Message du 16 février 2026
Bien chers frères,
Vous avez appris comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu, profitez donc de ce temps de Carême pour faire de nouveaux progrès dans un esprit de sainteté (cf. 1 Th 4, 1. 4) ! Vous n’avez pas idée combien cette période est importante dans la vie de toute personne qui veut suivre notre Seigneur Jésus-Christ et le mieux connaître. Il s’agit, en effet, d’une période où, quelles que soient vos obligations matérielles, familiales et professionnelles, vous devez prendre le temps de vous unir davantage à lui dans la prière, l’oraison, les lectures spirituelles, la participation aux sacrements et l’adoration eucharistique. Prendre aussi le temps de solliciter sa grâce pour qu’il vous fasse redécouvrir l’amour dont il vous aime – celui qu’il a manifesté aux hommes en s’offrant en sacrifice pour la rémission des péchés et en ressuscitant d’entre les morts pour que tous soient ressuscités. Prendre le temps de lui offrir en retour votre réponse d’amour en réformant toujours plus votre vie pour la conformer davantage à l’Évangile.
Mettre Dieu en premier dans votre vie en la purifiant de tout ce qui peut vous éloigner de lui : tel est le but de ce temps de Carême ! Nous vous invitons pour cela à consulter des prêtres avisés qui puissent vous ouvrir les yeux sur vos défauts et vous aider efficacement à y remédier.
À l’instar de l’enfant qui, à force d’ânonnements, se rend autonome dans l’apprentissage de la lecture, et devient capable de dévorer avec avidité les contes de son choix, vous devez vous aussi, chers frères, par un engagement volontaire et avec la grâce de Dieu, lutter contre vos péchés habituels, abandonner vos structures de péché, et vous écarter des multiples tentations qui vous portent à la faute, car tout cela noircit votre âme comme la fumée du feu de bois noircit le conduit de la cheminée. Ce sont ces réponses d’amour qui, en matant votre chair et votre esprit, materont aussi votre égo, votre orgueil, vos manques de charité, vos transgressions des Commandements et de votre devoir d’état, vos désirs malsains, vos arrangements douteux avec la morale ou avec l’honnêteté, vos infidélités, vos accès de colère, vos rancœurs, vos curiosités malsaines, vos mensonges, vos médisances – voire vos calomnies –, votre oisiveté, votre désobéissance à l’enseignement de l’Église, votre indolence par rapport à la messe dominicale et à l’Eucharistie – qui est pourtant nourriture d’Éternité (cf. Jn 6, 57) –, à la Confession, et même à la prière. Si vous ne faites jamais l’expérience de tels efforts, chers frères, jamais vous ne pourrez en connaître concrètement les fruits spirituels. Il en est de même pour les régimes alimentaires destinés à faire perdre du poids : lorsque les personnes qui les suivent se permettent des entorses à longueur de temps, jamais elles ne peuvent en savourer les bienfaits.
« Heureux les cœurs purs, disait Notre-Seigneur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5, 8). En effet, c’est du cœur que proviennent les pensées mauvaises, qui sont à l’origine de tout ce qui peut vous éloigner du Royaume des Cieux (cf. Mc 7, 21-22). C’est de la pureté du cœur que dépendent la pureté des sens, de l’esprit et de l’âme, et l’authenticité de l’amour que vous portez à notre Seigneur Jésus-Christ et à vos semblables. Ce sont, sachez-le, les principaux critères retenus par Dieu pour vous accorder l’entrée dans les Demeures Célestes. C’est pourquoi il est nécessaire, en cette période de circonstance, de mettre tout en œuvre pour purifier votre cœur quoi qu’il vous en coûte, comme le Rédempteur lui-même a mis tout en œuvre pour racheter le Péché de l’homme, passant à cette fin par sa Passion et par sa Croix avant que d’entrer dans la gloire de sa sainte Résurrection.
Le Carême n’est donc pas un temps où vous devez ménager vos efforts, chers frères ! Sans doute certains prêtres ou religieux vous conseilleront-ils de ne point prendre d’engagements trop difficiles à tenir, et de vous montrer cléments et accommodants envers vous-mêmes si d’aventure, par faiblesse, vous multipliez les chutes. Si vous les écoutez, vous ne ferez que stagner dans une complaisance débonnaire à l’égard de vous-mêmes. Vous engager dans un temps de pénitence, c’est, au contraire, mettre la barre plus haut que d’habitude et vraiment vous efforcer à chaque instant – avec l’assistance de la grâce de Dieu, que vous aurez sollicitée humblement dans la prière – de relever des défis téméraires. Quand des activités sportives vous ont fait abondamment transpirer et que votre odeur corporelle risque d’être dérangeante pour autrui, n’utilisez-vous point suffisamment d’eau et le savon pour nettoyer convenablement votre corps tout entier sans en négliger la moindre partie ? Alors, combien plus devez-vous, lorsqu’il s’agit de votre âme, procéder à un examen de conscience minutieux, vous détourner des tentations, cesser de câliner votre égo et de vous vautrer dans la matière pour satisfaire vos sens ou votre intellect, abandonner vos idoles, et vous efforcer de vous purifier de tout péché par une confession sincère, accompagnée, sur l’instant, d’une authentique contrition et de la ferme résolution de ne plus offenser Dieu et de faire pénitence – sans quoi votre Confession n’est que pure hypocrisie et avoisine le sacrilège, péché plus grave encore que tous ceux que vous aurez pu commettre par faiblesse ou méchanceté… C’est pourquoi vous devez absolument vous interdire de penser que vous n’y arrivez point, et compter sur la sainte grâce de Dieu pour vous aider dans ce combat spirituel.
Si, à l’issue de ces efforts, vous éprouvez au fond de votre âme, une paix et une joie intenses (cf. Ga 5, 22), nous vous invitons à savourer alors durablement ces fruits de l’Esprit. Comme il en est des fiancés, qui, toujours, languissent de se retrouver (1), vous jouirez alors de la présence de Jésus, que vous inviterez à participer de plus en plus à votre vie. Ainsi, vous pourrez ressentir en vous l’immense satisfaction de découvrir que plus vous associez Notre-Seigneur à tout ce que vous faites et à tout ce que vous dites, plus il vous assiste de son Esprit aux sept dons pour vous donner une plus claire vision de vous-mêmes, vous gratifier de pensées pures et limpides, vous faire poser les actes appropriés aux moments adéquats, et vous faire vivre plus saintement. Car Dieu, qui est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour (cf. Ps 103 [Vulg. 102], 8), aime que ses enfants reviennent vers lui.
Efforcez-vous enfin de devenir celui que vous aspirez à être en développant vos talents, reçus par la grâce de Dieu, sous la protection de la bienheureuse Vierge Marie, de votre ange gardien, de l’Archange Michel, de votre saint patron et de tous les saints que vous aimez et qui veillent sur vous depuis les Demeures Célestes. Que votre conduite vous mérite le respect de vos frères (cf. 1 Th 4, 12) et que vous soyez pour eux des exemples, chacun à sa manière. Préparez aussi votre cœur à vivre intensément la Semaine Sainte en vous unissant à Jésus dans un amour sincère, tout en gardant présent à l’esprit que vos sacrifices, vos privations, vos jeûnes, vos aumônes et votre affliction se verront transcendés dans la joie de sa sainte Résurrection.
Que Notre-Seigneur et sa très sainte Mère vous bénissent et vous gardent.
+ Vos frères dans la Vérité
(1) V. Messages du 3 septembre 2018 de Vos frères dans la Vérité, et du 4 août 1993 de saint Jean-Marie Vianney.
Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle o.b., docteur en théologie, en droit canonique et en droit civil.