Message du 3 avril 1983

MESSAGE DE PÂQUES

Bien chers frères,

Faites la paix dans votre cœur et ne laissez pas s’y infiltrer le doute. Jésus-Christ est ressuscité pour tous les hommes afin de leur montrer que l’Amour triomphe de la mort.

Ainsi donc, aimez-vous les uns les autres dans cette même foi et priez Dieu le Père de conserver en vous un esprit de véritable chrétien. Ne discutez pas les Écritures mais commentez-les dans la simplicité. N’y voyez pas une doctrine ou encore quelques conseils inaccessibles, mais la Vie elle-même, celle qui vous a été donnée et qui n’aura, en Jésus-Christ, pas de fin.

Vous ne devez pas vous juger les uns les autres car vous ne connaissez pas les motivations intimes de chacun, ni ses tendances, ni ses tourments, ni ses efforts, ni ses aspirations. Dieu seul peut pénétrer votre être et séparer l’ivraie du bon grain. Demandez-Lui chaque jour de vous aider à progresser vers Son Infinie Sagesse. Les discussions philosophiques et théologiques ne sont souvent que des divertissements de l’esprit humain et des polémiques à n’en plus finir. De grâce, frères, allez à l’essentiel ! Comment savoir où se trouve l’essentiel dans des temps où le Mal se cache sous l’apparence du bien et où les vérités séculaires sont remises en question par les sciences nouvelles ?

Nous ne prétendons pas à la Connaissance ultime mais sachez donc cela : vous êtes des êtres humains qui différez par votre constitution physique tout d’abord, vos structures psychiques ensuite, et enfin l’expérience directe de la vie terrestre qui agit sur les deux facteurs précédents.

La constitution physique et les structures psychiques appartiennent à la chair, et, depuis le Péché, ont été soumises à de multiples transformations : celles-ci résultent de l’expérience terrestre de chaque humain, transmise à travers la chair aux générations suivantes. La génétique montre aujourd’hui cet héritage du passé. Aussi n’êtes-vous pas, à cause du péché, libres et égaux dès le moment de votre conception. Votre corps et votre cerveau sont façonnés du passé de vos ancêtres, de leurs tendances, de leurs maladies, de leurs désirs, mais aussi de leur force, de leur résistance, de leur intelligence, etc., bref, de tout ce qui appartient au domaine de la chair. Malheureusement, l’homme n’a nul besoin de spiritualité pour vivre une existence purement terrestre…

Quant à l’expérience directe de la vie, elle inclut tous les facteurs qui agissent sur l’enfant depuis le moment de la conception : toutes les manifestations d’amour transmises par la mère et le père, et aussi les manifestations de haine, car, dès la conception, l’embryon est un réceptacle d’amour et toute influence intérieure comme extérieure agit directement sur lui. Rappelons donc ici le rôle des parents, dont l’harmonie va réguler la vie future de l’enfant. Puis ce sont les influences extérieures qui viendront heurter ou charmer le jeune esprit de l’enfant, les besoins non-satisfaits ou sur-satisfaits, les désirs, les craintes, les chocs émotionnels, les manifestations d’amour et de tendresse à doses excessives ou au contraire trop rares : tout cela agit sur cet être qui, parvenu à l’âge d’homme, ne sera rien de plus que le résultat de ces différents facteurs agissant encore en lui.

« Mais, direz-vous, nous sommes des esclaves ! Nous ne sommes pas libres ! » C’est parfaitement exact : vous portez en vous les péchés de vos pères et leurs tares en même temps que leurs dons. Ceux parmi vous qui veulent à tout prix l’égalité de tous et en tout devraient mieux observer la nature pour en conclure que dans l’état actuel des choses, cette égalité n’existe pas, et en aucun domaine. Il est extrêmement rare de trouver chez un être un équilibre de qualités. « Quelle injustice ! », direz-vous encore. Et pourquoi ? Au contraire, telle est la justice dans sa plus profonde expression : vous êtes tous frères et liés par des chaînes indestructibles. Créer un enfant est une lourde responsabilité et la préparation n’est pas chose facile. Mais qui s’en soucie ?

La Très Sainte Vierge ne s’était-Elle pas préparée à la venue du Sauveur ? Ses ascendants ne s’y étaient-ils pas préparés depuis plusieurs générations ? Voici le message du Dieu Sauveur, du Dieu Rédempteur : « Préparez-vous, purifiez-vous car l’heure est proche !.… »

Comme vous le voyez, une vie physique et même intellectuelle sans la connaissance de Dieu est possible. Seul le principe de vie agit, comme le courant passe dans un fil électrique, mais dans le cas présent, il n’y a pas d’ampoule au bout de ce fil, et la lumière ne peut jaillir…

Le chrétien doit être différent de ces êtres matérialistes qui ne pensent qu’à la vie dans le sens le plus rustre, le plus primaire, le moins subtil ; qui ne pensent qu’à profiter, à jouir, à parader. Le chrétien possède en sus la foi d’où jaillit la lumière ; il possède une « âme-ampoule » reliée à Dieu, de laquelle le courant vital fait jaillir la lumière. C’est cette lumière qui doit pousser le chrétien à la modération, à l’amour du prochain et à la spiritualité. « Spiritualité » n’est pas strictement synonyme de « pratique religieuse » : aller à la Messe, fréquenter les Sacrements et ne pas vivre sa foi au-delà… Être chrétien est un art de vivre et d’abord, un désir de communion avec la Divinité. Pour cela, des efforts constants de purification du corps, des pensées, des actes et des paroles doivent être fournis, afin que peu à peu les pulsions primaires emmagasinées au niveau du collectif psychique issu des générations antérieures soient étouffées par une nouvelle bouffée de vie saine et sainte où le principe de plaisir fonctionne à revers : point de jouissance matérielle et grossière nécessairement éphémère, mais un état d’âme permanent fait de confiance infinie, de joie, de sérénité, de paix et d’amour. Jésus-Christ a vécu cette véritable communion avec le Père et, suivant Son Exemple, vous devez devenir de vrais enfants de Dieu, vivre une saine spiritualité et brandir en avant la torche éclairante de la foi.

L’âme, ravie par l’état de Grâce et l’absence de péché, règne alors sur le corps en souveraine et, par un lien subtil, elle vous gratifie de la communion véritable avec votre Souverain et avec les saints qui vous ont précédés dans le Royaume. Cette communion spirituelle n’a aucun point commun avec les pratiques magiques ou les incantations des mages ou des sorciers. Le matériel en est exclu ; seul le spirituel est présent. C’est le bonheur, la plénitude, la certitude révélée à chacun intimement tout au fond de son être. Nul ne peut en parler tant qu’il ne l’a vécue personnellement.

Comme vous récurez un récipient où s’est accumulé le calcaire, la rouille ou le vert-de-gris, allez laver votre vêtement – votre âme – dans le Sang de l’Agneau : car l’âme est le lien subtil qui vous donne la Vie Spirituelle, Celle qui n’a pas de fin. Salie par le péché, elle voudrait pouvoir faire régner dans le corps l’harmonie, mais en vain ; d’où les crises de conscience, les remords, les regrets, et les reproches qu’une confession répare si aisément…

Votre âme ne se complaira jamais que dans le bien, et si votre corps vous pousse au péché (par « corps », nous entendons aussi vos structures cérébrales, vos tendances à la colère, à l’envie, à la révolte, à la paresse, etc.), c’est par l’effort seul que vous arriverez à vaincre le Mal et à l’extraire de votre corps. Si Dieu consent à vous envoyer Sa Grâce Sanctifiante, vos efforts s’évanouiront comme par miracle et vous serez surpris des progrès accomplis en peu de temps. Mais le récipient purifié doit conserver son état de pureté et, par une discipline mentale de chaque instant, il doit rejeter les mauvaises pensées afin qu’elles ne s’imprègnent pas de nouveau aux parois. Cette discipline est d’autant plus difficile dans votre siècle qu’à chaque instant, à chaque pas, vous vous heurtez à une occasion de pécher. Veillez, veillez donc, chers frères, afin, comme le Christ le demandait aux Apôtres, de ne pas « tomber au pouvoir de la tentation » car « l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).

L’acceptation est une grande vertu spirituelle. Associée à la confiance en Jésus-Christ, elle vous permet de vous découvrir tels que vous êtes : une âme souvent corrompue par un corps de péché. Telle est la croix que vous avez à porter, frères : celle du péché. Mais si vous acceptez cela – providence ou fatalité, c’est selon –, si vous prenez cette croix et que vous suivez le Christ, si vous vous détachez de tout ce qui vous rattache au corps, biens matériels, titres, honneurs, en n’y attribuant plus aucune importance, alors, la lumière se fera en vous : vous découvrirez les choses essentielles et la paix habitera votre âme. Tel est l’Enseignement du Christ.

N’ayant pas péché, Il a dû porter une Croix de Souffrance : souffrance pour autrui, souffrance du péché d’autrui, acceptant cette coupe amère pour racheter l’humanité. Frères, cette Croix ne prend de sens que si, à votre tour, vous saisissez la vôtre sans rechigner et la portez jusqu’au crucifiement de votre être pécheur à force d’efforts et de luttes.

Mais n’oubliez pas, frères : Dieu accueille le pécheur repentant mais Il n’est pas dupe ! Votre religion n’est pas un marché avec le Ciel : elle est la Vie du Christ en vous. Celui qui n’aime pas donner, qui prend plaisir à faire souffrir, qui aime les honneurs et les plaisirs matériels n’a rien compris à la Parole ! De même, la Confession n’a de sens que si vous êtes prêts à accepter la Grâce du Père pour ne plus retomber dans les mêmes fautes !

Quand vous rendrez-vous compte que le bonheur de ne pas pécher est bien supérieur au plaisir procuré par le péché ? que votre âme et votre corps sont alors en parfaite harmonie dans le Christ ?

Si vous ne deviez plus vivre qu’un seul jour, chers frères, ne prendriez-vous pas de sérieuses dispositions spirituelles ? Si vous saviez que votre père, votre mère, votre époux, votre épouse, votre frère, votre sœur, votre ami(e) ou même n’importe quel être humain ne devait plus vivre que quelques heures, ne lui témoigneriez-vous pas une attention toute particulière mêlée d’amour et d’émotion ? Telle est, chers amis, l’attitude que vous devriez avoir quotidiennement face à chaque être humain. Pardonnez à tous leurs faiblesses, témoignez-leur votre amour, proposez-leur votre aide, votre appui, votre soutien. Regardez-les avec les yeux de la véritable fraternité et, en liaison avec les Armées du Ciel, les anges et les saints, rayonnez de cet Amour Infini qu’a non seulement enseigné mais également montré le Christ chaque jour de Sa vie terrestre.

La fête de Pâques, amis, est celle de la Victoire : après la Croix, après la souffrance, la faiblesse, le découragement, c’est la Vie, et, cette fois, la Vie qui n’a pas de fin. Cette Vie, Jésus-Christ vous demande de la faire vôtre dès ici-bas. Elle est un état, une attitude d’esprit : l’amour, la disponibilité, la fraternité. Elle est une main tendue pour aider, un cœur ouvert pour aimer.

Hypocrites qui croyez que fréquenter les Sacrements est suffisant pour accéder au Royaume, que vos privations ostentatoires sont suffisantes pour rejoindre Jésus, que votre certitude théologique est la seule vérité ; vous qui seriez prêts à condamner votre prochain pour une simple broutille et à le faire passer pour hérétique ; vous qui polémiquez pendant des jours sur des sujets de foi, où donc est votre charité ?

Vous qui attendez un Ciel fait d’abondance et une lointaine résurrection des morts dans des corps charnels héritiers des plaisirs éternels sur une terre nouvelle en récompense de vos chiches privations, apprenez à aimer, sinon vous serez bien déçus !.…

Vous qui ne croyez plus, vous les savants penseurs, apprenez donc l’humilité !

Vous qui parlez de Pâques et n’acceptez point que vos parents, que vos enfants, que vos amis, que tous les hommes soient vivants dans le Monde Invisible après avoir quitté cette vie de la terre, nous direz-vous pourquoi Jésus-Christ est ressuscité ?

Vous qui priez les saints d’intercéder pour vous auprès de Dieu, pourquoi n’acceptez-vous pas de croire que vos chers disparus continuent aussi de vivre et de progresser vers la Lumière du Père grâce à vos prières, à vos sacrifices et aux Messes que vous offrez pour eux ? Pourquoi avez-vous peur lorsque nous vous affirmons qu’ils continuent de vous aimer depuis l’Autre Côté du Voile ?

Pauvres amis, s’il n’en était ainsi, Jésus-Christ serait venu pour rien !.…

Que ce message de Pâques soit un message d’espérance. Mais soyez persuadés que sans le Christ vous ne pourriez pas grand-chose…

Ne jugez pas non plus de ceux qui ont l’amour et prétendent ne pas connaître Jésus-Christ. Certaines peuplades n’ont-elles point possédé du métal jaune en abondance sans savoir que c’était de l’or ? « L’Esprit souffle où Il veut » (Jn 3, 8), est-il dit… Alors, ne jugez pas sans savoir et croyez ! Croyez que le Seigneur est ressuscité. Alléluia !

+ Vos frères dans l’Espérance