Message du 14 juin 1986

Bien chers frères,

Ne soyez pas inquiets lorsqu’il s’écoule de longues semaines entre nos différents messages : cela provient du fait que notre messager, pris par des tâches matérielles importantes, et parfois victime d’un certain énervement, en vient à négliger ses oraisons et à porter atteinte à sa disponibilité habituelle. N’allez pas croire que le Seigneur ne distribue Ses Grâces qu’à des êtres d’exception : comme nul ne naît parfait, Il choisit Ses messagers pour en faire des saints, et non point des saints pour en faire Ses messagers…

Il est nécessaire que nous vous parlions aujourd’hui de l’esprit d’obéissance* car il semble que vous n’ayez pas encore très bien compris ce que le Seigneur attend de l’homme à ce sujet. Nous vous avons déjà entretenus des personnes qui croient en Dieu sans se préoccuper de l’Enseignement de Jésus-Christ, et pratiquent une religion personnelle qui ne s’encombre pas d’obéissance. Il est évident que vous, qui avez choisi d’appartenir à l’Église, devez respecter et suivre Son Enseignement jusqu’au bout. « Mais, rétorquerez-vous, ce n’est pas le Christ qui me déplaît, c’est l’Église, avec tous Ses Commandements contraignants, toute Sa hiérarchie et Son Pape qui ne veut pas vivre à notre siècle ni écouter les progrès de la science ! Nous ne sommes plus au temps de la féodalité ! Chacun devrait pouvoir avoir le droit de s’exprimer et être libre de choisir !…»

Pauvres amis, comme vous êtes inconscients, et comme le Démon sait vous éloigner de la vérité ! C’est par sa soif de liberté et sa désobéissance que la société, dans son ensemble, en est arrivée à telle apostasie. Alors, vous qui êtes chrétiens, nous vous en supplions, n’attentez pas à l’intégrité de votre foi en vous instituant une religion à la carte ! Vous avez tellement peur d’être appelés esclaves et de passer pour des faibles en suivant votre Pape que vous vous laissez séduire par les arguments de ses adversaires et ne tardez pas à les prendre pour vôtres…

Il faut dire aussi que, depuis quelque temps, vous êtes plutôt prompts à la contestation, et que votre esprit n’est pas souvent en paix. Vous n’admettez pas que l’on vous dicte ce que vous avez à faire, vous acceptez mal les remarques et les reproches, vous ne souffrez pas même les conseils, et, lorsque vous avez tort, il vous coûte beaucoup de l’admettre publiquement. En fait, la situation est identique un peu partout : dans les couples, dans les familles, dans l’État, dans le travail, dans les loisirs, en matière d’éthique et de morale : chacun n’aspire qu’à vivre selon ses propres principes et dans la plus grande liberté. Quand l’homme comprendra-t-il qu’il ne possède, en réalité, aucune liberté véritable si ce n’est celle de se rendre plus rapidement au Ciel ou en Enfer ? Mais, c’est vrai, vous n’y croyez peut-être plus…

Si vous vivez sous des lumières artificielles, au bout d’un certain temps, vous oubliez la véritable lumière, celle du soleil qui réchauffe et donne la vie. De même, si vous vivez dans le péché et les fausses valeurs, vous oubliez la véritable pureté et devenez les esclaves des plaisirs immédiats. Mais le mot « péché » vous déplaît, amis : les psychologues le trouvent tellement culpabilisant !… Et puis vous désirez tant pouvoir vous délecter dans la matière sans qu’il y ait une Église pour vous dire : « Attention ! Il ne faut pas faire ceci ! Attention ! Il ne faut pas faire cela ! » C’est d’ailleurs pour cette raison que vous préférez rejeter l’Église ou choisir de ne plus croire.

Croire, c’est aimer Dieu, suivre Ses Commandements et obéir à l’Église de Jésus-Christ, avec qui Celui-ci a voulu demeurer « tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). C’est aussi tendre à la perfection pour Lui être agréable et avoir le bonheur de Le rencontrer un jour dans Son Ciel de Gloire. C’est enfin aimer son prochain comme soi-même, spontanément, sans rien attendre en retour.

Regardez Jésus qui s’est livré pour les hommes : a-t-II donné Sa vie pour mériter quoi que ce soit pour Lui-même ? Le Ciel ? Il le possédait déjà ! Il a souffert pour nous, pour vous. Il a souffert pour émerveiller les nations par la gratuité de ce Don Total et pour qu’elles s’interrogent.

Chez l’homme, toute souffrance aime à être compensée : on souffre pour guérir, on souffre pour une juste cause, on souffre parce qu’on aime et qu’on n’est point aimé en retour… Un amour déçu provoque souvent des souffrances pouvant atteindre les limites du soutenable et déséquilibrer l’esprit et le corps jusqu’au suicide, par égoïsme pur. Il n’est alors aucune compensation personnelle à la souffrance, et l’issue du combat n’est autre que l’échec.

À l’inverse, le Christ, Lui, a accepté de souffrir de n’être point aimé, et, en se laissant mettre à mort pour le salut de l’humanité, Il a prouvé aux hommes Son Amour et a permis à Son Enseignement de vivre et de porter beaucoup de fruit. Car, Il l’a dit Lui-même : «… si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 22, 24). Et cet Enseignement n’est pas des plus faciles ! Il n’est pas la satisfaction de soi, l’égoïsme, la liberté individuelle, mais au contraire la petitesse, l’acceptation de la Volonté de Dieu, le renoncement, et tout cela dans l’amour.

Dans la rue, l’homme, tout en étant libre, doit conserver la maîtrise de ses impulsions. S’il ne le fait point, interviennent les forces de l’ordre… Il en est ainsi pour Dieu qui possède Lui aussi Ses « Forces de l’Ordre » – celles de l’Église – pour conserver intacte Sa Parole, que chacun a tendance à s’approprier aujourd’hui et à divulguer à sa façon – ou « contre-façon »… Alors, pourquoi refusez-vous ces forces ? Oubliez-vous l’Eucharistie ? Savez-vous qu’un tel Joyau ne peut être laissé sans surveillance ? Cependant, comme Il ne fait pas partie de ces richesses matérielles qui vous éblouissent et pour lesquelles vous donneriez tout, comme vous n’avez pas compris Sa vraie valeur, vous n’y attachez aucune importance : lorsque vous venez de recevoir l’Hostie, vous retournez à votre place en mâchant ce Trésor comme vous mâcheriez le simple bout de pain qui accompagne votre repas quotidien ! Si quelques réminiscences de votre Première Communion vous traversent alors l’esprit, vous pensez : « Comment pourrait-il y avoir Jésus là-dedans ? », et vous ne croyez pas davantage…

Pauvres frères intoxiqués par le matérialisme, vous n’êtes pas même capables de reconnaître le goût de votre Seigneur ! Ouvrez donc votre cœur à Dieu et débarrassez-vous de votre péché ! Comment voulez-vous sentir l’odeur de la rose si vous restez au milieu du fumier ?

L’Église vous propose l’obéissance absolue. Comprenez ce que cela signifie pour votre vie : Elle désire votre bien et vous met en garde contre tout ce qui peut vous entraîner au mal. Bien sûr, si, d’emblée, vous niez la notion de « péché », vous faites preuve d’une mauvaise foi sans remède. L’orgueil et l’égoïsme n’ont jamais conduit qu’à la tyrannie et à l’oppression de la personne humaine, les richesses non partagées à l’inégalité sociale, l’impureté aux vices les plus pervers et à la déchéance physique et morale, les excès de table aux maladies, la colère à la violence, la paresse et la mollesse à l’anarchie qui sévit dans le monde moderne !

L’obéissance à l’Église par amour pour Dieu est le plus grand des sacrifices. Aimer Dieu d’une manière personnelle et égoïste, surtout lorsqu’il s’agit d’un Dieu permissif et qui pardonne tout, n’a pas de sens ! Certes, Jésus-Christ est Toute Miséricorde, mais Il demande, cependant, à l’homme des efforts constants et une grande obéissance. Jésus pardonne les faiblesses de ceux qui s’efforcent de Le suivre, mais Il ne saurait pardonner celles de ceux qui se détournent volontairement de Lui et de Son Église par esprit de contestation et de liberté. Rappelez-vous l’exemple de l’Ange Déchu si vous nourrissez quelque doute…

Nombre de chrétiens se détournent de l’Église et de Ses Commandements, mais ils n’ont pas compris que c’est dans la lutte et dans la souffrance que l’homme peut progresser vers le Ciel et acquérir la paix. Les actions d’éclat, les Messes « animées », les témoignages de joie où l’on crie : « Dieu est vivant ! » comme on crierait : « Vive la liberté ! » au lendemain d’une victoire, ne sont rien en comparaison d’une rencontre intérieure avec le Seigneur dans l’humilité d’un cœur repenti et le silence d’une prière !

Mais la pourriture et l’exaltation tentent de pénétrer dans l’Église sous l’action du Démon et elles y parviennent en de nombreux lieux à cause de la faiblesse humaine… Le Maître désire que Ses prêtres soient des exemples et ne se laissent pas influencer par le Malin ; qu’ils se retirent souvent pour prier en silence avant de conseiller leurs ouailles sur des points qui, à travers eux, engagent l’Église tout entière. Un prêtre qui ne respecte pas les directives de l’Église dans le domaine de la foi ou des mœurs n’est plus digne de confiance en matière morale. S’il se permet de conseiller aux fidèles des voies qui les éloignent d’un iota des Commandements, il en portera la responsabilité et devra en répondre, au soir de sa vie terrestre, devant le Seigneur, qui se montrera, il le doit savoir, impitoyable envers lui : ses souffrances, alors, seront grandes dans l’Éternité !

Écoutez, chers frères, le saint Curé d’Ars ! Relisez ses écrits. Relisez sa sainte vie. Elle est un miroir d’obéissance et de pureté, un havre de charité. Le Ciel fut avec lui chaque jour de sa vie… Comment  ! Vous vous permettez de critiquer cette vie ? d’en détruire la force surnaturelle ? d’en rationaliser les épisodes miraculeux ? de la rendre ordinaire, petite, étroite ? Et vous vous demandez même comment une telle vie a pu plaire au Seigneur ! Un malade, dites-vous ? Pauvres de vous ! Vous n’avez pas compris grand-chose à votre foi !…

Combien les prêtres devraient copier leur saint patron ! Combien ils devraient se méfier de cette « évolution » pernicieuse de la société et en éloigner les âmes en leur enseignant l’obéissance ! Priez, frères, priez pour avoir de saints prêtres ! Grâce à eux, nombreuses sont encore les personnes sincères et honnêtes dans la foi qui savent s’éloigner des voies de la perdition. Qu’elles restent fidèles à l’Église et se gardent du sectarisme ! Qu’elles se nourrissent de l’Eucharistie et progressent dans la charité. Ainsi, elles ne pourront s’éloigner de la Vérité.

Obéir, savoir dire : « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite en tout ! », tel est le fiat qui devrait être dans la bouche de tous les chrétiens. Reconnaissez-vous pécheurs, chers amis, et aimez Dieu comme Il vous aime. Demandez-Lui pardon. Que ce ne soit plus l’égoïsme qui agisse en vous, mais l’amour. Lorsque vous aimez, vous donneriez tout pour rendre vos aimés heureux, alors qu’attendez-vous pour étendre ce sentiment à tous vos frères ? Qu’attendez-vous pour aimer le Seigneur et faire Sa Volonté ? Commencez par la simple obéissance, difficile, certes, mais si gratifiante ! Ne négligez pas la Confession fréquente, qui vous donnera la force de surmonter les difficultés du moment. Confiez votre cœur à Marie, votre Douce et Tendre Maman, et nous pouvons vous assurer, en tant que messagers de l’Esprit Saint, qu’Elle vous conduira sur le bon chemin. Que le Seigneur vous bénisse.

+ Vos frères dans la Vérité

 

* Pour la désobéissance, voir message du 3 février 1986.