Message du 1er novembre 1989 (II)

MESSAGE DE TOUSSAINT (II)

Mes chers enfants,

Je vous avais promis de vous parler du Ciel (1), et ce jour de Fête de Tous les Saints me semble être la date choisie pour le faire.

Jamais sur terre vous ne pourrez imaginer l’ineffable beauté du Royaume de Dieu. Le sentiment de la Présence du Créateur est comme un grand feu dégageant une forte chaleur au milieu d’un désert glacé, un feu qui vous attire et auprès duquel vous vous sentez bien. Il réchauffe tout votre être et le caresse affectueusement de ses douces flammes d’amour qui ne peuvent brûler. Auprès de lui, vous ressentez la paix la plus profonde et une impression de sécurité à nulle autre pareille. Vous savez que rien ne pourra plus jamais vous éloigner de lui et que toujours vous bénéficierez de sa bonne lumière. Plus vous progressez vers ce foyer ardent et plus sa lumière devient forte. Jaillissant de son sein, une multitude de créatures spirituelles vêtues de longues robes blanches, bleu pâle, rose pâle et couleur de soleil semblent s’affairer en tous sens.

Le Fils de l’Homme est présent au milieu de nous, grand, magnifique, majestueux. Il rayonne de cette même lumière et il nous est possible de Le voir. À Son contact, toute âme se sent comme transportée et tout cœur humain ne peut que s’abîmer dans le Sien, où il bat pour l’Éternité, mû par Son Inépuisable Amour. C’est pour être compris par les hommes que Notre Seigneur a pris forme humaine, pour être aimé des hommes et suivi par eux. Mes chers enfants, jamais sur terre vous ne pourrez avoir idée d’une telle vision.

Quand, aux jours de Fêtes, toute la Cour Céleste est en émoi, vous ne pourriez plus éloigner vos yeux de la Mère de ce Fils Unique, belle comme une journée ensoleillée, radieuse comme une fiancée parée pour son époux. Et tous les anges nous convient à nous prosterner devant ce Fils et cette Mère que nous chérissons et dont l’Amour suffit à nourrir le Ciel tout entier. Ah ! mes chers enfants, si vous pouviez voir ce sublime spectacle !

L’union de l’Église du Ciel et de l’Église de la terre fait également partie des spectacles les plus doux et les plus étonnants : d’abord, chaque Eucharistie célébrée sur la terre détache du Ciel une brillante lumière, lumière qui part du Cœur de Notre Seigneur pour descendre jusque sur Ses autels terrestres. Alors, ô mystère, tout en restant toujours présent parmi nous, Il descend, escorté par les anges, se livrer aux hommes pour les nourrir de Son précieux Corps et de Son précieux Sang, cependant que Son Esprit n’en comble pas moins Son troupeau attentif.

Quant à nous, nous goûtons un nouvel état qui est un peu semblable à celui de Notre Seigneur. Comment vous expliquer ? Si vous ne saviez pas que l’enfant dans le sein de sa mère mène une vie aquatique et se nourrit par son nombril, vous viendrait-il à l’idée, le voyant au berceau, qu’il ait pu vivre un jour ainsi, lui qui respire par le nez et mange par la bouche ? Il en est de même pour nous dans le Ciel. Nous ne marchons plus, nous glissons et volons ; nous ne mangeons plus, nous nous nourrissons de manière permanente de l’Amour de Notre Seigneur ; nous ne prions plus comme sur la terre, nous sommes nous-mêmes action de grâces et louange au Tout-Puissant, car notre cœur bat à l’unisson de Son Amour.

Comme les saints anges, nous connaissons les âmes des hommes et nous nous garderions bien de les condamner car, en Dieu, il n’est plus ni méchanceté ni jugement. Ainsi le plus grand des criminels est-il aimé de nous comme un enfant que vous verriez se noyer dans une mare : nous nous pressons auprès de lui pour le sauver, mais les démons infiltrés en son âme nous repoussent et nous crachent au visage ; cependant, lorsque des êtres humains prient pour le salut de ce malheureux, nous nous empressons de présenter au Fils ces oblations afin qu’Il se montre clément et délivre son âme, et la tâche nous devient plus facile.

Ah ! mes enfants, combien il est de joie dans le Ciel pour un seul pécheur repenti ! Si l’enfant qui se noie dans des hurlements de douleur refusait la main que vous lui tendez, n’en seriez-vous point attristés ? Eh bien, pour nous, mes enfants, tout pécheur plongé dans les affres du vice est une âme, une âme que Dieu veut sauver ! C’est pourquoi vous devez prier, prier inlassablement pour les pécheurs afin que depuis le Ciel nous puissions présenter à Dieu vos requêtes.

Ici, nous vivons éternellement hors du temps et la terre ne nous rappelle que pour vous aider spirituellement. Car notre bonheur est aussi de vous conduire à Dieu.

Les lumières qui nous attirent vers la terre sont simplement vos âmes, mes chers enfants, vos âmes avec leur amour pour Dieu, que nous désirons parfaire, vos âmes avec leurs scories, que nous désirons purifier. Et nous nous efforçons de parvenir à ce noble but en collaboration étroite avec vos anges gardiens qui aimeraient tant que vous les invoquiez plus souvent et que vous écoutiez plus attentivement leur voix au fond de vos cœurs !

Nombre de paysages du Ciel sont semblables à ceux de la terre dans leur topographie : il y a des plaines, des reliefs, des torrents, des ruisseaux, des plantes, des fleurs, des animaux, mais tout, absolument tout rayonne de lumière ; tout en fait n’y est que lumière. Les couleurs sont à la fois intenses et d’une douceur qui permet de les regarder sans être ébloui ; quant aux parfums, nulle odeur de la terre ne les peut égaler.

 

Le loup habite avec l’agneau,
La panthère se couche avec le chevreau,
Le veau, le lionceau et la bête grasse vont ensemble,
La vache et l’ourse paissent,
Ensemble se couchent leurs petits (2).

Ah ! mes chers enfants, si vous saviez comme tout cela est beau !

Le passé, le présent, et quelques bribes de l’avenir sont à notre portée, et, ici, les âmes aiment souvent à découvrir la grande histoire du monde qu’elles viennent de quitter, et qui fait partie intégrante du Plan de notre Créateur. Elles se plaisent à rencontrer ceux qu’elles ont aimés sur la terre et, en particulier, leurs ancêtres, et elles comprennent ainsi l’origine de certains de leurs maux passés. Plus rien n’est ici dissimulé, tout est à la lumière, et le cœur de chacun est doté d’une telle compréhension et d’un tel amour que rien ne saurait le troubler.

Bien sûr, mes chers enfants, vos manquements nous chagrinent comme ils peinent Notre Seigneur et notre bonne Mère, mais votre repentir nous fait tellement vite oublier vos faiblesses ! Restez unis à nous, mes enfants. Écoutez dans vos cœurs la voix de vos protecteurs spirituels, de votre ange gardien, de vos saints et saintes chéris. Soyez attentifs à leurs paroles : ils vous aiment et, dans la Communion des Saints, qui prend ici toute sa dimension, ils s’évertuent à vous conduire à Dieu.

Comme ils se trompent ceux qui excluent de leur relation avec Dieu toute la Cour Céleste ! Si le Christ est, par Sa condition d’Homme-Dieu, seul Médiateur entre Dieu et les hommes, Il n’en invite pas moins Sa Mère, la Très Sainte Vierge Marie, à L’assister dans Son inextinguible Plan d’Amour, ainsi que tous les anges et tous les saints du Ciel, qui Lui sont unis pour l’Éternité. L’homme qui oublie cela est comme une personne qui inviterait chez elle un ami pour lui demander de l’aider à résoudre quelque problème et qui lui dirait : « Je n’ai besoin que de ta tête, tu peux laisser le reste de ton corps chez toi ! » Cela serait complètement ridicule. Alors comprenez que le Corps Mystique de Notre Seigneur se compose non seulement de la Tête, mais aussi des innombrables membres qui forment Son Église. Ici, nous vivons tous de Dieu et en Dieu, par Dieu et avec Dieu. Il n’est aucun moyen de nous séparer de Lui puisque nous faisons partie intégrante de ce Corps dont nous nous sommes nourris lorsque nous étions sur la terre et qui nous a fait héritiers de Son Éternité.

Vous, mes chers enfants, qui avez idée de ces merveilles, faites-les connaître au monde et exhortez les hommes à croire au Ciel. Il n’y a là rien d’utopique. Il existe, au-delà des affres de la mort, un Royaume Céleste bien réel, invisible – telles les ondes – à la plupart des yeux de chair, et qui vous attend. Il vous suffirait de voir une once de ce Royaume pour être convaincus de l’Amour si Miséricordieux de notre Père du Ciel. Travaillez donc à votre perfection et restez fidèles au Bon Dieu. Aspirez au Ciel, mes enfants, et suppliez notre bonne Mère de vous y conduire à l’heure de votre mort.

Au nom de tous ceux que vous aimez et qui sont ici avec nous, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, au nom de la Très Sainte Vierge Marie, je vous bénis.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre

 

(1) L’Église ne s’est pas prononcée officiellement sur tous les détails que le lecteur trouvera dans ce message.
(2) Cf. Is 11, 6-7.