Un souffle qui passe...

Message du 1er novembre 1987 (I)

Message de Toussaint (I)

Bien chers frères,

Nous, les saints que vous aimez et que vous vénérez avec respect, vous transmettons aujourd’hui, à travers notre messager, tout notre amour – cet amour puissant et vrai qui unit en Jésus-Christ nos deux Églises. Nous vous disons : frères, gardez courage et confiance ! Nous sommes avec vous pour vous aimer, vous soutenir et vous guider dans votre foi sous le regard si doux de notre Maître bien-aimé et de Sa bienheureuse Maman.

Instruisez vos enfants ! Transmettez-leur la foi : non pas une foi de votre cru qui se soucie peu des Commandements de Dieu et de ceux de l’Église, mais une foi véritable, en accord avec Pierre, qui consiste à aimer Dieu de tout son cœur et de toute son âme et à respecter la Loi par amour pour Lui. En effet, nous vous l’avons dit bien des fois, vaut-il mieux que vous offriez à un être aimé un cadeau qui vous plaît à vous ou qui lui plaît à lui ?

Les Commandements peuvent sembler bien stricts à qui ne connaît point Dieu, tout comme l’ascension d’une haute montagne à coups de piolet paraît périlleuse et difficile au profane. C’est bien sûr mètre par mètre que l’alpiniste gagne du terrain et s’élève vers le sommet. S’il lui arrive de reculer ou s’il se heurte à des difficultés, il renouvelle sa tentative sans jamais démissionner, sans jamais désespérer, car il connaît le prix de sa victoire. Frères aimés, croyez-vous que cet homme qui, là-bas sur son rocher de glace, progresse dans le froid marmonne des paroles désagréables contre chaque difficulté rencontrée, contre chaque faux pas ? Non point ! Il a accepté d’affronter la montagne, et c’est avec tout son zèle, toute sa persévérance qu’il s’applique à cet exercice. Il sait que la moindre erreur peut lui être fatale et il conserve une grande vigilance dans l’exécution de cette performance. Il ne se révolte pas car il sait aussi que les conditions de son succès dépendent de la précision de ses gestes et de la force de sa volonté personnelle.

Il en est de même pour le chrétien qui ne doit pas s’insurger à chaque instant contre les Commandements ni juger sévèrement les frères qui ne les appliquent pas. Dieu est Amour et Miséricorde ! Il est Celui qui vous a donné certaines règles de vie afin de vous aider à progresser vers Lui, et ces règles, Il ne veut pas vous voir les appliquer à moitié, en rechignant : si telle est votre attitude, frères, c’est que vous n’aimez pas Dieu suffisamment ou que vous savez bien mal L’aimer !

Dieu est Celui qui vous guide à travers les passages difficiles de la montagne, Celui qui vous demande des efforts permanents de volonté pour mater vos désirs égoïstes et élever votre âme vers Lui. Dieu est Celui qui vous aime et qui désire être aimé de vous, Celui qui veut habiter votre cœur pour vous faire penser, dire et agir toujours selon Sa Volonté. S’il est demandé de sanctifier les fêtes dites « d’obligation », d’assister à la Sainte Messe, de se confesser au moins une fois l’an, de communier au temps pascal, de jeûner certains jours ou de ne pas manger de viande aux temps fixés par l’Église, cela peut sembler ridicule et dépassé. Il n’en est pas moins vrai que ce sont là les conditions indispensables au chrétien pour ne pas rompre le lien qui le rattache à Dieu. Si vous renâclez devant la Messe, délaissez la prière et n’allez plus à confesse, prétextant que vous n’avez pas le temps alors que vous passez des heures et des heures devant la télévision à regarder des émissions ridicules ou des films malsains, nous vous affirmons de nouveau que vous ne savez point ce qu’il plaît à Dieu que vous fassiez. « Croyez-vous que la Messe changerait quelque chose à ma vie ? » dira celui qui n’y va plus depuis longtemps. « À quoi cela sert-il de jeûner ? » s’esclaffera un autre. « Se confesser ? » dira un troisième, « Mais je ne fais de mal à personne, moi ! »

Ah ! frères aimés, relisez nos messages d’amour, relisez nos exhortations ! Découvrez Dieu et enfin comprenez ces directives non point avec votre intellect mais avec l’intelligence de votre cœur. Demandez à Dieu de changer ce cœur qui se montre si peu réceptif à Sa Parole et à Son Appel, et mettez en pratique l’Évangile chaque jour de votre vie. Découvrez la Présence du Seigneur dans l’Eucharistie, découvrez l’amour de vos frères défunts qui, depuis le Ciel, passent leur temps à faire du bien sur la terre, à instruire vos âmes des précieuses Volontés de Dieu, à les guider, à les orienter, à les chérir pour les conduire au Père.

Dieu n’est pas un principe à respecter ou une simple force directrice : Il est un Père, un Père tellement plus attentionné qu’un père humain ! Un Père qui veille sur Ses enfants et qui les rappelle sans cesse à la raison, à l’amour, à la pureté, à la vie, à Sa Vie, celle qui prépare et donne l’Éternité.

La « fête d’obligation » : quelle expression apparemment déroutante ! Est-ce donc se faire violence que de se rendre à la Messe ? Certes, un effort est souvent nécessaire pour qui n’a pas bien compris la grandeur de l’Eucharistie, mais mieux vaut éduquer son cœur à aimer Dieu et laisser le Seigneur faire le reste.

Frères, pourquoi faut-il toujours que vous vous forciez pour faire le bien, et que le mal vous soit si spontané, si familier ? Avez-vous réfléchi à cela ? Prenez plutôt modèle sur l’athlète et sur sa conception de l’effort et devenez des champions de la spiritualité !

Le Seigneur est tellement bon ! Il aime tant vous retrouver dans la Sainte Communion lorsque vous êtes en état de Grâce, tant vous voir reconnaître vos fautes et vos manquements en Confession dans la plus grande humilité, une humilité qui pousse le zèle jusqu’à mettre à nu votre âme et à confier au Seigneur l’intimité de vos faiblesses, de vos doutes, de vos angoisses.

Ah ! comme il fait bon entendre la voix d’un directeur spirituel aimant vous relever et vous donner le Pardon de Dieu ! Comme l’alpiniste possède la corde en cas de chute, vous possédez la Miséricorde de Dieu. N’est-ce point là un présent de choix ?

Quant au jeûne, s’il vous est demandé, ce n’est point pour respecter un principe mais pour purifier votre organisme, pour calmer les passions de votre chair et vous donner le sens du sacrifice et de l’effort. Pendant le Carême, est-il si difficile de ne pas manger de viande les vendredis en souvenir du jeûne de Jésus-Christ et pour faire pénitence ?

Chers frères, ce n’est que dans une grande connaissance de Dieu et un grand amour pour Lui que les hommes comprendront combien ils doivent rester fidèles à la Loi et la respecter de leur mieux. Car l’application de la Loi sans amour, celle de la loi pour la loi, équivaut ni plus ni moins au pharisaïsme que Jésus haïssait. Comment eût-II pu aimer la rigueur d’une loi sans amour, Lui qui était l’Amour Incarné ?

Frères, enseignez à vos enfants cet amour. Lorsque vous leur enseignez le catéchisme, montrez-leur, à travers l’exemple concret des vies de saints, comment l’on peut rencontrer Dieu et Le suivre fidèlement. Ne rejetez pas les manifestations surnaturelles reconnues par l’Église, car elles sont le témoignage de la présence de l’Esprit Saint dans le cœur des hommes de la terre. Illuminez l’esprit des enfants en leur exposant les miracles du Fils de Dieu afin qu’ils aient envie de Le mieux connaître. Parlez-leur des vertus chrétiennes et de la joie d’obéir à Dieu par amour pour Lui. Découvrez ensemble les pouvoirs de la Grâce sanctifiante et le rôle maternel de la Très Sainte Vierge Marie, qui aime Ses enfants comme la plus tendre et la meilleure des mamans et des éducatrices. C’est en faisant vibrer le cœur des jeunes à l’amour que vous parviendrez à leur faire aimer Dieu. Ce n’est pas en les accablant de connaissances livresques et de montages audiovisuels que vous ouvrirez leur esprit et leur cœur à la foi. Ayez un contact personnel avec eux, un contact de cœur à cœur. La foi est un témoignage, et un regard est parfois beaucoup plus convaincant que des heures d’enseignement théorique. D’autant plus que, quelque temps plus tard, il ne reste souvent aucune trace de cet enseignement dans leur âme, et, une fois leur Première Communion passée, ils n’ont même plus envie d’aller retrouver le Seigneur à la Messe…

Que le Seigneur et le Ciel tout entier vous assistent dans cette tâche parfois ingrate et que le cœur des jeunes soit changé à votre contact ! À très bientôt, chers frères amis. Vos amis du Ciel vous envoient leurs plus affectueuses pensées.

+ Vos frères dans la Foi