Message du 7 décembre 1986 (II)

Bien chers frères,

Être humble face au Seigneur consiste d’abord à se bien connaître soi-même. Lorsque vous êtes au confessionnal, c’est face au Seigneur que vous vous trouvez. Ce Seigneur n’est pas le Juge Impitoyable que vous avez parfois tendance à imaginer : Il est au contraire l’Amour en personne, la Miséricorde en personne, le Pardon en personne, et le simple fait que vous vous donniez la peine d’accomplir cette démarche d’humilité dans la franchise la plus profonde pour recevoir Son Pardon Le comble de Joie. Il est prêt à tout entendre, à tout recevoir, Lui qui a déjà souffert les si cruels affronts de Sa Passion. Croyez, amis, que lorsque votre voix accuse péniblement vos péchés en confession, le Ciel tout entier se réjouit de contempler le Visage Rayonnant du Sauveur qui retrouve Son enfant égaré. Lorsque vous péchez, vous êtes le marteau qui cloue Jésus à Sa Croix, vous êtes la voix du peuple qui préfère Barrabas, le bandit, au Christ-Amour. Mais lorsque vous vous humiliez, alors, vous êtes les tenailles qui arrachent les clous de la Croix, vous êtes le vase de parfum répandu sur le Corps du Seigneur. Que ce parfum soit répandu à profusion, chers frères ! N’hésitez pas, afin de plaire à notre Maître, à tout Lui confier, non pas seulement par devoir – ce qui serait absurde – mais par amour, par un amour qui se donne et se livre tout entier, qui abandonne jusqu’aux secrets de son cœur, jusqu’aux soupirs de sa conscience. Ah ! frères aimés, combien une bonne confession est une preuve d’amour !

Lorsque le Seigneur vous demande de tout Lui livrer de vous, c’est afin de chasser de votre cœur les moindres imperfections et de S’établir à leur place pour leur opposer la résistance de Sa Grâce. Comprenez cela : le souhait le plus cher du Seigneur est de prendre la place que vous accordez au péché dans votre cœur et d’en faire Sa forteresse à Lui !

Avant de commettre un péché de quelque nature qu’il soit, écoutez donc la voix de Ses anges et de Ses saints qui vous crie de prendre garde ! Apprenez à réfléchir aux conséquences de vos pensées et de vos actes mauvais, et, par la force de l’Esprit Saint, à éloigner les premières et maîtriser ainsi plus aisément les seconds. Ne cédez pas aux tentations ! Ne les laissez pas assaillir votre esprit, demandez l’aide du Ciel ! Si Jésus n’a pas sollicité l’aide des anges pour Le soustraire à Son Calvaire, vous, vous devez la solliciter pour vous soustraire au péché !

La notion de culpabilité n’est qu’en partie chrétienne. Est considéré comme coupable celui qui transgresse une loi. Or, ce que le Christ souhaite voir grandir en vous n’est autre que l’amour : un amour qui n’est pas une loi, même s’il respecte la Loi, un amour qui n’est pas de nature intellectuelle bien qu’il nécessite parfois l’assistance de la réflexion et de la raison pour le préserver de tomber dans les pièges du sentimentalisme ou de l’aveuglement fanatique. Mais il est avant tout sentiment vrai, pur, sincère, obéissant et respectueux, comme vous pourriez en éprouver à l’égard d’un parent, d’un frère, d’un ami. Si donc vous blessez le Seigneur en péchant, c’est également votre cœur qui doit ressentir cette blessure et qui doit en souffrir. C’est pour cette raison que le Seigneur a institué la Confession, où il est bon que vous vous rendiez dès que vous pensez L’avoir offensé gravement.

Ne croyez pas que les péchés les plus graves soient nécessairement des péchés par action ou par paroles, car si vous vous dispensez de ceux-ci pour nourrir de mauvaises pensées à longueur de journée, le Seigneur ne pourra s’établir dans votre cœur. Ayez donc la sagesse, chaque fois que vous pensez avoir offensé le Seigneur – c’est-à-dire chaque fois que vous n’avez pas pensé, parlé ou agi par amour -, de noter cela dans un coin de votre mémoire et d’en confier à votre ange la garde. Ceux qui progressent en perfection se rendent compte que la Confession ne leur est plus corvée mais besoin. Le soulagement et la force qu’en retire leur âme leur permettent de comprendre tout le bienfait de ce Sacrement. Car vous ne devez pas oublier que la Confession est un Sacrement ! Il est bon de ne pas trop espacer vos confessions, une fois par mois étant un délai correct si toutefois vous n’avez pas gravement péché entre-temps. Certains, qui se confessent une fois la semaine, ne retirent de cette démarche que Grâces et paix de l’âme. S’il arrive que le Démon vous entraîne en quelque faute grave dans les jours ou même les heures qui suivent une confession, n’ayez pas honte – bien qu’il vous en dissuade – de retourner consulter un prêtre. Les prêtres doivent être au service des âmes de leurs ouailles à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Si certains vous renvoient, c’est qu’ils ne servent pas le Seigneur correctement !

Frères, s’il est vrai qu’une confession doit être complète à la Lumière de la Vérité, vous ne devez pas, dans l’Amour du Christ, ressasser toujours le passé et accuser périodiquement vos péchés de façon maladive ou malsaine, récurant le fond de votre âme par esprit de punition et non par esprit d’amour. Sinon, vous n’auriez pas compris le sens profond de la Confession. Toutefois, si le prêtre qui vous confesse ne connaît pas votre piété et se permet de vous mettre en garde contre un excès de scrupules, alors qu’il n’en est rien, n’en faites pas de cas et parlez-en à votre confesseur habituel.

Avant la confession, il est bon de préparer son examen de conscience en détail, soit chez soi, soit dans l’église. Si vous craignez d’omettre quelque faute, n’hésitez pas à avoir recours à un pense-bête. Lorsque vous avez sondé votre âme, confessez au Seigneur votre faiblesse : le Confiteor (la prière du « Je confesse à Dieu ») n’est pas démodé et, à défaut ou en sus d’une prière personnelle, fait encore très bien l’affaire !… Afin d’éviter une perte de temps dans le confessionnal – au détriment des précieux conseils de votre confesseur – vous pouvez dire cette prière avant d’y entrer.

Lorsque vous vous trouvez à genoux devant le prêtre, croyez que c’est à Dieu Lui-même que vous vous confiez. Après un signe de croix, demandez pardon à Dieu et dites vos péchés sans chercher à dissimuler ni leurs circonstances ni les pensées qui les ont accompagnés : cela ne se nomme pas scrupules mais vérité. S’il s’agissait d’une enquête policière pour arrêter un dangereux malfaiteur, vous n’hésiteriez pas à livrer toutes les informations en votre possession pour le bien de tous. Sachez donc faire de même pour le bien de votre âme ! Il s’agit, dans la Confession, de chasser le Démon et de vous débarrasser de son emprise. Ayez donc l’humilité et l’honnêteté de tout confier au Seigneur dans l’amour et le désir de Le voir de nouveau régner dans votre âme. Accusez-vous ensuite de tous les péchés que vous avez pu oublier, et de tout le bien que vous avez eu le désir d’accomplir mais la paresse de ne pas réaliser. Enfin viennent les conseils de votre confesseur à qui vous devez demander, en même temps qu’à Dieu, pénitence et absolution.

La pénitence est comme le montant d’une dette, mais elle reste toujours disproportionnée par rapport au poids de vos péchés. Elle consiste en une ou plusieurs prières mais aussi, et mieux encore, en un redressement spirituel portant sur certains points précis de votre caractère ou de votre comportement : efforts fréquents, efforts permanents, réforme intérieure – tout cela non point dans un esprit de punition mais dans un esprit d’amour. Quelle joie, en effet, que de faire des efforts pour être agréable à son Seigneur !

L’absolution vous doit être un soulagement, car le Seigneur vous y parle et vous dit :

 

« Mon enfant, va en paix.
Ne sois plus chagriné par tes fautes.
Elles ont été intégrées,
Par ta démarche humble et amoureuse,
Au poids de Mon Calvaire.
Je suis si heureux que tu sois venu
Me confier ton cœur.
À présent, ton âme est prête
À Me recevoir
Dans la Sainte Communion. »

 

Quelle récompense, en effet, que de pouvoir recevoir le Seigneur dans une âme pure ! Pensez-y, chers amis, et n’hésitez plus à consulter un prêtre aussi souvent que votre âme le réclame. Dans cette perspective, nous vous recommandons une fois encore d’apprendre à faire la différence entre ce qui plaît au Père et ce qui comble vos sens corporels et votre petite personne, entre le Bien et le bien-être terrestre, entre la vraie charité, qui respecte les Commandements de Dieu et de l’Église par amour pour le Père, et la fausse charité souvent mêlée de sensiblerie, qui n’hésite pas à transgresser la Loi au nom des « droits de l’homme » et de la « liberté » ! La dégradation des mœurs et la destruction progressive des valeurs ont pour origine cette nouvelle morale qui se soucie fort peu de Dieu. Ne la suivez pas, chers frères, car elle est inspirée à l’homme corrompu par le Démon, qui une nouvelle fois est parvenu à le séduire. Lorsque vous vous confessez, ne la prenez pas comme point de référence, mais jugez toujours de vos actes en fonction de l’Enseignement de l’Église. Si vous connaissez cet Enseignement et que malgré tout vous le transgressiez, vous péchez gravement contre Dieu et contre votre identité chrétienne. Sachez donc vous montrer fermes envers vous-mêmes et ne pas céder à la facilité. Se dire chrétien est une chose, l’être vraiment en est une autre !…

Frères, dans ce combat de tous les jours contre le Mal et les fausses valeurs, soyez assurés de notre amour pour vous, de notre soutien et de notre intercession auprès du Maître dans la Communion des Saints. Que tous les conseils que nous nous efforçons de vous prodiguer vous éclairent et fortifient votre foi. Que la Très Sainte Vierge vous protège. Que le Seigneur enfin vous bénisse et vous guide toujours.

+ Vos frères du Ciel