Message du 12 décembre 1985

Bien chers frères,

Comme vous êtes imparfaits ! Nous aimerions tant vous voir rester indifférents aux remarques déplaisantes, aux moqueries et aux attaques. Nous aimerions tant que vous acceptiez avec humilité d’être repris lorsque vous avez commis une erreur, et que vous restiez sagement égaux à vous-mêmes, conservant un sourire de paix en toutes circonstances. Ne vous montrez jamais exaspérés, surtout dans les petites choses.

Vous paraissez avoir saisi les paroles que nous vous avons adressées au sujet du péché, mais vous ne semblez pas comprendre que si vous cherchez à éviter les tentations, c’est à votre foi et à la Grâce de Dieu que vous le devez, et non à un manque de courage comme vous le fait croire le Démon. En effet, le Diable, qui est très rusé, tente de vous convaincre que vous êtes des lâches et que vous vous dérobez face au péché, et il se plaît à vous lancer ce défi permanent. Combien d’hommes et de femmes se complaisent momentanément dans les pensées les plus inavouables et les désirs les plus pervers ! Mais lorsqu’ils sont tirés de leurs orgies oniriques parce qu’ils ont vers Dieu levé leur regard, ou que quelque impératif providentiel est venu les en détourner, ils remercient le Seigneur de ne point avoir permis la réalisation de leurs délires dans la chair.

Demandez donc au Seigneur de vous éloigner des occasions de chute et ne désirez pas secrètement vous trouver placés dans des circonstances qui verraient votre responsabilité morale atténuée ou même hors de cause. Ne souhaitez pas rencontrer le péché sur votre route ni y succomber « parce que vous ne pouvez pas faire autrement » ou « parce que cela est plus fort que vous » car, frères aimés, vous n’accomplirez pas le Plan de Dieu. Soyez donc, avec l’aide de Dieu, maîtres de vous-mêmes.

Le Démon veut vous humilier en vous ridiculisant aux yeux de vos frères, de votre famille, de vos collègues de travail, de vos amis, qui n’ont plus le sens du péché. Mais vous, soyez des colombes au milieu des corbeaux, soyez des agneaux au milieu des loups. Gardez confiance et ne permettez jamais à de faux jugements ou à des moqueries de vous atteindre de leurs traits empoisonnés, car vous perdriez votre paix. Ne vous laissez jamais convaincre que le chrétien est un malade ou un timoré, car vous finiriez par succomber aux tentations contre lesquelles vous luttez si vaillamment et vous n’en seriez ensuite que plus malheureux.

Combien de jeunes gens, de jeunes filles ont tenté des expériences qui ont marqué à vie leur corps et leur conscience ! Certains, se jugeant trop sévèrement et oubliant la Divine Miséricorde du Seigneur, ont même tenté de se détruire afin de se débarrasser de leur péché. À ceux qui ont péché et qui sont torturés dans leur conscience, nous crions fraternellement et amicalement depuis le Ciel : « Tournez vos regards vers Jésus Miséricordieux et vers Sa Tendre Maman ! ». Il suffit de regretter et de demander pardon au Seigneur dans une confession sincère et totale, pénétré du désir de ne plus succomber et de tout mettre en œuvre pour plaire à Dieu.

Frères, nous vous en supplions, vous qui portez en vous le mal depuis la Chute, ne vous croyez pas les seuls responsables de cet état de fait. Les générations antérieures à la vôtre ont péché et vous conservez les traces de leurs crimes. Acceptez cela avec humilité et soyez prêts à mobiliser vos efforts pour vous reformer totalement en suivant l’Enseignement de notre Maître. Lorsque tout est sale dans la demeure, la poussière qui vient s’ajouter ne se remarque plus, mais une fois la demeure balayée, la moindre trace de saleté apparaît et vous pouvez vous en débarrasser dès le départ. Progressez ainsi vers la perfection, Dieu sera votre Guide.

En fait, vous n’avez pas suffisamment confiance dans votre Père du Ciel. Dites-Lui votre amour. Demandez-Lui Sa Grâce. Ne soyez pas impatients : cela peut prendre des jours, des mois, souvent même des années. Le Seigneur aime la persévérance et Il sait toujours la récompenser.

Le péché, chers frères, n’est pas votre propriété secrète ! Il est étonnant de voir combien les pécheurs s’occupent de leurs péchés : soit ils les étalent aux yeux de tous, soit au contraire ils les dissimulent. Il y a aussi ceux qui les surveillent, les nourrissant copieusement au moyen de leur imagination ; parfois, ils leur laissent la liberté pour ensuite avoir honte et les enfermer de nouveau dans une chambre forte à l’arrière de leur conscience, jurant de ne plus jamais les en laisser sortir ! Mais quelque temps plus tard, n’entendant plus leur péché, ils sont saisis par la curiosité : « Et s’il avait disparu ?… », se disent-ils. Et ils vont voir si leur péché est toujours là, bien vivant. Ils lui laissent quelques secondes de liberté afin de tester sa vitalité et très vite l’enferment de nouveau derrière le blindage. Mais voici que vient la tristesse du manque et la brûlante pensée des brèves retrouvailles que nous venons d’évoquer. Voici que viennent peu à peu la tentation, la hantise, l’obsession ! Combien ils veulent le retrouver, leur cher péché ! Pourtant, leur conscience y fait obstacle, appelant les anges à la rescousse. Mais voici que s’avancent légions de démons : une mauvaise pensée par ci, une mauvaise pensée par là et le péché reprend ses droits. Le cycle infernal se poursuit…

Frères, oubliez donc vos péchés ! Ne soyez pas obsédés par eux. Ne les laissez pas vous hanter, vous troubler et se rappeler sans cesse à votre bon souvenir. Certaines personnes préfèrent succomber sur-le-champ, mais vous n’êtes pas de celles-là, n’est-ce pas ? Restez sages et gardez l’esprit en paix. Tel est le secret de la véritable lutte. Soyez convaincus que vous allez gagner, et, pour cela, priez beaucoup, fréquentez les Sacrements et laissez Dieu agir en vous. Vous serez ainsi délivrés des luttes intestines.

Pensez également à louer le Seigneur, à Le chanter et à Lui offrir des merveilles spirituelles par des prières, des sacrifices, des Messes et des oraisons ; mais aussi des merveilles matérielles par des fleurs déposées au pied de Son autel, de belles cérémonies, de beaux chants et de belles musiques. Dans les monastères et les couvents, cette part de louanges n’est pas oubliée et elle plaît au Seigneur.

Frères qui êtes en quête d’absolu, n’hésitez pas, à vos heures de liberté, à savourer la paix d’un monastère où, dans le silence et la prière, vous réajusterez vos idées et serez amenés à voir plus clair en vous-mêmes. Les retraites spirituelles silencieuses sont toujours bénéfiques aux âmes, même si leurs bienfaits ne se font pas ressentir dans l’instant. L’Esprit Saint s’y manifeste en accordant aux âmes des Grâces et en leur ouvrant des horizons nouveaux, des possibilités nouvelles, en leur faisant ressentir intuitivement mais avec certitude où se trouve la Lumière, où se trouve la Vérité et où se trouve le Chemin.

Soyez simples, soyez humbles, soyez saints, et ne craignez pas pour l’avenir. Le Seigneur dévoile peu à peu Ses Desseins à qui veut bien L’écouter. En ces temps de préparation à la Fête de l’Incarnation du Verbe de Dieu, soyez vigilants et purifiez votre cœur afin que Noël soit pour tous, cette année, un véritable accueil de l’Enfant tel que l’a vécu Marie, Sa Très Tendre Mère. Aimez-Les tous les deux et priez-Les souvent. Que Leur Paix soit avec vous tous.

+ Vos frères dans la Foi