Message du 20 juillet 1984

Bien chers frères,

Ne cherchez pas à comprendre l’égalité sur la terre car elle n’y existe pas, bien que chacun soit considéré par Dieu comme Son propre fils. Ne jugez ni ne méprisez personne car vous ne pouvez jamais connaître les motifs secrets qui poussent l’homme à agir.

Lorsqu’il y a dans un pays une augmentation des salaires, chaque salaire, quel qu’il soit, est affecté du même pourcentage pour cette augmentation : la même somme n’est donc pas donnée à tous, et les hommes ne sont pas toujours d’accord sur ce point. Il en est un peu de même pour les mérites de chacun : celui à qui il a été donné par Dieu de grandes Grâces à exploiter n’est pas doté des mêmes possibilités spirituelles ni parfois même temporelles que les autres. En revanche, il lui sera demandé bien davantage ! Celui à qui il a été donné peu et qui utilise avec confiance et charité ce qu’il a reçu, fait fructifier un potentiel relativement maigre et ne dépare pas aux yeux de Dieu. Parfois même, il arrive que le résultat obtenu soit de loin bien meilleur que celui de l’homme à qui il a été beaucoup donné parce que ce dernier, cédant aux pièges du monde, ne consacre pas sa vie à plaire à Dieu.

Relisez, frères, la parabole des Talents (Mt 25, 14-30) : elle est essentielle pour comprendre l’attribution des biens spirituels. Que celui à qui il a été beaucoup donné ne se décourage pas lorsqu’il se sent en disgrâce ! Souvenez-vous du Fils Prodigue (Lc 15, 11-32) et oubliez le passé. Regardez une vitre sale : même un paysage ensoleillé vous paraît fade et sans couleurs lorsque vous le contemplez à travers elle. De même, si vous êtes à l’extérieur de la demeure et désirez jeter un coup d’œil à l’intérieur, vous ne verrez rien si la vitre n’est pas propre. La situation est donc à la fois déplaisante puisque vous ne pouvez voir, et anormale puisque la vitre ne remplit pas le rôle pour lequel elle a été conçue. Votre âme, chers frères, a été créée pour être comme la vitre, transparente, afin que Dieu, qui y a droit de regard, puisse faire pénétrer à l’intérieur les rayons de Sa Grâce, Son Soleil Spirituel. Si la vitre est sale, il est de votre devoir de la nettoyer. Et maintenant, écoutez ceci : lorsque vous avez causé du tort à l’un de vos frères et qu’il vous pardonne, son pardon agit sur vous en effaçant d’un côté de la vitre les souillures que vous y avez accumulées par votre attitude, mais cela n’est possible qu’avec le chiffon de votre propre repentir. Si vous ne vous repentez pas, vous êtes doublement condamnables dans la mesure où vous possédez le produit de nettoyage – le pardon d’autrui – et où vous ne l’utilisez pas… Ceci est un appel pressant à une réconciliation entre frères, dont vous n’avez pas encore compris l’importance pour la Vie Éternelle.

Mais ce n’est pas tout : un seul côté de la vitre serait alors nettoyé… Recevoir le Pardon de Dieu est indispensable pour que la vitre soit propre de l’autre côté. Avec un second chiffon, celui de l’humiliation, demandez, amis, à Dieu Son Pardon à travers Ses prêtres, et recevez-Le humblement, car c’est Lui qui vous redonne votre dignité d’êtres humains et votre honneur spirituel. Ne rechignez pas devant cette étape indispensable, nous vous le répétons : celui qui veut nettoyer lui-même sa vitre n’a jamais de chiffon assez propre. Il agit par orgueil et son âme n’est jamais totalement pure ! Méditez cette image, bien chers amis, et tirez-en les conclusions qui s’imposent.

Le Seigneur n’a pas dit qu’Il pardonnerait Lui-même les péchés des hommes directement. Il a dit à Ses envoyés : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 23) afin que Son Esprit Saint agisse à travers ces mêmes envoyés sur les hommes. L’acte d’humiliation n’existe pas chez les hommes qui s’adressent directement au Seigneur. De plus, la Parole restera toujours la Parole. Pourtant, certains qui la défendent avec tant d’acharnement et la citent avec tant d’érudition ne l’appliquent pas sur ce point… Qu’ils écoutent cette comparaison : pour créer un accord dans un chant, il faut nécessairement deux voix. Vous aurez beau vous égosiller, si vous êtes seul, vous n’obtiendrez jamais l’effet désiré. De même, pour créer un accord entre votre âme et Dieu, il faut aussi deux voix : la vôtre pour confesser vos péchés, et celle du prêtre, envoyé de Dieu, pour vous les pardonner au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Tout cela doit se produire concrètement parce que vous êtes dans la chair. Celui qui ne croit pas à la Présence Réelle et ne se confesse pas auprès d’un prêtre reste cohérent par rapport à sa foi puisque la célébration à laquelle il assiste n’est qu’une commémoration totalement vide de sens spirituel. Quant au catholique qui se confesse directement à Dieu et se permet d’aller recevoir Son Corps et Son Sang à travers la Sainte Eucharistie, il n’est plus en accord avec sa foi et manque de logique dans la mesure où, refusant l’acte concret de la Confession, il devrait aussi « communier » directement sans passer par le prêtre !… Et pourquoi demande-t-il aussi au prêtre le Sacrement du Baptême pour ses enfants, le Sacrement de Mariage, etc. ? S’il renonce à écouter la Parole pour ce qui est de la Confession, il doit rester logique avec lui-même et renoncer globalement à la Présence Réelle, aux Sacrements, et même à la Sainte Messe ! En effet, si pendant la Messe le prêtre ne consacre pas l’Hostie, cette cérémonie devient totalement dénuée de sens.

Si vous êtes chrétiens, vous devez accepter, mais aussi ressentir au plus profond de vous-mêmes, l’Enseignement de votre Christ. Il est l’Amour, la Résurrection et la Vie. Il s’est offert pour les péchés des hommes, donnant ainsi à chaque « vitre » la possibilité d’être « nettoyée » – pour reprendre notre comparaison. Ne Le décevez pas ! Et que celui qui rejette les vérités essentielles de la foi n’ait pas encore le toupet de se prétendre chrétien et de se donner en exemple !

+ Vos frères dans la Foi