prier pour tous les siens, eh bien ! cette femme a déjà, je vous le dis, un pied dans le Ciel !
En apprenant à ses enfants dès leur jeune âge non seulement à partager leurs jouets et à les remettre à leur place une fois utilisés, à ranger leur chambre, à faire leurs devoirs de classe sans ronchonner, à préparer leur cartable pour le lendemain, à faire leur lit, à ne point se disputer avec leurs frères et sœurs, à mettre leurs papiers de bonbons à la poubelle, à aller au lit sans faire de caprice, etc. – c’est-à-dire quantité de petites choses toutes simples mais qui sont à la base de la charité familiale –, non seulement elle les responsabilise sur le plan humain, mais dès lors qu’elle leur apprend aussi à me connaître, à se placer sous la protection de ma bienheureuse Mère et à mettre à contribution leur ange gardien dans le but de « plaire à Jésus », alors, elle les responsabilise également dans leur foi chrétienne. C’est là que commence la sainteté pour cette mère – et aussi pour ses enfants. Car son rôle n’est pas de faire des actions éclatantes, de donner tous ses biens aux pauvres ni tout son temps à l’Église, mais d’accomplir son devoir d’état simplement, dans l’amour, l’humilité et du mieux possible.
J’attends de mon Église qu’elle insiste davantage sur cette « sainteté quotidienne » qui met nécessairement la barre moins haut en associant intimement la vie spirituelle aux choses les plus simples de la vie matérielle. Celui qui veut bien en faire l’expérience aura moins de risques de sombrer dans l’orgueil. En effet, une fois qu’il aura exécuté tout ce qu’il doit faire quotidiennement avec mon soutien, l’aide de ma sainte Mère, de son ange gardien et de tous ses amis du Ciel dans la communion des saints, il ne pourra que dire humblement : « Je ne suis qu’un simple serviteur qui n’a fait que son devoir » (cf. Lc 17, 10) !
Pour terminer, mes enfants, la sainteté s’acquiert aussi par la vertu de chasteté, qui ne concerne pas seulement le domaine de l’exercice de la sexualité mais aussi celui des comportements des hommes et des femmes sexués, exigeant d’eux une même modération dans leurs opinions et dans leurs actes. À titre d’exemple, celui qui juge ou condamne les paroles ou les actions de l’un de ses frères et s’en indigne publiquement en se laissant emporter par ses propres émotions, par une réactivité instinctive due à une divergence d’opinions, ou même par une interprétation utopique de mon Évangile, risque, pour son plus grand malheur, de se couper des motions de mon Esprit aux sept dons à cause de son incontinence (6). Négligeant d’analyser le problème soulevé à la lumière de faits concrets, de statistiques ou d’études effectuées par des personnes possédant de réelles compétences en la matière, il préfère alors rester sur les positions bien arrêtées qui sont les siennes et ne consulter, s’il est tenu de le faire, que des personnes dont il sait d’avance qu’elles seront de son avis. En outre, son analyse se limitant à l’immédiateté du moment sans aucune projection dans l’avenir, risque de le figer dans de fausses certitudes, ce qui ne manque généralement pas de soulever des polémiques pouvant, à terme, le desservir et lui faire perdre de sa crédibilité.
Que celui qui souhaite bénéficier des motions de mon Esprit ait donc toujours l’humilité de se cantonner à son propre domaine de compétence, et, si ce n’est pas le cas, de se faire conseiller par des experts reconnus. S’il est ministre de mon Église, qu’il évite de se prononcer avec autorité sur des questions qui ne relèvent point de ses attributions. Pour n’en citer qu’un seul exemple, qui se révèle encore d’une criante actualité : la « vaccination » anti-COVID, que nombre de mes Pasteurs, influencés par des hommes de science corrompus, ont malencontreusement présentée comme un devoir moral pour tout chrétien, et qui continue, par ses effets secondaires désastreux, à nuire dramatiquement à la santé des populations, voire à les décimer – comme ces messages vous l’avaient très justement prédit. Malheureusement, ce regrettable incident n’a pas encore fait mouche en France, où les campagnes de vaccinations se poursuivent !…
Dans la joie de Pâques, mes chers enfants, je vous bénis de tout cœur.
Jésus
(1) La prière du Notre Père est la prière la plus parfaite, qui contient 7 demandes qui correspondent aux 7 dons du Saint-Esprit – le chiffre 7 étant le chiffre de la perfection –, et couvrent tous nos besoins (cf. Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIa-IIae, Q. 83, art. 9, où l’auteur complète le commentaire du Sermon sur la montagne de saint Augustin).
(2) Bien que non inscrite dans les normes universelles, cette pratique s’est répandue dans de nombreux diocèses, particulièrement pour les enfants n’ayant pas encore fait leur Première Communion, pour les catholiques s’abstenant de communier et pour les non-catholiques. Il n’y a pas de norme liturgique autorisant ou codifiant cette pratique. La norme prévoit simplement que ceux qui ne communient pas s’unissent depuis leur place à l’action de grâce par la prière en attendant la bénédiction finale donnée par le prêtre à toute l’assemblée avant l’envoi.
(3) V. Présentation générale du Missel Romain, chap. III, Les offices et les ministères à la messe, 2. Les fonctions du peuple de Dieu, § 95.
(4) Si la réserve eucharistique se trouve sur l’autel où la messe est célébrée, le lecteur doit alors faire une génuflexion devant l’autel sans signe de croix – V. aussi Présentation générale du Missel Romain, chap. IV, Les différentes formes de célébration de la messe, 4. Quelques règles valables pour toutes les formes de messe – Génuflexion et inclination, § 274-275.
(5) V. Présentation générale du Missel romain, chap. 3, III. Les ministères particuliers, § 101.
(6) Ce terme, qui n’est pas ici utilisé au sens médical, signifie le manque de maîtrise de soi, l’absence de contrôle sur les passions, les désirs et les impulsions.
Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle o.b., docteur en théologie, en droit canonique et en droit civil.