Sermon du 25 décembre 2015

SERMON DE NOËL
(Inspiré au messager pour une paroisse)

Mes frères,

« N’ayez pas peur ! » : cette parole du saint pape Jean-Paul II est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Alors que la violence fait rage tout autour de nous et que nous vivons dans un climat d’insécurité, que la corruption gagne du terrain et que la foi chancelle, ébranlée par le matérialisme, la superstition et la fascination exercée par de multiples idoles, oui ! n’ayons pas peur.

Au lieu de nous laisser emporter par la crainte, la colère et l’esprit de vengeance, au lieu de laisser notre charité se tarir peu à peu et notre foi s’assécher, laissons, en ce temps béni de Noël, notre regard se détourner des choses matérielles et se porter vers l’Enfant de la Crèche, vers l’Enfant Jésus… et puis, dans la paix, écoutons-le susurrer à notre cœur non seulement les paroles d’amour et de réconfort dont nous avons besoin, mais aussi quelques bons conseils pour notre vie spirituelle.

Jésus, nous le savons, n’est pas venu pour les bien-portants : il est venu pour les malades et les pécheurs. Et comme il a surgi dans l’histoire il y a deux mille ans pour les hommes de son temps, il vient encore pour nous aujourd’hui à l’occasion de cet anniversaire.

« Rien de nouveau sous le soleil ! » (Qo 1, 9), nous dit L’Ecclésiaste. L’Esprit malin qui sévissait un peu partout à l’époque de Jésus, la violence, la convoitise et la soif de pouvoir qui excitaient les cœurs et déchaînaient les passions sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. Jésus en fut lui-même la victime innocente. Cependant, la différence, chers frères, c’est que Jésus, lui, est né pour s’offrir à Dieu son Père en victime consentante pour la rémission de nos péchés. Jésus est né dans l’unique but de souffrir, à l’issue de sa vie terrestre, le sacrifice de la Croix pour sauver le monde et nous faire don de son Corps et de son Sang. C’est ainsi qu’à chaque messe est réactualisé le sacrifice de la Croix…

Les récentes victimes du théâtre du Bataclan*, en revanche, n’étaient, quant à elles, pas consentantes. Alors, que faire pour que leur sacrifice ne reste pas vain et qu’il porte des fruits ?

Si nous sommes tenus de constater avec raison les avancées du faux esprit qui parcourt le monde pour la perte des âmes, nous ne devons pas pour autant nous contenter de nous apitoyer sur les pauvres victimes des actes de terrorisme. Profitons de ce temps de Noël pour écouter de nouveau Jésus nous dire : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. » (Mt 10, 16-17)

S’il est une façon certaine, mes frères, de désarmer le mal d’où qu’il vienne et où qu’il se loge, c’est d’ouvrir complètement notre cœur à l’amour de Dieu, sans réticence ni restriction, et de laisser l’Esprit Saint y agir à sa guise. Si d’aucuns veulent asservir le monde en y imposant la terreur, eh bien ! nous, les amis de Jésus et de sa sainte Mère, ayons le courage de nous laisser saisir par la force de l’Esprit et de libérer le monde en y apportant l’amour ! Un amour fort, un amour vrai pour notre Dieu, qui n’attend pas que, sous prétexte de tolérance ou même de charité, nous fermions les yeux devant le danger réel que représente l’invasion sournoise, dans notre monde moderne, de redoutables hérésies…

« Un temps viendra, dit saint Paul, où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais œuvre de prédicateur de l’Évangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère. » (2 Tm 3-5)

Ce temps est arrivé, chers frères, ne nous voilons pas la face ! Aimons notre Dieu et sachons le défendre avec zèle. Ne nous croyons pas arrivés avant même d’être partis. Par la prière, la lecture des Saintes Écritures et l’oraison, faisons provision de sagesse.

À l’occasion de ce Noël, contemplons l’Enfant de la Crèche et demandons-lui de nous aider à devenir, à son image, d’authentiques enfants de Dieu, porteurs de paix, d’amour et de lumière. Par l’étude, donnons-nous les moyens de savoir comprendre et défendre notre foi chrétienne. Appliquons-nous aussi à faire aimer le pape et l’Église, gardienne de la Vérité, qui, malgré les errements de certains de ses ministres et de ses enfants, reste la seule institution dont Jésus a dit que « la puissance de la Mort ne l’emportera(it) pas sur elle » (Mt 16, 18).

Pour recevoir Jésus dans l’Eucharistie, veillons à purifier notre âme régulièrement grâce au sacrement de la Réconciliation, que nous offrent ses prêtres. Et, pour nous donner plus encore la soif de Dieu, lisons régulièrement des vies et des écrits de saints. Ne nous laissons point polluer par les montagnes d’informations que nous livrent les médias sans aucun discernement, ni fasciner par les splendeurs factices du matérialisme, qui attisent l’envie et la convoitise ou excitent les désirs les plus vils.

Apprenons, mes frères, à faire la paix avec nous-mêmes en nous donnant les moyens de soigner nos blessures intérieures. Apprenons à pardonner à nos proches, à nous réconcilier avec eux et à faire la paix dans nos familles, car la paix dans le monde commence par là ! Apprenons à partager, apprenons à donner, et « que (notre) main gauche ignore ce que fait (notre) main droite, afin que (notre) aumône soit secrète » (Mt 6, 3-4). Apprenons à rester humbles et obéissants aux Commandements, et à discerner le bien du mal. Car, en ces temps où le Démon se déguise en Ange de lumière pour détruire la foi catholique et éloigner les fidèles de l’Église, l’obéissance reste la seule vertu qu’il soit incapable de singer.

Enfin, si ce n’est déjà fait, apprenons à découvrir la Vierge Marie, cette douce Maman du Ciel, qui ne nous refusera jamais aucune de ses grâces si notre but est de croître en sainteté pour rejoindre son fils Jésus.

Et, dans la communion avec l’Église du Ciel, où tous nos défunts s’unissent aux anges pour chanter les louanges de Dieu en ce jour béni, vivons un saint Noël pour la plus grande gloire du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Joyeux Noël, mes frères !

Amen.

 

* Attentats du 13 novembre 2015 à Paris 11e.