Message du 16 juin 1991

Bien chers frères,

Nous avons tant de peine lorsque nous voyons les hommes contester la religion catholique, contester l’autorité de leur Mère l’Église, et, aveuglés par l’orgueil, prétendre que l’Enseignement de cette même Église est étroit et limité ! Ces hommes ont soif d’une liberté, d’une tolérance et d’une charité bien à eux, puisque les simples notions de bien, de mal, de péché, de sacrifice et de souffrance les révulsent et qu’ils n’aspirent aucunement à la sainteté. Leur morale confond volontiers le bien avec tout ce qui les comble, et le mal avec tout ce qui les dérange ou qui les fait souffrir. Car ils sont adeptes d’un nouvel art de vivre, d’un nouvel âge qui ne s’embarrasse d’aucune religion…

Ne vous découragez pas, amis, lorsque vous entendez vos interlocuteurs prononcer de tels discours : s’ils ne raisonnent pas comme vous, c’est qu’ils n’ont pas été enseignés comme vous avez eu la chance de l’être. Ils sont comme des enfants insoumis à qui le maître voudrait expliquer l’addition, mais qui préfèrent s’amuser à jongler avec des chiffres qu’ils ne savent pas même lire… Ils sont encore comme ces enfants qui, refusant de se soumettre au système scolaire, font à longueur de temps l’école buissonnière et se révoltent contre les examens et la sélection. Or, chers frères, toute acquisition sollicite de l’homme un effort, et, à moins d’une Grâce toute spéciale, celui qui ne veut point s’y soumettre se condamne lui-même à l’échec. Il en va de même des sentiments et de la spiritualité.

L’orphelin aura beau se voir prodiguer l’affection la plus grande au sein d’une institution, il ne pourra jamais connaître l’amour que de vrais parents peuvent donner à leur enfant. Ainsi, celui qui ne connaît pas le Christ et n’honore pas son Père du Ciel ne peut connaître lui non plus la joie de la Présence et de l’Amour de Dieu.

« Vous, les catholiques, vous lance-t-on, vous prétendez détenir la Vérité, mais vous n’êtes pas meilleurs que les autres ! »

Ah ! frères, il n’en tient qu’à vous de démontrer le contraire ! Cependant, il est vrai que, si vous regardez autour de vous, vous n’y verrez souvent qu’égoïsme, hypocrisie et indifférence. Cela est fort dommage : dans la mesure où l’homme refuse de se laisser aimer par Dieu, refuse de se conformer à Sa Loi et met en avant sa propre volonté pour l’opposer à celle de Dieu dans quelque domaine que ce soit, il ne peut que mourir à la vie spirituelle. Quant au fait de se dire « catholique », ce n’est malheureusement ni une preuve, ni une recette de sainteté…

La perfection chrétienne ne passe ni par le culte du corps, ni par celui de la personne, de l’intelligence ou des possessions matérielles. Tout cela ramène toujours l’attention sur soi et n’est bénéfique en aucune façon à l’âme qui cherche Dieu. Au contraire, la perfection chrétienne, c’est l’oubli de soi, l’accueil de Dieu et l’accomplissement de Sa Volonté à travers l’abandon de soi, afin que l’on puisse dire comme l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2, 20). La perfection chrétienne, c’est l’acceptation de toute peine, de toute souffrance, c’est la joie d’offrir et la joie d’aimer, la joie de vivre en Dieu et la joie de partager. Tout ce qui ramène à soi peut venir du Malin et éloigner de Dieu, de Dieu qui ne veut que votre bien, chers amis.

Alors est-ce donc faire le mal que de goûter immodérément d’une bonne chose ? Bien sûr ! Il faut savoir user sans abuser. Cependant, la question qui se pose chaque fois avec l’homme, c’est qu’il a tendance à ne jamais être satisfait de ce qu’il possède et qu’il abuse volontiers de ce qui lui plaît, quitte à s’en rendre malade. Lorsqu’il s’agit d’une indigestion, les manifestations physiques ne manquent pas de lui faire prendre conscience de son erreur, mais lorsque l’homme s’empoisonne spirituellement en se laissant absorber par la vie matérielle et par les plaisirs des sens, les symptômes de cette maladie de l’âme sont beaucoup moins visibles : l’ardeur à prier disparaît, la fréquentation des Sacrements s’estompe, la Confession est abandonnée et le tout remplacé, si le cœur lui en dit, par quelques actions charitables. Et le Démon est content !

Ah ! frères, si l’homme prenait conscience de la Présence Réelle de Notre Seigneur pendant la Sainte Messe, cela changerait bien des choses ! Que vos cérémonies soient respectueuses et belles pour accueillir votre Aimé, que vos cœurs soient purs, que vos âmes soient blanches ! La Messe n’est pas un spectacle qui doive être rendu attrayant ! Elle n’est pas une simple commémoration où l’on évoque Jésus-Christ : elle est la Présence Réelle du Fils de Dieu sur vos autels, qui continue de Se livrer pour vous et de vous nourrir de Son Corps et de Son Sang pour vous faire vivre de la Vie Éternelle.

« Vous, les catholiques, vous lance-t-on encore, vous avez une vision trop compartimentée de l’Au-delà : le « Ciel », le « Purgatoire » et l’« Enfer » ne sont plus défendables ! Si votre Dieu est Amour, Il ne peut rejeter personne ! »

Amis, ne vous laissez pas séduire par ces propos et restez logiques : pourquoi l’homme qui se coupe de Dieu sur terre aurait-il davantage le désir de Le rencontrer dans l’Autre Monde ? Et pourquoi celui qui a toujours refusé de Le chercher se mettrait-il soudain en quête d’absolu ? S’il a vu la Porte et que, par insouciance, il n’ait pas frappé, à moins que quelqu’un ne frappe à sa place, on ne lui ouvrira pas ! S’il n’a pas demandé, à moins que quelqu’un ne demande à sa place, il ne recevra pas ! (cf. Lc 11, 9-10). Et s’il a refusé sciemment tout effort en toute connaissance de cause, l’affront qu’il a fait à son Hôte restera irrémissible. Tel est, frères, ce « péché contre l’Esprit » dont le Seigneur affirme qu’il ne sera pardonné ni dans ce monde ni dans l’Autre (cf. Mt 12, 32) : le refus de Dieu. Refus de croire, refus de se reconnaître pécheur, refus de solliciter le pardon, refus de l’Harmonie du Ciel !

Frères, l’homme qui trouve l’harmonie monotone sur la terre devrait s’interroger sérieusement sur l’état de son âme, sinon jamais il ne pourra désirer le Ciel ; et s’il ne chasse point de son cœur le petit démon de la contestation qui l’aveugle et le séduit, il continuera de s’engluer dans son orgueil. Alors, selon ce qu’il aura fait de sa vie, il sombrera dans l’enfer de son propre mensonge : un enfer de dissonance et de rupture, d’artifice et de bassesse, de corruption et de méchanceté, un enfer de souffrance.

Quant au Purgatoire, d’aucuns prétendent que l’Église l’a inventé de toutes pièces : croient-ils donc pouvoir se retrouver face à face avec l’Être Suprême sans aucune transition après s’être abîmés dans l’horreur du péché tant et tant de fois sur la terre ? Frères, soyez sérieux ! Si la foi chrétienne et les Mérites de Notre Seigneur associés aux bonnes œuvres humaines, à la prière et aux Sacrements préservent de cette abominable coupure, le Purgatoire n’en place pas moins l’homme face à sa propre vérité : celui-ci se voit tel qu’il est aux yeux de Dieu, et c’est chaque fois une épreuve redoutable ! Cependant, plus la perfection est atteinte sur cette terre, plus cette étape est franchie aisément.

Et « perfection » n’a jamais signifié tristesse ou frustration, repli sur soi ou inhibition ! Ce n’est pas la matière qui épanouit l’homme, frères, c’est le soleil de la foi, le soleil de Dieu, celui qui donne à l’être son rayonnement de sainteté. N’écoutez pas toutes ces publicités que tant et tant de magazines vous proposent, et qui font dépendre l’épanouissement de l’être de la santé du corps. Lorsqu’un être humain n’est pas épanoui, c’est parce que son esprit est malade et que son âme n’a pas assez de force pour demander inlassablement à Dieu la guérison. Si vous saviez, chers frères, toutes les merveilles qui peuvent être obtenues dans la prière ! Pourtant, nul ne saurait non plus ignorer le rôle caché de la souffrance, moteur de la vie spirituelle. Elle est la monnaie des Grâces demandées lorsqu’elle se trouve associée, cela va de soi, aux souffrances de Notre Seigneur. Mais le sacrifice chrétien tels les privations ou le jeûne ne doit pas être une contrainte ni rendre triste : il doit toujours être consenti et discret. Dieu, qui lit dans les cœurs, est le seul à pouvoir en déterminer la valeur (Mt 6, 16-18).

« Vous, les catholiques, vous lance-t-on enfin, vous devriez étudier davantage les autres religions ! Pourquoi la vôtre serait-elle la meilleure ? »

Amis, lorsqu’un élève obtient une note de vingt sur vingt à un devoir, lui vient-il à l’idée de chercher si des camarades ont obtenu une meilleure note que lui ? Ce serait une perte de temps ridicule ! Mais s’il met ses propres connaissances à leur service pour les faire progresser à leur tour, son attitude sera méritoire. Alors, amis, puisque nous vous affirmons depuis le Ciel que la foi catholique est la plus fidèle à l’Enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par Moi. » (Jn 13, 6), quel besoin auriez-vous, puisque vous embrassez cette même foi, de vous tourner vers d’autres religions ? Le Seigneur est votre Maître et votre vérité : II est la Vérité toute pure, et Sa Souffrance choisie, alors qu’Il avait tout pouvoir pour l’éviter, est le garant de cette vérité. Pourquoi alors chercher ailleurs ce que vous possédez déjà ?

S’il vous arrive, cependant, de rejeter ou de contester cet Enseignement, prétextant qu’il ne vous paraît pas adapté à votre propre personne, c’est qu’un petit démon d’orgueil aveugle votre entendement et vous dissuade d’approfondir en vérité cette foi si belle. Car l’Enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ a été donné pour tous, et il n’est nulle personne à qui il ne saurait convenir. Ouvrez donc humblement votre cœur de pierre au lieu de philosopher ou d’intellectualiser, et sachez redevenir de tout petits enfants pour vous laisser aimer par Dieu. Et lorsque vous aurez découvert cet Amour et que vous l’aurez fait vôtre, alors, aidez vos frères à Le découvrir à leur tour et mettez tout en œuvre pour changer leur cœur et l’ouvrir au rayonnement de la foi. Que notre Sainte Mère vous y aide !

Ah ! frères, si vous pouviez voir le rayonnement des premières communautés chrétiennes ! Si vous pouviez voir combien tous s’aimaient, et combien chacun était au service de l’autre, combien de joie ils avaient à parler de Notre Seigneur, et combien l’Esprit Saint les comblait de Ses dons ! Lorsque nous voyons aujourd’hui l’indifférence qui règne dans vos assemblées dominicales – non seulement l’indifférence entre les personnes, mais aussi l’indifférence envers Notre Seigneur, à qui si peu de fidèles ouvrent totalement leur cœur, que ce soit par distraction ou parce qu’ils trouvent l’idée de la Présence Réelle tellement invraisemblable qu’ils ne croient même plus en Elle -, nous sommes bien malheureux, chers frères aimés. Alors vous, soyez de véritables exemples ! Montrez votre joie d’être chrétiens, et rayonnez de cette joie – sans sombrer toutefois dans l’exaltation ou le théâtre. Soyez saints, soyez doux, soyez attentifs aux autres et faites des conversions.

Que le Seigneur et Sa Très Sainte Mère vous bénissent, en union avec vos frères du Ciel qui vous aiment.

+ Vos frères dans la Foi