Message du 24 décembre 1982

Bien chers frères,

Noël n’est pas une fête comme les autres.

Il y a presque deux mille ans, dans le sein d’une Vierge conçue sans péché, s’est incarné le Verbe de Dieu, Esprit d’Amour et de Vérité. Incarnation de l’Idéal humain, de l’Unique Perfection, le Christ est venu donner aux hommes un avant-goût de Paradis et leur montrer le chemin qu’ils ont la liberté de choisir pour y accéder. Ce n’est pas chose facile : la perfection ne s’acquiert pas sans luttes ni efforts, sans souffrances ni privations. Mais Dieu, comme Il a envoyé Son Fils, peut vous envoyer Sa Grâce Sanctifiante et alléger vos efforts en précipitant dans les esprits sages les transformations escomptées.

Ce qui différencie l’homme de Jésus Fils de l’Homme, c’est le Péché Originel, dont Jésus ne fut pas victime en Son Corps de chair. Ce péché n’est pas un mythe ; il existe d’une manière concrète en chacun de vous et se transmet à travers la chair par la voie de l’hérédité. Chacun porte à sa façon le poids des erreurs de ses pères en sa chair et en ses structures cérébrales. C’est un fait, et Dieu seul, par Sa Grâce, peut vous sauver de cette tare. Si « le premier homme, issu du sol, est terrestre, le second, lui, vient du ciel » (1 Co 15, 47), et ce dernier peut modeler le premier, le transformer, le purifier : il est l’homme spirituel à l’écoute de Dieu par son âme, fille du Père, Sœur du Christ en l’Esprit Saint. C’est elle qui donne au premier homme la Vie qui n’a pas de fin en s’épanouissant en lui, en purifiant ses pensées, en sanctifiant sa chair, en modifiant les structures mêmes de ce psychisme soumis depuis la plus tendre enfance aux différentes influences du monde et malade du péché des hommes.

Comment faire comprendre aux hommes d’il y a deux mille ans qu’ils pouvaient se transformer, sinon par l’Exemple des exemples et à travers des paraboles si riches en enseignements ?

Mais aujourd’hui, frères, où les progrès de la science atteignent des dimensions qui peuvent nuire à l’humanité tout entière, il faut que vous compreniez que votre système cérébral est d’abord le résultat physique et psychique de celui de vos ascendants, transmis par vos parents dès votre conception ; puis, le résultat de l’influence qu’a exercée sur vous le monde – comprenez votre environnement immédiat pendant l’enfance, puis votre environnement scolaire, l’influence de vos lectures tout autant que celle des médias et des comportements humains considérés comme normaux ou anormaux par votre société - ; enfin, le résultat de l’influence spirituelle – influence dont malheureusement l’homme d’aujourd’hui se soucie fort peu – qui le pousse au bien lorsqu’elle est soumise à l’Esprit Saint, et au mal lorsqu’elle provient des démons ou esprits mauvais dont l’esprit humain peut capter les exhortations.

Comment vous débarrasser de cet ensemble d’influences qui, hormis celle de l’Esprit Saint et de Ses envoyés, ne cherchent, par la puissance du Démon, qu’à corrompre votre chair, votre esprit, et cette âme même qui vous est si précieuse ?

D’abord par un travail volontaire exercé sur vous-mêmes : ce travail doit partir du désir de mieux penser et de mieux agir dans le but de plaire à Dieu et de se rapprocher de Lui. En cela, la prière est un élément indispensable à l’élévation de l’âme qui fait alors partager ses aspirations à l’esprit prisonnier de la matière. La prière récitée et assidue pénètre l’être humain tout entier au point d’écarter toute autre pensée de son esprit et de maintenir dans cet ordinateur bouillonnant la paix. Mais la prière peut aussi être vécue en oraison perpétuelle, l’esprit s’attachant à ne penser qu’à Dieu, à ne vivre que par Dieu aussi souvent qu’il se trouve libre de ses pensées matérielles quotidiennes (travail, famille, etc.). Chaque événement extérieur est alors vécu dans la paix s’il est tragique, Dieu éclairant l’esprit humain de Son Amour et celui-ci Lui répondant par une confiance de chaque instant ; dans l’amour s’il est hostile, Dieu permettant à l’esprit humain de ne voir chez l’ennemi que les qualités dont Il l’a nanti ; dans la joie si Dieu favorise un autre être que lui de dons, de qualités ou de Grâces particulières, l’esprit humain ne ressentant plus alors aucun sentiment de jalousie ou d’égoïsme et ne cherchant pas sans cesse à se comparer à autrui ; dans la bonté si son prochain est dans la détresse ou la nécessité, cette bonté n’étant empreinte d’aucune forme de présomption ou de sens du devoir, mais d’une pitié naturelle, d’une compassion spontanée.

En élevant ainsi votre esprit, vous le faites communier avec votre âme que votre état ravit et qui s’élève alors davantage vers la recherche de la perfection en l’Unique Esprit.

Mais, bien chers frères, tout cela n’est pas suffisant si vous ne possédez la Grâce, car sans la Grâce, vous n’êtes rien. Il s’agit ensuite de demander à Dieu de vous aider à vous débarrasser de votre péché passé afin qu’il n’influe pas sans cesse sur vos pensées et vos actes présents. À travers une sincère confession, Dieu vous pardonne et vous donne un état de Grâce qu’il est bon de maintenir en vous. Comment cela se peut-il ?

L’Église des siècles passés a pu sembler bien sévère en imposant à Ses fidèles des Commandements qui font aujourd’hui sourire de nombreuses personnes… Chers frères, c’est que l’Église voulait préserver Ses fidèles des occasions de pécher – comprenez : d’être tentés et de créer ainsi dans leur esprit des images mentales qui, associées à certaines réactions émotionnelles, deviennent indélébiles et suscitent ensuite toujours les mêmes réactions (envie, colère, convoitise, jalousie, impureté, etc.). Le Père connaît l’homme beaucoup mieux que vos psychologues. Il sait qu’il est esclave des habitudes qu’il se forge quotidiennement en continuant d’accumuler en lui des images mentales qui peuvent être sources de péché. Car le péché ne se situe pas au niveau des actes seulement, frères, mais au niveau de la pensée, de la formation de ces images mentales qu’une bonne discipline cérébrale, guidée par la Grâce Divine, pourrait vous aider à rejeter comme vous rejetez de vos lèvres un aliment avarié ou dont le goût vous déplaît. Il faut tuer le mal à sa racine, racine qui se situe au niveau de votre cerveau. Car une fois que le mental a absorbé volontairement les images de la tentation, il a souvent grand peine à les écarter : elles le hantent, le harcèlent jusqu’à ce que l’être tout entier brûle et cède à leur pression. Pourquoi de simples pensées adultères « souille (raient-elles déjà) l’homme » si cela n’était pas vrai ? Souvenez-vous, frères, des paroles de Jésus (Mt 15, 10-20) !

Demandez à Dieu de vous aider dans cette discipline mentale consentie. Demandez au Père d’élever votre esprit, d’élever votre âme à l’état de Grâce. Que votre ange gardien vous guide et vous parle, qu’il vous conduise vers le bien et la Liberté de Dieu, loin de l’aliénation du monde matériel et de tous ses impératifs. Ne vous comparez pas sans cesse aux autres êtres humains, ne vivez pas pour le monde, vivez pour Dieu. Contentez-vous de vivre dans le monde avec simplicité, amour et confiance. Vivez une communion toujours plus grande avec le Christ dans l’Esprit Saint.

          + Vos frères dans la Foi