Message du 20 juin 1984 (I)

Bien chers frères,

Vous qui aimez entendre parler du Ciel, écoutez ceci.

En pénétrant dans le Monde Invisible, l’homme est comme un spéléologue qui, muni d’un sac à dos rempli d’un attirail important, explorerait différentes galeries et visiterait différentes salles. Mais, comme vous le savez, les couloirs des grottes deviennent souvent de plus en plus étroits et les spéléologues doivent alors ne conserver de leur attirail que ce qui sera strictement nécessaire à la bonne marche de l’expédition. Il en est ainsi de l’Au-delà : l’homme au cours de sa vie accumule en sa personne bien des choses inutiles – attachements divers à la matière et aux plaisirs qui lui sont associés, à certaines habitudes, à une confortable étroitesse d’esprit, à des croyances qui, souvent, sont éloignées de la Vérité. De tout cela, il doit se débarrasser avant de pénétrer dans les Demeures Célestes.

En Purgatoire, les âmes sont des consciences exacerbées qui doivent peu à peu épouser la Vérité de Dieu. Si elles ont commis le mal fréquemment durant leur vie, elles souffriront bien davantage, mais certaines âmes doivent surtout y prendre conscience de la Miséricorde incommensurable de Dieu et aimer leur Père du Ciel en dehors de toute superstition. Elles doivent aussi se débarrasser des attachements qui leur ont été néfastes et découvrir les liens spirituels qui les relient aux autres âmes du Ciel et à celles de la terre.

Comme le spéléologue, l’homme débarrassé de son attirail doit lui aussi franchir un siphon pour pénétrer dans la Salle des Merveilles et accéder aux joies du Ciel : phase ultime de purification, l’homme, dépouillé de tout attachement matériel et armé seulement d’un amour invincible pour Dieu et pour ses frères, est alors admis à pénétrer dans la Grande Lumière et à se joindre à la foule des saints et des anges.

Lorsque ce détachement vis-à-vis des choses matérielles et des divers besoins qu’elles engendrent est accompli sur terre, lorsqu’une seule chose emplit le sac à dos de l’humain : l’amour pour Dieu et l’amour pour ses frères, lorsque le renoncement est total et ne coûte plus, lorsque le sacrifice est offert par amour et non plus par intérêt, comblant l’être de joie, lorsque l’état de Grâce devient permanent, alors le siphon est passé rapidement et les voies du Ciel sont ouvertes à l’âme dépouillée, offerte humblement à La Trinité Sainte. Ne pensez pas, chers frères, que cette situation soit chose courante parmi les humains ! II y a beaucoup d’appelés, mais tellement peu d’élus (Mt 22, 14) qui, dès cette terre, parviennent directement au pied de la Lumière !

Priez pour les âmes du Purgatoire, offrez pour elles des privations et des sacrifices, car Dieu, dans Sa Bonté, accepte souvent d’épargner celles qui auraient mérité l’Enfer lorsqu’Il vous voit souffrir pour leur salut dans votre amour blessé. Priez pour toutes les âmes pécheresses qui expient dans la souffrance les blessures qu’elles ont infligées au Seigneur, et qui sont dans l’attente du Ciel. Priez pour tous les hommes qui se condamnent aux Ténèbres pour n’avoir pas l’humilité de lever des yeux vers la Lumière, et à qui ces âmes crient : « Prenez garde ! Détournez-vous du mal sinon vous souffrirez comme nous souffrons !… »

Enfin, frères, demandez des Grâces pour atteindre à la perfection. N’hésitez pas à saisir celles qui vous sont offertes par Jésus le Christ et Sa Très Sainte Maman. Comme le maraîcher au pied du cerisier, saisissez les fruits qui sont à votre portée, mais n’oubliez pas que si vous voulez prétendre aux Grâces supérieures, vous devrez vous y éduquer par l’effort et la prière, le renoncement et la sagesse, l’amour et la charité, la franchise et l’humilité. Le maraîcher se doit hisser sur une échelle lorsqu’il veut ramasser les fruits des branches supérieures : élevez-vous aussi vers le Ciel, frères, et vous serez comblés.

Sinon, comme les fruits qui sont dérobés par les oiseaux ou se pourrissent s’ils ne sont pas ramassés, les Grâces qui vous sont offertes vous seront dérobées par d’autres ou vous resteront inaccessibles parce que vous ne vous serez pas élevés assez haut…

Puisse le Seigneur vous aider, par Son Esprit Saint, à comprendre tout cela et surtout à le mettre en pratique, car il ne s’agit pas seulement de comprendre et d’assimiler mentalement, il faut aussi agir ! Jésus-Christ n’a pas refusé la Coupe du Sacrifice : Il l’a laissée approcher et Il l’a bue jusqu’à la lie, concrétisant ainsi les Écritures. Qu’il en soit de même pour vous, chers amis dans le Christ !

+ Vos frères dans l’Espérance