Un souffle qui passe...

Message du 20 septembre 1987

Bien chers frères,

Vous ne comprenez pas comment Jésus, le Christ, a pu ouvrir aux hommes la Porte du Ciel. Cela va donc être l’objet de ce nouveau message.

Dans un jeu de fléchettes, il y a une cible et des fléchettes que le joueur doit envoyer, grâce à sa dextérité, au centre de cette cible. Dans un jeu de bowling, il y a des quilles disposées en triangle au bout d’un couloir, que le joueur, muni de plusieurs boules, doit abattre. Il est bien évident que le gagnant sera celui qui aura su abattre le plus grand nombre de quilles avec le minimum de boules…

Il en est de même pour les actes de la vie de l’homme. La cible représentant la perfection, l’être humain la doit viser en tout ; chaque fléchette représentant ses actes – et bien sûr ses pensées et ses paroles -, il doit ajuster son tir jusqu’à ce que le centre de la cible soit atteint par un maximum de fléchettes.

Au bowling, l’itinéraire le plus droit est également le meilleur : les quilles représentant les travers de l’homme et ses faiblesses, et la boule représentant la volonté humaine mue par la Grâce de Dieu, il est également nécessaire d’ajuster son tir afin d’abattre un maximum de quilles en un minimum de temps et de se retrouver vainqueur, libre de toute entrave !

Depuis l’origine, l’homme tirait ses fléchettes en l’air, vers le ciel, croyant ainsi pouvoir l’atteindre. Mais à un certain moment de leur trajectoire, elles déviaient, se retournaient, et piquaient invariablement vers la terre pour revenir à leur point de départ. Tous les efforts n’étaient que peine perdue. Les hommes s’agitaient, s’émerveillaient, espérant que, par quelque magnétisme, leurs fléchettes seraient à un moment attirées vers le haut, mais il n’en était rien. Alors Dieu, par Sa Loi, leur définit la cible. Finis les jeux futiles et les espoirs déçus ! Chacun pourrait enfin avoir un but et exercer ses talents, chacun pourrait mesurer ses efforts et ses progrès. Cependant, les hommes désespéraient de parvenir au but. « C’est infaisable ! disaient-ils. Jamais âme qui vive n’y est parvenue ! » Et Dieu leur envoya Son Fils pour leur donner l’exemple : corrigeant inlassablement chaque trajectoire, chaque faux mouvement, le Christ leur a non seulement expliqué mais aussi montré que cela était possible et que, même en Son absence, il leur suffirait de solliciter Son aide par la prière du cœur pour parvenir au but. Ainsi a-t-Il été le premier à tracer sur la terre la trajectoire parfaite et à atteindre la Cible. Son talent, Sa force infaillible, quels furent-ils ? L’Amour de Dieu en Lui, chers frères, un Amour total, parfait, qui a pu faire dire très justement aux hommes que vraiment, II était le Fils de Dieu ! Abattant sur Son chemin tous les obstacles, repoussant le Mauvais, Il fut le premier homme depuis la Chute à avoir jamais donné l’exemple de la Perfection totale. Enfin, par Son Sacrifice et Sa Victoire sur la Mort, Il a brisé les chaînes qui retenaient l’homme au péché, et lui a ouvert la Porte du Ciel.

Ainsi donc, bien chers frères, œuvrez à toujours suivre le chemin qu’a tracé pour vous le Christ, à toujours suivre cette trajectoire la plus simple, la plus directe, la plus lumineuse. Demandez-Lui Son aide : Il a promis qu’Il serait là. Alors vos fléchettes, imprégnées de Sa propre force, ne pourront qu’être attirées par le centre de la cible et atteindre leur but. Infusant aux boules de votre jeu la force de Sa Grâce, le Seigneur vous donnera assurance et courage contre les puissances du Mal pour vaincre avec Lui vos imperfections et pénétrer dans la douceur de Sa Lumière.

Chers amis, ne dites pas sans cesse, afin d’excuser vos faiblesses : « La perfection n’est pas de ce monde, nous ne sommes ni le Christ ni la Sainte Famille ! Laissons cela aux ascètes et aux fous de Dieu ! Nous sommes sur terre et nous devons profiter de tout ce que Dieu a créé pour satisfaire notre bien-être sans rien rejeter, car ce serait faire un affront à Sa Divine Majesté que de ne pas utiliser les présents qu’Elle nous a faits ». Ces paroles sont les arguments perfides du Tentateur :

« Pourquoi ne pas goûter à tous les fruits du Jardin ? Si Dieu vous a défendu ces fruits-là, c’est parce qu’ils contiennent tout Son Savoir, toute Sa Science, et qu’ils feraient de vous des dieux égaux à Lui. Comment voulez-vous être des hommes complets sans connaître cela ? Cette connaissance serait pour vous un enrichissement considérable ! Il faut tenter l’expérience, il faut ne serait-ce que goûter… Vous verrez bien si le goût vous convient ! De toute façon, vous ne vous empoisonnerez pas si vous ne faites qu’approcher le bout de votre langue… Lâches ! Pourquoi ne le faites-vous pas ? Vous avez peur d’être punis, avouez-le ! Mais Dieu n’en saura rien ! Il y a tellement de fruits sur l’arbre, comment voulez-vous qu’Il s’en rende compte ? Écoutez-moi bien : vous passez près de l’arbre, comme vous le faites chaque jour, et discrètement, sans vous arrêter, vous cueillez un fruit au passage. C’est tout ! Ne croyez pas que Dieu les compte chaque matin : je ne L’ai jamais vu le faire, je vous le garantis ! Allez, approchez-vous et vous verrez ! Vous êtes stupides ! Vous ne savez pas ce qui pourrait vous faire du bien ! Vous estimez-vous satisfaits de tourner ainsi à longueur de journée dans ce jardin ? d’admirer ce qui est autour de vous ?

N’aimeriez-vous pas, vous aussi, créer ? faire pousser d’autres arbres à des endroits où il n’y en a pas ? manger des fruits de goûts différents ? voir d’autres horizons ? Vous vous croyez heureux parce que vous n’avez jamais vu autre chose que cette prison dans laquelle Dieu vous a mis ! Vous ne savez pas ce qu’est le désaccord. Vous avez le droit de dire « Non ! » à Dieu. Moi, je l’ai fait ! et je suis libre d’aller où je veux, quand je veux, comme je veux ! Regardez-moi : ai-je l’air malheureux ? Ah ! que d’expériences je vous ferai faire si vous m’écoutez ! Je vous apprendrai à créer d’autres hommes à votre image, nous percerons ensemble les secrets de la vie, nous organiserons une terre que nous dirigerons comme nous le voulons et où Dieu n’aura plus aucun pouvoir. Moi, au moins, je vous associerai à mes pouvoirs, je vous ferai participer aux affaires de mon gouvernement. Je ferai de vous des rois, des ministres, et vous aurez autorité sur tous les puissants de votre royaume ! Je vous donnerai les moyens d’embellir vos corps et de les rendre attirants, je vous apprendrai à vous désirer, je vous ferai connaître le plaisir. Je vous apprendrai à vous battre pour posséder, à détruire les éléments qui barrent votre route et à avancer plus loin, toujours plus loin dans la liberté ! Je ferai de vous les maîtres du monde ! »

Chers frères, est-ce pour écouter ce genre de propos que vous êtes sur terre ? Est-ce pour vous laisser séduire par l’argent, par les pouvoirs, par la connaissance ? Ah ! comme la cible de Dieu est éloignée de cela ! Tous ces éléments ne vous conduiront jamais qu’à la terre, comme ces fléchettes que lançaient désespérément les anciens vers le Ciel, n’ayant point encore compris où se trouvait la véritable Cible. Car, si vous voulez, amis, atteindre le Ciel, ce n’est pas en visant les nuages ! C’est au contraire en armant votre cœur de l’Amour de Dieu et en luttant concrètement contre le Mal et ses perfides arguments sur cette terre. C’est en faisant de chacune de vos pensées, de chacun de vos gestes et de chacune de vos paroles des réceptacles de douceur et d’amour. C’est en suivant le chemin tracé par le Christ sans exaltation ni précipitation mais dans la confiance. C’est en recherchant en tout la perfection sans vous décourager, et, lorsque vous manquez la cible, en acceptant l’échec comme une étape vers un résultat meilleur.

Alors, frères, méditez sur cet Amour Incommensurable de Dieu qui attend que Ses enfants Le suivent et Le rejoignent dans Son Ciel de Gloire. Ne recherchez pas d’illusoires illuminations, ne conduisez pas vos frères dans d’autres voies que celles du Christ vrai Dieu et vrai Homme ! Ajustez votre tir avec Lui, et d’une seule boule abattez le Mal qui fait obstacle à votre but. Vous obtiendrez ainsi un honneur double : celui d’avoir satisfait votre Père du Ciel et celui d’avoir fait progresser vos frères de la terre. Car, vous l’oubliez souvent, toute âme qui progresse élève avec elle le monde !

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Qu’Il vous détourne des perfides arguments du Malin et fasse de vous de vrais fils de lumière pour l’Éternité du Ciel.

+ Vos frères dans la Vérité