Message du 26 juillet 1992

Mes très chers enfants,

Je viens vous dire de ne pas vous laisser décourager par les opinions humaines, même lorsque les hommes sont en grand nombre contre vous. Vous défendez votre foi en Jésus ressuscité, et vous avez raison !

Vous serez accusés de vivre une foi trop sensible, de trop aimer Notre Seigneur, de trop idéaliser votre religion et d’avoir des opinions parfois trop sectaires. N’ayez aucune inquiétude ! Vous êtes dans la Vérité, celle de Dieu, et les idées que vous défendez sont immuables. Vous êtes, mes enfants, tournés vers Dieu et non point sans cesse à l’écoute de votre propre personne, à l’écoute de vos propres opinions, de vos propres pulsions, de vos propres désirs. Vous regardez sans cesse vers le haut au lieu de contempler votre propre nombril et de prendre sans cesse votre température spirituelle. C’est cela qui fait votre force ! De plus, vous vous soumettez sans résistance à l’enseignement de Notre Seigneur et restez fidèles à son Église par souci d’obéissance, et cela vous apporte de grandes grâces.

Les personnes qui vont vous attaquer sont tournées vers elles-mêmes. Leur réflexion personnelle, tout orientée vers le monde et vers la chair, les a poussées à rejeter une bonne partie des vérités essentielles de la foi et à se détourner de Rome, qu’elles considèrent comme une autorité désuète dont elles n’ont plus besoin. Cette réaction est souvent la conséquence d’une éducation chrétienne mal assimilée et malheureusement mal faite, dans la plupart des cas.

Ah ! si ces personnes pouvaient avoir la sagesse de se dire que nulle vérité ne saurait dépendre de la façon dont une éducation a été faite ! Pourquoi rejettent-elles les merveilles qui leur ont été enseignées en même temps que la manière dont elles ont été enseignées ? Dans la vie de tous les jours, viendrait-il à l’idée de qui que ce soit de nier que deux et deux font quatre sous prétexte qu’un maître l’a enseigné à coups de règle sur les doigts ? Au contraire, ceux qui ont subi ce genre de pression à l’école sont souvent les premiers à en remercier leurs anciens instituteurs en disant : « S’il n’avait pas été aussi sévère, nous nous serions sûrement laissés aller et nous n’aurions pas appris grand chose ! »

Mais dès qu’il est question de religion, il en va tout autrement : non seulement on blâmera le prêtre qui a parlé de l’enfer avec trop de véhémence, mais on rejettera aussi la notion d’enfer parce qu’elle a frappé trop fort notre imagination dans notre enfance. On rejettera la notion de pureté parce qu’elle a été trop associée à celle de péché. On rejettera la messe dominicale et la Confession parce que, dans l’enfance, on a été forcé de s’y rendre, de la même façon qu’on refusera parfois de manger un aliment parce qu’on a été forcé à le consommer quand on était enfant. Toutes ces réactions ne sont que les conséquences d’un conditionnement mal vécu, et il suffit d’un peu de bon sens pour s’en rendre compte. C’est pourquoi celui qui abandonne Dieu et les vérités de la foi sous prétexte que quelque prêtre ou quelque religieuse a manqué de psychologie à son égard ou même abusé de lui ne fait pas preuve d’intelligence. L’existence de Dieu et les Commandements sont des vérités que nul ne devrait rejeter simplement à cause de la manière dont ils ont été enseignés ou du comportement – fût-il malhonnête – de celui qui les a enseignés.

Au lieu de se jeter humblement au pied de la croix, le pécheur invétéré, l’athée, le prêtre défroqué se trouveront toutes les raisons et toutes les excuses à leurs faiblesses : une enfance malheureuse, une éducation trop autoritaire, une sexualité trop longtemps réprimée, et, bien sûr, une prise de conscience de soi, de ses propres besoins, de ses propres désirs, et une libération par rapport à une éducation mal vécue.

Mes enfants, tout cela n’est jamais centré que sur l’homme, sur la façon dont il ressent les choses, sur la façon dont il souhaite vivre sa propre vie en fonction des modèles que lui offre la société. Cependant, quel homme est capable de prendre conscience du fait que le conditionnement qu’il a rejeté, parce que trop répressif, dans le passé, exerce sur lui aujourd’hui la même force sous la forme d’un laxisme compensatoire facile et séduisant ? L’homme qui cède à cette tentation est comme un enfant qui se brûlerait le doigt et qui le tremperait sans réflexion dans de l’acide chlorhydrique, croyant que parce qu’il s’agit d’un liquide froid, cela va le soulager.

Une première souffrance offerte à Notre Seigneur vaut souvent beaucoup mieux qu’une destruction irréfléchie de l’être tout entier ! Mes enfants, vous le verrez, les personnes qui vous attaqueront sont des écorchées vives. Une réflexion trop égoïste sur elles-mêmes les a conduites à rejeter les merveilles de la foi et à vouloir, à leur tour, faire preuve, par rapport à Rome, d’un dirigisme outrancier. Vous aurez certainement beaucoup de mal à les raisonner car leur cœur est rempli d’amertume et de haine. Pour vous, montrez-leur que l’obéissance à l’Église vous apporte sécurité et épanouissement en dépit des sacrifices qu’elle demande. Notre Seigneur a-t-il été traumatisé par l’obéissance ? Et n’est-il pas allé jusqu’au sacrifice suprême de la Croix, qu’il aurait pu éviter s’il n’avait pensé qu’à lui-même en tant qu’homme et non pas en tant que Sauveur de l’humanité ?

Mes enfants, tout homme qui regarde vers Dieu plutôt que vers lui même, et qui regarde ensuite vers ses frères, riche de sa contemplation et de l’enseignement de l’Esprit Saint, est dans la vérité, et est lui-même un reflet de cette vérité et un exemple aux yeux des autres. Tout homme qui ne cherche qu’à s’analyser, qu’à se regarder, qu’à se comparer aux autres, qu’à progresser dans son humaine nature sans l’aide de Dieu, tout homme qui n’est pas humble et refuse de vivre comme Dieu veut qu’il vive mais comme lui-même croit que Dieu veut qu’il vive, est dans l’erreur.

Continuez de vivre sous le regard de Dieu, mes enfants. Restez fermes et rigoureux dans votre foi. Je vois qu’à la lumière du monde d’aujourd’hui, vous comprenez pourquoi j’ai pu rester si hostile à certaines choses et si prudent dans les conseils que je donnais, pour leur sainteté, à mes ouailles et à mes frères prêtres. Vivez de perfection et vous verrez que la perfection n’est pas une utopie. Grand merci de vous être déplacés pour visiter mon établissement et mon église, mes chers enfants. Dominique et moi ainsi que Cafasso avons été très heureux de votre visite. Nous vous avons guidés et aidés, et nous continuerons de le faire à travers cette œuvre, qui est bénie de Dieu. Œuvrez, mes enfants, dans la simplicité. Soyez bons et patients. Je sais que l’emportement n’est pas une vertu puisque j’ai dû rendre des comptes à Notre Seigneur pour cela ! Puissiez-vous toujours conserver votre calme en toute circonstance tout en sachant dire avec force et clarté ce qui n’est pas en accord avec l’enseignement de Notre Seigneur.

Qu’il vous bénisse, mes enfants, et que la Sainte Vierge vous protège. Lisez la vie de saint Philippe Néri : elle vous séduira par de nombreux aspects.

+ Giovanni Bosco, prêtre