Message du 5 avril 2026 (I)





MESSAGE DE PÂQUES 2026 (I)

Mes chers enfants,

Nombre de chrétiens n’ont souvent de la sainteté qu’une vision extérieure fragmentée, fondée sur des attitudes et agissements correspondant à leurs propres critères de perfection. Pour eux, la sainteté va de pair tantôt avec des actions héroïques ou des attitudes récurrentes de piété, d’humilité et de charité, tantôt avec l’exercice de supposés charismes – paroles dites « de science » délivrées à l’entourage, guérisons présentées comme miraculeuses, locutions intérieures, etc. – parfois liés à des phénomènes extraordinaires (stigmates, apparitions, miracles, etc.) présumés authentiques.

Tout cela tranche, bien sûr, avec les attitudes et agissements de la plupart des hommes de ce temps, dont le cœur est égaré, et qui ne connaissent pas mes chemins (cf. Ps 95 [Vulg. 94], 10). Indociles et rebelles (cf. Jr 5, 23), ils n’ont que faire des Saintes Écritures ni de mon Église. Ou bien encore, ils se prétendent chrétiens mais refusent obstinément l’autorité de cette même Église et le respect de mes Commandements. N’ayant foi qu’en eux-mêmes, ils ne me reconnaissent pas (cf. Jn 1, 10) et ils ne m’aiment pas (cf. Jn 14, 21).

Dans tous ces cas, mes petits, la semence jetée par le Semeur (cf. Lc 8, 5-15) tombe soit au bord du chemin, soit dans les pierres, soit dans les ronces, et ne porte finalement aucun fruit parce que le Diable survient et qu’il empêche les hommes de croire pour les priver du Salut. Il s’agit principalement de païens, d’agnostiques, de personnes entichées d’ésotérisme ou endoctrinées par des sectes. Lorsque, dans des lieux publics très fréquentés, je montre à mon messager la sécheresse des âmes étouffées par le matérialisme et l’intellectualisme, aveuglées par l’hérésie ou la superstition, ou figées dans leurs addictions ou leur pauvreté d’esprit, il s’aperçoit avec une profonde tristesse qu’aucun de ces individus n’a une once de cette foi que je suis venu éveiller sur cette Terre, et qu’aucun non plus n’a la moindre pensée pour moi car ils vivent sous l’emprise de la chair, dans le déni de la vérité, l’orgueil, la propension au mal, la contestation et le vide de Dieu. Beaucoup sont adeptes de sensibilités religieuses différentes de la vôtre, comme le judaïsme, l’islamisme, le bouddhisme, l’hindouisme ou l’animisme, qui toutes rejettent ma divinité et la Rédemption, et professent même, pour certaines, la réincarnation ou la métempsychose (3), idéologies païennes qui s’opposent totalement à l’intégrité, la dignité et la liberté de la personne humaine en tant qu’enfant de Dieu.

Pour vous, mes petits, qui aspirez sincèrement à la sainteté, ne vous estimez pas supérieurs à tous ceux-là qui semblent pourtant loin de moi, car, quoique ne reconnaissant point la Révélation, ils peuvent parfois être mus par des semences de mon amour. Ainsi, vous ne devez ni les moquer ni les mépriser ni les condamner parce que c’est à moi et moi seul que reviendra la tâche de jauger leur vie terrestre au Jour du Jugement (2 Co 5, 10 ; Rm 14, 10-12). S’il me plaît de leur faire la grâce d’une conversion avant leur dernier souffle, je leur donnerai la possibilité de se tourner vers moi avec humilité et de se repentir de leurs fautes, et les accueillerai parmi les sauvés comme j’y ai accueilli le Bon Laron, crucifié à mes côtés (cf. Lc 23, 40-43). Je parle là, bien sûr, d’un repentir sincère car ce n’est pas parce qu’un quidam me dira, terrorisé devant une mort imminente, « Seigneur, Seigneur ! » (cf. Mt 7, 21-23) que j’accéderai à sa demande.

Que celui qui veut être parfait comme le Père du Ciel est parfait (cf. Mt 5, 48) commence par croire en moi de tout son être et par adhérer au Credo de mon Église catholique. Qu’il se montre charitable envers ses frères et comprenne que s’il renonce au mal et bénéficie de mes grâces et de l’amour de ma Mère pendant sa vie terrestre, il ne doit point trouver injuste que j’accorde aussi le Ciel au pécheur notoire qui se repent sincèrement à la fin de sa vie (1). En effet, beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront les premiers (cf. Mc 10, 31). Ainsi va ma justice ! Car celui qui m’aime et s’efforce de suivre le plus saintement possible mes Commandements vit dans mon amour et jouit de mes grâces : tel est le privilège du frère du Fils Prodigue qui, toujours, a vécu dans l’amour de son père et joui de ses biens. Cependant, à celui qui mène une vie désordonnée mais finit par s’en repentir sincèrement – comme le Fils Prodigue lui-même qui, insouciant, a dilapidé aventureusement son argent avec des filles mais s’en retourne à la maison de son père honteux et confus –, j’offre ma miséricorde et j’accorde mon pardon. C’est ce que fait le père de ce fils égaré revenu au bercail, qui se voit, sur l’heure, pardonné et accueilli en grande liesse (cf. Lc 15, 11-32). Ne vous indignez donc pas, mes petits, comme le frère du Fils Prodigue, qui agonit son père de reproches au motif qu’il accueille l’égaré comme un prince. À l’instar de Caïn au Livre de La Genèse, celui-là se montre irrité et laisse la jalousie pénétrer en son cœur (cf. Gn 4, 3-6). Comme les ouvriers embauchés les premiers à la vigne, il récrimine contre le maître du domaine qui offre aux derniers arrivés un salaire identique au leur (cf. Mt 20, 1-16)…

Que celui qui veut être saint s’efforce d’accueillir dans une bonne terre la graine du Semeur, et qu’il l’y fasse germer durablement pour gagner, au terme de son pèlerinage terrestre, une Éternité de délices (cf. Ps 16 [Vulg. 15], 11) dans les Demeures Célestes. Mais souvenez-vous d’une chose, mes enfants : celui qui prétend m’aimer et ne garde pas mes Commandements est un menteur ! S’il vit sa relation avec moi dans le sentimentalisme en croyant que je n’attacherai aucune importance à son péché parce que je suis bon, il se trompe lourdement, la vérité n’est pas en lui. En revanche, s’il s’efforce de garder ma Parole, mon amour peut atteindre en lui sa perfection (cf. 1 Jn 2, 4-6) et ma miséricorde me faire oublier ses faiblesses (cf. Ps 25 [V. 24], 7).

Il peut s’agir d’un croyant qui aura grandi dans une famille chrétienne au terreau fertile, qui aura été baptisé et aura suivi tout le chemin catachétique qui conduit aux autres sacrements, mais il peut s’agir aussi d’un païen que quelque âme pieuse aura abordé à la croisée d’un chemin, pour l’aider à avancer vers moi (cf. Mt 22, 9) et à rejoindre mon Église. S’il m’aime, il gardera ma Parole, le Père et moi l’aimerons, et chez lui l’Esprit Saint se plaira à élire domicile (cf. Jn 14, 23) et à faire des merveilles. Rencontrer le Dieu Un et Trine est donc, pour tout croyant, la première étape d’une authentique sainteté puisque cette rencontre peut le porter à découvrir, dans la paix et la confiance, les plus grandes des vertus que sont la foi, l’espérance et la charité. Si son cœur s’unit amoureusement au mien, il doit s’unir aussi, conséquemment, à mon Église, qui est mon Corps Mystique et dont je suis la tête. Cette Église, il ne devra jamais la quitter, quelque tempête qu’elle traverse, car elle est tout à la fois le socle, l’armature et la citadelle imprenable du catholicisme, placée sous l’égide d’un seul Pasteur. Découvrir le Fils que je suis au sein de cette Église ne peut, en effet, que déclencher en ce cœur une soif insatiable de me mieux connaître, tant à travers les Écritures Saintes et nombre d’ouvrages spirituels sérieux, qu’à travers la prière, l’oraison, la Confession, la sainte messe, la Communion et l’adoration eucharistique, qui restent autant de moyens privilégiés pour conserver chez tout croyant l’intelligence du cœur.

Cependant, mes petits, l’homme qui veut vivre la sainteté ne doit point s’arrêter là : il doit avoir le désir de conserver en lui l’Esprit Saint pour le guider dans sa recherche des réalités d’En-Haut, et amener le vieil homme – avec ses péchés, ses mauvaises habitudes, ses faiblesses, ses préjugés, et les ressorts d’un caractère parfois difficile – à revêtir l’homme nouveau, doté de charité, de sens commun et de discernement en conformité avec l’image de son Créateur (cf. Col 3, 1-10). Pour devenir saint, il n’est donc nul besoin d’accomplir des actes héroïques mais de fleurir humblement et simplement, jour après jour, là où vous avez été semés en ayant toujours, comme l’hélianthe (2), les yeux tournés vers la lumière.

Cette lumière, mes enfants, c’est la mienne, celle de votre Sauveur, le seul et l’unique, dont l’Église fête en ce jour la Résurrection. C’est pourquoi après ma mort sur la Croix, ma tâche première fut de descendre au schéol pour sauver vos premiers parents, Adam et Ève, ainsi que tous les êtres qui le méritaient, et les faire sortir de leur prison de poussière. Je leur ai pardonné leurs péchés, et, en tant que Vainqueur de la mort, leur ai ouvert, à ma suite, la porte du Paradis. Cette porte, je l’ai aussi définitivement ouverte à tous les hommes de bonne volonté qui auraient foi en moi, accepteraient humblement de porter en ce monde leur croix, et s’efforceraient de suivre fidèlement mon enseignement pour parvenir à la sainteté.

Que ceux qui, parmi vous, désirent être parfaits, mes enfants, vivent toujours dans l’humilité, une humilité de tous les instants qui ne se montre pas et ne se vante pas ; une humilité qui ne les freine en rien dans le véritable travail de fourmi qu’ils doivent accomplir, chacun selon son état et selon ses talents, soit en plein monde au service de leur famille, de leur profession et, bien sûr, de leurs frères, soit derrière les murs d’un couvent, à l’abri des regards.

Ceux qui veulent servir leurs frères saintement au sein de mon Église et dans la vérité doivent veiller à éviter de se mettre volontairement en avant ou à la première place à tout bout de champ (cf. Mt 23, 6), de soigner leur apparence extérieure à l’excès dans le but d’être délibérément remarqués, ou de faire montre d’une charité qui cherche à s’attirer insatiablement, dans un esprit de reconnaissance, louanges et compliments de la part de leur entourage. Ils doivent aussi s’efforcer de ne point avoir de paroles diffamantes sur leurs frères pécheurs tout en se donnant l’apparence de personnes respectables alors qu’ils savent bien, au fond d’eux-mêmes, que ce n’est pas le cas.

Que ceux qui veulent me rester fidèles apprennent également à me voir en chaque être humain, à commencer par leurs proches : un père ou une mère âgés, un conjoint ou un enfant handicapé, un collègue de travail au caractère difficile. Qu’ils sachent gérer leur temps et apprennent à m’honorer sans pour autant négliger leurs devoirs d’époux ni de père ou de mère de famille (4). Recevoir « leur Jésus » tous les jours sans exception ou consacrer une quantité de temps déraisonnable à des activités religieuses – comme ils pourraient le faire pour des loisirs – alors que leur famille souffre de leur absence récurrente et de leur manque de disponibilité au regard des tâches ménagères, n’est pas cohérent dans une foi équilibrée. C’est pourtant souvent le cas chez certains nouveaux convertis, qui devraient bénéficier de la direction spirituelle d’un bon prêtre pour leur faire prendre conscience de leurs responsabilités, et les conduire à comprendre que la pratique de la foi ne se cantonne pas aux dévotions ni à la prière, mais qu’elle s’étend, sous la tutelle de mon Esprit et dans la charité, jusqu’aux moindres détails de la vie quotidienne.

Apprenez, mes petits, à accueillir en vous ma Parole dans toute sa richesse (cf. Col 3, 17). Qu’elle vous porte toujours à fuir l’hypocrisie et à faire le bien. Avec l’assistance de ma bienheureuse Mère, qui est aussi la vôtre, et de toute la cour céleste, aimez-vous et respectez-vous les uns les autres, et aimez-vous et respectez-vous aussi vous-mêmes en gardant sans cesse présent à l’esprit que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (cf. Mt 28, 20).

Joyeux temps de Pâques, mes chers enfants, car, comme je l’avais annoncé, je suis ressuscité, alléluia !

Je vous bénis,

Jésus

(1) V. Message du 23 septembre 1990 de Vos frères dans la Vérité.

(2) L’hélianthe est le tournesol.

(3) Incarnation d’une âme humaine qui passe successivement dans des êtres distincts (homme, animal et parfois végétal).

(4) V. Message du 14 juillet 2019 de notre Seigneur Jésus-Christ.

Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle o.b., docteur en théologie, en droit canonique et en droit civil.