Message du 15 octobre 1990

Mon très cher fils,

Comme je suis heureuse de vous parler de nouveau ! Votre oreille attentive nous comble de joie et, par le truchement de votre cœur et de votre âme, la Communauté Céleste continue de faire passer quelques conseils à ses enfants encore au combat sur la terre.

Poursuivez votre tâche, mon cher fils, sans vous décourager ; vos efforts ne seront pas vains et vous devez garder confiance dans Notre Seigneur. Lorsque souffle l’Esprit Saint, le cœur de l’homme bon s’émeut et se dilate : il reconnaît le signe de son Maître et s’empresse de Lui rendre grâce pour toutes Ses bontés.

Mon enfant, orientez toujours votre cœur et votre personne tout entière vers l’extérieur et vous comblerez de bonheur Notre Seigneur. Car toute attitude et tout geste orientés vers soi rétractent le cœur et emprisonnent l’âme. Lorsque vous êtes au sommet d’une haute montagne, n’éprouvez-vous point un sentiment de paix et de joie qui vous projette bien au-delà des limites de votre personne ? Ne ressentez-vous point comme une envolée de votre âme vers chacun des sommets que vous avez sous les yeux et vers le ciel dont l’azur vous émeut ? Il n’est rien de vraiment personnel dans ce sentiment de bonheur. Dieu a permis qu’en gravissant quelques marches vers le ciel, vous preniez ainsi conscience de votre petitesse et aspiriez à Le rejoindre dans Son incommensurable Majesté. Face à un tel spectacle de beauté, l’âme du bon chrétien s’élance vers Dieu ; celle de l’athée, orgueilleuse, s’empare de cette vision et en jouit avec ses sens d’une manière purement physique et intellectuelle. La dimension du cœur, mon cher fils, reste nécessaire : elle est celle qui vous relie à Dieu, notre Père.

Dans la vie de tous les jours, agissez comme à la montagne. Que vos frères soient à l’image des sommets vers lesquels se projette votre âme et que votre cœur vibre à leur misère, à leur pauvreté physique et matérielle tout autant que spirituelle. Qu’en eux vous sachiez reconnaître la façon de Dieu, qui leur a donné – ainsi qu’à vous, mon fils – la vie. Si à certains il est donné de soulager leurs frères plus spécifiquement dans le domaine matériel, il vous est demandé à vous de nourrir les âmes du nectar spirituel que vous avez reçu, et de les ramener en toute hâte vers l’Église de Notre Seigneur dans des dispositions d’humilité et de respect, de générosité et de sainteté.

Mon fils, n’avez-vous point remarqué que la tentation, de quelque ordre qu’elle soit, vous ramenait toujours à vous-même ? C’est pourquoi, dis-je, vous devez sans relâche orienter votre cœur vers l’extérieur, vers vos frères et vers Jésus, vers vos frères par Jésus. La tentation, en effet, a souvent pour origine certaines faiblesses humaines qui, conditionnées par le poids de l’hérédité et du passé, cherchent à imposer à l’homme leur esclavage : esclavage des sens dont chacun possède une forme de sollicitation bien spécifique, et esclavage de l’esprit qui, déformé par certains types de raisonnement ou d’études, s’est coupé parfois de Dieu et continue de travestir la vérité pour l’accorder sans cesse à d’égoïstes intérêts matériels. Que Notre Seigneur, mon très cher fils, soit donc pour vous une préoccupation de tous les instants et que chaque acte de votre vie ne soit aucunement orienté vers votre propre personne. Que chacun de vos actes, chacune de vos paroles, chacune de vos pensées soient mesurés et toujours empreints d’amour.

Voyez la femme qui se maquille et se pare pour son époux : si elle reste discrète, elle rayonnera d’une beauté exempte de sensualité et n’en retirera nulle forme d’orgueil. Si, au contraire, elle se farde outrageusement et se pare avec extravagance, elle attirera les regards des autres hommes et excitera en eux les passions. Égoïstement, elle souhaitera d’être admirée et d’être aimée.

Voyez l’ingénieur qui vient de faire une découverte : ou bien il l’expose avec humilité en faisant abstraction de sa propre personne, ou bien il se plaît à raconter les circonstances de sa découverte afin d’être couvert de gloire.

Il en va de même pour vous avec la tentation : ou bien vous pouvez – sous la pression de la chair ou des hommes et afin de ne point faire mauvaise figure aux yeux du monde – céder, mais ensuite, votre cœur vous harcèlera pour vous rappeler à vos devoirs ; ou bien vous pouvez – sur les exhortations de l’Esprit Saint et quitte à vous ridiculiser aux yeux du monde – refuser, auquel cas notre Père, qui est bon, vous donnera Sa Paix.

Mon fils, dans votre métier comme avec votre entourage, allez vers les autres avec Notre Seigneur dans votre cœur et en vous oubliant vous-même. Lorsque vous subissez des remarques blessantes, des attaques violentes, conservez en vous la plus grande paix. Que vous importe l’opinion de votre entourage sur vous-même dans la mesure où vous accomplissez la Volonté de Dieu ! Désarmez votre entourage par votre douceur et votre simplicité, par votre bonté et votre générosité, et laissez l’Esprit Saint s’occuper du reste.

Laissez-Le aussi veiller sur cette œuvre, et continuez de prier dans la confiance et dans la paix.

Que Notre Seigneur vous protège, mon cher fils, vous, votre frère spirituel, vos familles et vos amis. Qu’il vous donne toujours plus de discernement et de sagesse. Je vous remercie pour vos aimables pensées en ce jour de Grâce. Que le Seigneur bénisse Son messager et qu’Il le garde.

Madre Teresa de Jesus