Message du 28 janvier 1990 (I)

Bien chers frères,

Nous vous exhortons à relire nos précédents messages au sujet de la Sainte Messe et à prier afin que les prêtres la célèbrent fidèlement en respectant la liturgie.

Nous vous avons déjà expliqué combien il déplaît au Seigneur de voir le Saint Sacrifice transformé en mascarade et les fidèles s’approcher du Saint-Sacrement sans respect.

Méditez, chers amis, sur le sens du mot « Communion », et voyez combien il a perdu de son caractère sacré. Apprenez à respecter cet instant solennel qu’est la rencontre avec le Seigneur. Ne vous laissez pas distraire par des musiques criardes ou des chants trépidants. Ouvrez votre âme au Seigneur dans le silence intérieur de votre cœur, et dites à Dieu votre amour et votre immense joie de Le recevoir. Laissez votre cœur se dilater en Sa Présence Sanctifiante et donnez-vous à Lui tout entiers. Sentez cette Présence vous envahir et vous inspirer, vous apaiser et vous transformer, vous encourager et vous emplir d’amour. Fermez-vous au monde extérieur afin que cet instant privilégié soit une véritable Communion avec Dieu et avec le Monde Céleste.

Mais, direz-vous, « Nous n’avons pas la Grâce qu’ont les mystiques de ressentir la Présence de Dieu… » Et pour cause, chers amis, car il semble bien que dans certaines paroisses, tout contribue à ce que vous ne ressentiez rien du tout ! Des chants sont entonnés, qui vous écorchent les oreilles ; la foule se précipite, main tendue, vers des laïcs qui distribuent la Sainte Communion, alors que des prêtres présents vaquent à d’autres occupations… Où donc est le recueillement ? Où donc est le respect ? Pis encore, les fidèles qui souffrent de cette situation et qui osent en parler passent à présent pour des êtres sectaires, intolérants, et trop attachés aux traditions.

Frères, combien, en fait, vous pouvez vous montrer désinvoltes envers la liturgie et envers Notre Seigneur Lui-même pour la simple raison que vous ne voyez pas Sa Présence ! Lorsque, dans votre vie, des personnes se permettent de modifier vos habitudes, n’êtes-vous pas pourtant les premiers à vous montrer fort mécontents ? Un jeu de société dont les règles se voient modifiées n’est plus le même jeu. Et les personnes qui se permettraient d’en transgresser les règles seraient fort justement appelées « tricheuses ». Il en va de même du sport : tout joueur désobéissant est immédiatement disqualifié. Dans le domaine social, toute loi enfreinte, tout règlement violé voit le contrevenant s’exposer à la prison ou à l’exclusion. Mais lorsqu’il s’agit de Notre Seigneur, chers frères, combien vous vous moquez des « règles » de la Sainte Messe et du respect que vous devez à Dieu !

Tels ces deux écoliers qui étudient leur leçon, l’un sérieusement à sa table de travail – et il saura la réciter parfaitement au maître -, et l’autre distraitement devant la télévision sans rien retenir, il existe deux catégories de chrétiens : ceux qui, au moment de l’Eucharistie, savent se recueillir et se couper du monde pour dialoguer avec Notre Seigneur au fond de leur cœur et être enseignés et guidés par Lui dans une véritable Communion – ils en retirent de grands bienfaits ! -, et ceux dont l’attention reste happée par un certain activisme ou par leur entourage, et qui, dès lors, se coupent de toute intimité avec le Seigneur : l’Eucharistie se limite souvent pour eux à une simple communion fraternelle avec l’assemblée, et cela, chers frères, est fort dommage. Parfois seuls ou malheureux dans la vie, ces êtres trouvent dans de telles manifestations communautaires le réconfort d’un partage et d’un peu d’amitié. Ainsi, plus il leur est donné l’occasion de « participer » activement, et plus ils en retirent de satisfaction. Outre l’« animation » de la Messe dominicale, la plupart d’entre eux, avides de responsabilités, ont également le séminaire du lundi, la chorale du mardi, le cercle de réflexion du vendredi et le groupe de prière du samedi. D’autres n’ont-ils pas aussi, chers frères, l’entraînement au volley-ball du lundi, le basket-ball du mercredi, le ciné-club du jeudi, et la « médit’ » du samedi ? À n’en pas douter, certains seront agacés par cette comparaison. Cependant, ils doivent savoir que ce n’est pas au moyen de cette « réunionite » qu’ils rencontreront jamais Notre Seigneur. Mais en vérité, souhaitent-ils réellement Le rencontrer ? « Nuques raides, dit Paul, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! » (Ac 7, 51)…

Alors, frères, qu’attend de vous Notre Seigneur ?

« Quand vous priez, n’imitez pas les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu’on les voie. En vérité, Je vous le dis, ils ont déjà leur récompense. Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Mt 6, 5-6).

Lorsque vous avez communié, sachez donc vous retirer en vous-mêmes et fermer la porte sur le monde extérieur pour ne vous consacrer qu’à Dieu et dialoguer avec Lui dans le secret, car Il est là qui vous écoute et qui vous parle.

Ne décidez pas par vous-mêmes comment il plaît au Seigneur que vous honoriez Sa Présence, et, si vous êtes tentés par trop d’agitation au détriment de l’oraison, rappelez-vous l’ouragan, le tremblement de terre et le feu de l’Ancien Testament (1 R 19, 12) : le Seigneur n’était point dans ces manifestations exubérantes, Il était dans « le silence d’une brise légère ». Comprenez alors combien Il affectionne le silence de cœurs respectueusement recueillis plutôt qu’une animation permanente à tout prix… Frères, ne vous laissez pas non plus séduire par de savantes dissections des Écritures. Ne vous laissez pas pénétrer par le faux esprit qui pousse exclusivement vers l’action sociale et délaisse les âmes.

 

Que vos prières soient profondes.
Que votre oraison soit une véritable conversation avec Notre Seigneur.
Qu’elle soit écoute.
Que votre Communion soit totale, parfaite.
Que votre âme soit toute fondue, tout abîmée en Dieu.
Que vos confessions soient fréquentes et sincères.

 

Ainsi seulement rencontrerez-vous l’Esprit Saint dans l’amour authentique et le bonheur contenu d’un discret abandon. Alors, c’est Lui qui vous dira quel est votre devoir et quel est votre Dieu.

Que le Seigneur Tout-Puissant vous bénisse.

+ Vos frères dans la Foi