Message du 12 mars 1983

Bien chers frères,

Qu’il est doux de servir le Seigneur et de vivre en communion avec le Ciel chaque jour ! Qu’il est agréable de plaire au Seigneur sans arrière-pensée de récompense mais pour que Son Divin Amour s’établisse en soi ! Chaque être possède en lui un idéal et une sensibilité à la vie de l’Esprit mais il est indispensable à qui veut rejoindre le Seigneur de fournir les efforts nécessaires pour parvenir à un état de paix intérieure et rayonner de l’Amour Véritable. Le Seigneur vous appelle plus que jamais ! Satan de jour en jour s’établit dans le cœur des enfants et les corrompt dès leur plus jeune âge, si bien qu’il vaudrait mieux qu’ils fussent nés dans la brousse ou qu’ils ne fussent pas nés du tout… Priez pour le monde afin que les mérites des uns rejaillissent sur ceux qui en ont le plus besoin. Dans les siècles antérieurs ont régné la pauvreté et la famine mais les âmes étaient plus conscientes du Mal et tentaient de le fuir. Aujourd’hui règnent l’opulence et la richesse mais les âmes sont malades de matérialisme. Il faut affermir votre foi, chers frères qui nous écoutez et voulez plaire à Dieu !

Dieu est un Père Aimant qui attend le moindre appel de l’un de Ses fils pour le secourir et le combler de Ses Grâces. À certains, Il demande de grands efforts de terrassement avant de pénétrer en leur âme ; à d’autres, Il ne demande rien et envoie Lui-même Ses pelles et Ses ouvriers qui, en un instant, s’acquittent du travail. Aux premiers, Il donnera la joie de la victoire, aux seconds la Grâce de Sa protection. Et qu’en est-il de ceux à qui Il ne donne rien, direz-vous ? L’être doué de raison a conscience de ses fautes et s’il ne désire pas les reconnaître, c’est qu’il est aveuglé par sa présomption. Mais l’aveugle a besoin d’une canne pour avancer et lorsqu’il est question de Dieu, le fait même de rechercher la canne guérit de la cécité…

La parabole de l’Enfant Prodigue (Lc 15, 11-32) est une parabole adressée aux chrétiens qui n’ont pas compris le Véritable Amour. Combien d’interprétations faciles les hommes en ont-ils données ! N’oubliez pas, bien chers frères, que dans cette parabole, le Fils est repentant. L’accent n’a pas été suffisamment mis sur ce point. Il ne s’agit pas d’un simple raisonnement d’intérêt, mais d’une prise de conscience de sa déchéance en comparaison avec la vie que pouvait offrir le Père. Une impression de gâchis, de honte, de dépossession, de perte d’identité. Toutes ces caractéristiques s’appliquent au chrétien pécheur pris de remords et regrettant un passé qu’avec les yeux du présent il juge sévèrement. Le jugement n’est pas fait par le Père : la prise de conscience du mal commis lui est suffisamment chère et il ne va pas accabler le Fils davantage. La honte marque le visage de l’Enfant et bien vite le Père veut faire disparaître ces souvenirs malheureux. Bien entendu, il faudra répondre du mal, il faudra rendre compte des erreurs, mais ceci postérieurement, en les réparant. Lorsque vous Le rejoindrez, le Seigneur vous montrera votre passé, tout simplement, et lorsque vous serez remplis de confusion à la vue du peu de bien que vous aurez accompli, alors, pris de pitié face à votre humilité, Il vous accueillera à Son tour. Malheur aux grands, aux riches, aux superbes qui s’approcheront, triomphants, du Trône de Gloire ! Ils en seront chassés.

Soyez bons, frères, et ne convoitez pas les biens de votre voisin. Aspirez à une vie spirituelle plus intense chaque jour car telle est la Grâce la plus grande que Dieu votre Père puisse vous accorder. N’imitez pas le Frère qui, dans la parabole, jalouse celui qui va goûter aux mêmes privilèges que lui. A-t-il songé, alors, que l’Enfant Prodigue avait vécu des heures sombres, privé d’un tel bonheur ? L’attitude du Frère est malsaine, il n’y a en lui ni amour ni miséricorde mais dureté et jalousie. Regrette-t-il donc de ne pas avoir péché ? Quel christianisme, frères ! Telle est pourtant l’attitude de nombreux chrétiens aujourd’hui… Combien se privent de pécher afin de recevoir un jour leur « récompense » faite de plaisirs divers ! Quand comprendrez-vous que le bonheur du Ciel ne réside pas dans une autre récompense que celle de la Présence de Dieu et du Partage de la Vie de Plénitude ? Tout n’y est que merveilles ! Mais encore faut-il savoir les apprécier ! En effet, si vous n’avez pas aspiré à cette Perfection dès la terre, le Ciel vous semblera bien lointain à l’heure du Grand Passage !.…

La parabole de ce soir est en liaison directe avec celle des Ouvriers de la Dernière Heure (Lc 15, 11-32) que nous avons déjà longuement commentée pour vous.* Relisez nos propos et que l’Esprit Saint porteur de ces messages vous éclaire. Le Seigneur soit avec vous et entende vos aspirations !

+ Vos frères dans l’Amour

* v. message du 19 septembre 1981.