Message du 12 juin 2019

Bien chers frères,

Dans la mesure où ces messages doivent aider tous ceux qui les liront à progresser sur le chemin de la sainteté dans le monde d’aujourd’hui, nous voudrions évoquer le cas de Giorgio et de son petit frère, en qui certains, sans doute, pourront se reconnaître…

Alors qu’il était encore adolescent, Giorgio s’est montré nu, à plusieurs reprises, devant l’un de ses frères de quelques années son cadet. Immature, naïf, et peu sûr de lui, Giorgio voulait seulement lui montrer qu’il devenait un homme. Puis la vie et l’éloignement professionnel les ont séparés. Une trentaine d’années plus tard, Giorgio découvre, à l’occasion d’un retour au pays pour une réunion de famille, et par le plus grand des hasards, que son frère cadet se pose de sérieuses questions identitaires et qu’il est victime d’une addiction avilissante sur Internet. Le sang de Giorgio, alors, ne fait qu’un tour, et il s’interroge sur sa responsabilité par rapport aux tribulations de son frère. Avec ses yeux d’adulte, il s’accuse à présent d’avoir été impudique et va s’en confesser, mais il reste inconsolable en pensant à toutes les années pendant lesquelles son jeune frère a dû porter ce fardeau à cause de lui.

Giorgio est-il responsable des problèmes de son frère ? Nous qui lisons dans vos cœurs, chers amis, savons que Giorgio, au moment des faits, n’avait en lui aucune perversité. Il voulait simplement provoquer l’admiration du plus jeune et lui dire : « Tu vois, plus tard, ton corps sera comme ça ! ».

Victime du bombardement médiatique sur les questions d’abus sexuels, Giorgio, dès sa découverte, s’est mis à se sentir seul responsable d’un état de faits dont il était loin d’imaginer toutes les causes : antérieurement aux faits en question, son jeune frère avait déjà été victime d’une profonde blessure dans un autre domaine, ayant entraîné chez lui une certaine fragilité psychologique. En outre, il avait déjà eu, à diverses reprises, l’occasion de voir des hommes adultes nus dans un contexte de vacances.

Les faits que se reproche Giorgio ne représentent, en réalité, que bien peu de choses par rapport à tout le reste. Bien sûr, Giorgio adolescent n’aurait pas dû s’exhiber plusieurs fois devant son jeune frère, mais ce dernier, quoi qu’il en soit, n’aurait jamais dû non plus, une fois adulte, se laisser aller à des comportements regrettables. S’il l’a fait, c’est parce qu’une certaine fragilité était déjà présente en lui. Un autre enfant du même âge, de la même famille et dans un même contexte eût pu considérer ces choses d’une manière totalement anodine.

Écoutez, chers frères ce que dit Notre Seigneur au frère de Giorgio :

« Mon enfant, si tu te tournes vers moi et si tu m’ouvres ton cœur, je t’aiderai à faire la paix en toi et à te libérer de la rumination et du ressentiment. Car la rumination ne fait qu’attiser un mal-être dont tu ne pourras venir à bout qu’avec beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour, cependant que le ressentiment entretient le péché contre la charité, qui est le plus grave de tous. Reviens vers moi, mon enfant, dans une confession sincère auprès d’un prêtre de mon Église catholique, coupe tous tes liens avec une vie de péché, et je te pardonnerai. Depuis le début de l’histoire de l’humanité, des hommes ont péché gravement, parfois pendant de nombreuses années, allant même jusqu’à prendre des vies. Mais au-delà de leurs actes, c’est leur cœur que je regarde, et la sincérité de leur repentir. Reviens vers moi, mon enfant, et je te ferai entrer dans une vie nouvelle où tu pourras recouvrer ta dignité. »  

Chacun, en effet, pense être libre de faire de sa vie comme il l’entend. Cependant, peut-on réellement parler de liberté lorsqu’il s’agit d’actes avilissants dont la personne qui les commet dira toujours : « C’était plus fort que moi ! » ?

Alors, chers frères, que vous soyez dans le cas de Giorgio ou dans celui de son frère cadet, tournez-vous vers la Vierge Marie pour qu’elle vous conduise à son Fils, car il est la Paix. Demandez pardon à qui vous pensez avoir pu causer du tort. Pardonnez à qui a pu vous causer du tort. Si vous vous êtes éloignés de la foi, revenez vers l’Église et vers les sacrements. Confessez-vous auprès d’un prêtre, coupez les liens qui vous retiennent au Mal, abandonnez toute forme de conduite immorale, et Jésus vous accordera son pardon.

Que Notre Seigneur vous bénisse et que sa sainte Mère vous protège.

+ Vos frères dans la Charité

 

Nihil obstat : Abbé Marc-Antoine Fontelle
Imprimatur : + Mgr Gilbert Aubry