Préface du Tome 1 – nouvelle édition de 2018 avec imprimatur

En 1987 paraissait Un Souffle qui passe…, préfacé par le Père Maurice Becqué C.ss.r, docteur en théologie, et l’Abbé Louis Malon alors directeur spirituel de Jean-Philippe-Marie, le scripteur de ces «messages». Aujourd’hui, plus de trente ans après, voici la nouvelle édition, avec l’imprimatur de l’Église Catholique, de cette compilation de textes, que Jean-Philippe-Marie nous dit avoir reçus du Ciel sous forme de locutions intérieures – ce que je crois bien volontiers, le connaissant depuis de très nombreuses années. Cependant, la question, ici, n’est pas de nous arrêter à l’étude d’un phénomène qui offre toutes les caractéristiques du « préternaturel » – le terme « surnaturel » devant être réservé à la Divinité – ni à l’étude de la personnalité du scripteur, mais plutôt de juger des fruits de l’arbre sur le long terme…

Nous savons, en effet, que, depuis leur publication, ces messages ont conduit ou ramené à une foi solide une foule de personnes assoiffées de Dieu, malheureuses ou égarées, et qu’ils ont orienté vers le séminaire ou la vie monastique plusieurs chercheurs de Dieu. Ils ont aussi aidé des célibataires, des couples, des prêtres, des diacres, des religieux et des religieuses. Plusieurs évêques et même le Pape Jean-Paul II en ont parcouru les pages. La plupart des lecteurs en ont aimé le contenu, d’autres moins… Mais Jean-Philippe-Marie ne s’en est jamais offusqué. La preuve : cet épisode où, assistant à une discussion virulente opposant partisans et adversaires d’une apparition mariale non encore reconnue par l’Église, il a déclaré tout de go, pour clore le débat, que « les révélations privées ne sont pas un article de foi » et que « si l’on croit en Jésus-Christ, en son Église et à l’Évangile, on possède déjà tout ce qu’il faut ! Quand à la Sainte Vierge Marie, a-t-il ajouté, elle n’apprécie sûrement pas de telles discussions si elles n’aboutissent qu’à des divisions entre chrétiens ! »

Une autre fois, alors qu’il entendait des personnes déclarer en sa présence – évidemment anonyme – qu’elles n’aimaient pas du tout les messages de Un Souffle qui passe…, il ne les contredit pas et leur conseilla immédiatement d’aller plutôt se « désaltérer directement à la Source qu’est l’Évangile ». Car il sait que ces messages qu’il a reçus toucheront certains cœurs et pas d’autres, et il comprend que leur style puisse ne pas correspondre à toutes les sensibilités. En revanche, lorsque certaines personnes prétendent que les paroles qu’ils contiennent sont parfois trop dures ou qu’elles manquent d’amour, il n’hésite pas à leur rappeler les propos qu’a pu adresser Jésus lui-même aux Pharisiens et aux docteurs de la Loi. « Si j’avais écrit ces messages moi-même, souligne-t-il, j’aurais sûrement été parfois plus nuancé… »

Quoi qu’il en soit, tenant plus que tout à rester dans l’obéissance à l’Église, Jean-Philippe-Marie a soumis, dès le départ, ces messages à son évêque « à la demande du Ciel », les seuls juges en matière de « révélations privées » n’étant pas les prêtres mais les pasteurs de l’Église. Il faut savoir, en effet, que, pendant de nombreuses années, la question de l’imprimatur – terme désignant l’autorisation officielle accordée par un Ordinaire, c’est-à-dire généralement un évêque, de publier un ouvrage – n’a cessé de le tarauder, bien qu’il ait toujours « su » que ces messages l’obtiendraient un jour…

En 1995, il recevait, comme cela lui avait été annoncé quelque temps plus tôt par le Ciel, l’insigne privilège de rencontrer, en audience privée, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, à qui il remettait, en mains propres, les deux premiers volumes de Un Souffle qui passe… Il put alors s’entretenir quelques instants avec le Saint-Père, qu’un prélat polonais avait mis au courant, dans sa langue, du contenu des ouvrages. Il eut également l’insigne honneur d’embrasser le Pape, qui, avant de se retirer dans ses appartements, le regarda droit dans les yeux et lui dit, devant témoin, cet unique mot : « Continuez ! » Il faut dire qu’un lien affectif puissant unissait d’une manière toute spéciale Jean-Philippe-Marie au Pape Jean-Paul II puisqu’il avait eu la vision, au cours de la messe dominicale précédant l’attentat du mercredi 13 mai 1981, des images mêmes qui furent diffusées plus tard par les chaînes de TV à la suite de l’incident.

Après le décès du pape Jean-Paul II le 2 avril 2005, jour de la fête de la Miséricorde Divine, Jean-Philippe-Marie n’a cessé de demander au défunt pape (qui avait eu entre les mains les deux premiers volumes des messages) ainsi qu’au défunt Abbé Louis Malon, son premier directeur spirituel (qui lui avait promis de « s’occuper de cette affaire » quand il serait « Là-haut »), la grâce que ces écrits, s’ils étaient bien dans le plan de Dieu, obtiennent l’imprimatur.

Lorsque mon ministère me conduisit à l’évêché du diocèse de La Réunion pour une période de six années, je confiai les ouvrages à Son Excellence Mgr Gilbert Aubry, et, le 2 avril 2007, anniversaire du décès du saint Pape, l’évêque de Saint-Denis de La Réunion accordait aux trois volumes de Un Souffle qui passe… le fameux imprimatur – moyennant quelques corrections et additifs demandés par le Père Jean-François Catalan s.j., docteur en philosophie et professeur de psychologie, choisi comme censeur, et par lui-même. Simple coïncidence de dates ? Mgr Aubry, lorsqu’il s’en trouva informé, en fut stupéfait !

Cependant, que le lecteur ne soit pas dupe ! Car l’imprimatur, s’il déclare que rien dans ces écrits ne s’oppose à la foi ni aux mœurs, ne saurait cautionner en quoi que ce soit l’authenticité du charisme du scripteur, ni juger, a fortiori, de sa sainteté !…

Alors, ces messages viennent-ils vraiment du Ciel par le biais de la Communion des Saints ? Ceux qui s’y expriment sont-ils vraiment qui ils prétendent être : des saints bien connus ou certains défunts autorisés par Dieu, ou même la Vierge Marie ou le Christ Jésus en personne ? Il ne me revient pas de l’affirmer. Cela, c’est l’affaire de l’Église – et elle peut même ne jamais se pencher sur cette question…

Tout ce qui est dit dans ces messages est-il à prendre au pied de la lettre ? C’est au lecteur d’en juger selon sa propre sensibilité et sa propre piété. D’ailleurs, une note ajoutée à l’imprimatur précise bien que ce dernier « n’exclut pas que, sur certains points, la fidélité à l’Église puisse s’exprimer sous d’autres formes et selon d’autres modalités que celles qui y sont mentionnées ». Je pense ici, par exemple, à ce qui y est dit sur le baiser de paix, la communion dans la main ou la prière à genoux.

Quoi qu’il en soit, si ces messages nous édifient dans notre vie spirituelle et nous rapprochent de Dieu, même s’ils nous bousculent parfois un peu fort, ils ne peuvent que nous faire du bien. Ainsi, la grande Thérèse d’Avila confiait à ses religieuses au sujet des visions :

« Quand bien même ces visions ne seraient pas de Dieu, pourvu que vous ayez de l’humilité et une bonne conscience, elles ne vous nuiront pas. Sa Majesté sait tirer le bien du mal, et, par où le Démon voulait nous faire perdre, vous gagnerez. Persuadées que c’est Dieu qui vous accorde de si grandes grâces, vous ferez tous vos efforts pour lui plaire davantage et pour avoir toujours son image présente à l’esprit. C’est ce qui faisait dire à un grand théologien que si le Démon, qui est un grand peintre, lui mettait devant les yeux une image de Notre Seigneur parfaitement ressemblante, il n’en serait pas fâché, parce qu’il s’en servirait pour croître en dévotion et lui ferait ainsi la guerre au moyen de ses propres malices. Et il ajoutait : qu’un peintre soit un fort méchant homme, son tableau n’en a pas moins droit à nos hommages s’il représente Celui qui est tout notre Trésor. Aussi blâmait-il sévèrement le conseil donné par quelques-uns d’accueillir par un geste de mépris toute vision de cette nature qui viendrait aux regards, parce que, disait-il, partout où nous voyons l’image de notre Roi, nous devons lui porter respect. Je trouve qu’il raisonnait fort juste. » (Œuvres complètes de Thérèse d’Avila, Volume IV, chap. 9 – Le Cerf, 1982)

La seule chose dont je puisse ici témoigner en tant qu’actuel père spirituel du « messager » – et aussi en parfait accord tant avec le prêtre qui l’a suivi depuis son enfance qu’avec l’Abbé Louis Malon, qui l’a accompagné pendant plus d’une vingtaine d’années -, c’est de sa sincérité, de son humilité et de son immense discrétion au sujet de tout ce qui peut concerner ces messages. À l’exception de ses parents, d’une poignée de personnes de sa famille et de quelques évêques, prêtres, ou amis, nul ne connaît son charisme.

« Je préfère conserver l’anonymat, confie-t-il. Cette relation que je crois avoir avec le Ciel n’a pas besoin d’être portée sur la place publique. D’ailleurs le Seigneur ne m’a, jusqu’à présent, jamais demandé de dévoiler cet aspect de ma personne, et ce n’est pas plus mal ! Les gens aiment trop aduler ceux qui disent avoir des charismes, et ils les prennent trop souvent pour des saints ! En ce qui me concerne, j’avoue qu’il me reste encore un bon bout de chemin à parcourir. J’ai, moi aussi, mes « échardes », et, à mon grand regret, je ne sors encore pas vainqueur de tous les combats, loin de là ! Mon père spirituel me dit souvent avec humour que c’est bon pour mon humilité… En fait, je me suis toujours senti indigne des grâces que je reçois et je m’en voudrais beaucoup de me laisser aduler par qui que ce soit. Cependant, je sais que Dieu m’aime malgré toutes mes faiblesses, et c’est ce qui importe. Je sais aussi qu’avec l’aide de Jésus, de la Sainte Vierge et de mes amis du Ciel, avec les conseils éclairés de mon père spirituel, avec le recours à la Confession fréquente et à l’Eucharistie, et avec le soutien fidèle de mon frère spirituel, de mes amis et de tous ceux qui prient pour moi, je me relève toujours des combats perdus avec une conscience plus aiguisée de l’immense Amour que Jésus nous porte et de son incommensurable Miséricorde. »

La vie du « messager » ? Elle est, vous l’avez compris, toute simple : il a offert à Dieu son célibat, qui lui avait été, d’une certaine manière, prédit par la Vierge Marie alors qu’il n’était encore qu’un enfant, dans le jardin de la maison familiale, entre un groseillier rouge et un groseillier blanc : ce jour-là, Marie lui demanda s’il accepterait, plus tard, d’« aider les autres », et, tout en ne sachant pas exactement ce que cela signifierait, il répondit quand même un « oui » plein de confiance à la Mère de Dieu, et alla livrer ce secret à sa marraine pour ne pas inquiéter ses parents…

Aujourd’hui, il ne regrette rien. Il vit dans le monde, où il exerce une profession très gratifiante et un bénévolat tournés vers les autres – mission à laquelle l’a vivement encouragé Mgr Aubry. Fidèle à la récitation du rosaire quotidien depuis plus d’une trentaine d’années et à la liturgie des heures, il affectionne aussi tout particulièrement les oraisons jaculatoires à la Philippe Néri, saint patron des humoristes, adressées à Dieu au gré de son cœur : « Mon Dieu, je vous aime ! », « Jésus, j’ai confiance en vous ! », « Jésus, au secours ! », « Jésus, aidez-moi ! », « Mon Dieu, merci pour la vie…, pour la foi…, pour l’amitié…, pour les merveilles de la nature et celles du corps humain…, pour la guérison des corps, des esprits et des âmes, etc. » Et il préfère l’humour et le bon sens des « petits » aux analyses sophistiquées et à l’apparent sérieux de ceux qui veulent passer pour « grands » ou « savants ». Il aime rire, faire des jeux de mots ou des contrepèteries (que Notre Seigneur le pardonne !) et plaisanter. Mais il ne badine pas avec les souffrances des autres, et prend toujours ce qui lui est confié très au sérieux. Passionné par le fonctionnement de la psyché, Jean-Philippe-Marie possède enfin une compréhension assez étonnante de la personne humaine.

« Ce sont les confidences reçues sur les péchés les plus graves et la conscience aiguë de mon propre péché qui m’ont petit à petit conduit à éviter de juger les autres. Lorsque j’écoute les gens me raconter leur vie et que je découvre les horribles blessures dont ils ont parfois été victimes dans leur enfance, je me demande toujours si, à leur place, je n’aurais pas fait pire encore. Et je ne les aime que davantage… Si Jésus me les envoie, c’est pour que je leur dise que tout n’est pas perdu et que Dieu ne condamne jamais les personnes mais seulement les mauvaises actions qu’elles commettent. Et qu’il appelle tous ses enfants à la conversion. C’est tellement agréable de vivre en paix avec sa conscience ! Cette paix, il n’y a que Jésus qui puisse nous la redonner lorsque nous nous sommes éloignés du droit chemin. Et c’est par le prêtre et exclusivement par lui, à travers le sacrement de Réconciliation, que nous recevons le pardon intégral issu de la Miséricorde divine. C’est pourquoi il ne faut jamais hésiter à saisir la main que Jésus nous tend – parce qu’il nous tend toujours la main le premier !… »

Un second volume fait suite à celui-ci, regroupant les messages de l’année 1987 à l’année 1991.

Un troisième volume est actuellement en cours de préparation. Il regroupera les messages encore inédits de ces dernières années, moins nombreux dans la mesure où Jean-Philippe-Marie les a peu consignés par écrit. Ils lui parviennent en effet le plus souvent pendant le travail d’aide qu’il accomplit auprès des autres, ou pour l’informer de certains grands événements ou même de petits faits de la vie quotidienne avant qu’ils ne se produisent.  Par exemple, il y a quelque temps, alors qu’il visitait une église qui portait le nom d’un saint, il perçut soudain la présence de la Sainte Vierge, qui lui dit : « Autrefois, cette église m’était dédiée ». Après s’être renseigné auprès d’une historienne de la ville, il s’est avéré qu’auparavant, cette église portait effectivement le nom de « Église Sainte-Marie », et personne ne le savait…

Que tous ces textes soient source de grâces pour ceux qui se sentiront appelés à les lire, chacun à son rythme, chacun à sa manière. C’est, en tout cas, ce que je souhaite !

Abbé Marc-Antoine Fontelle

Oblat du Barroux
Docteur en théologie
Docteur en droit canonique
Docteur en droit civil