Message du 29 octobre 1984 (II)

Bien chers frères,

Que les paroles de Notre Maître vous apportent la paix et ne sèment pas le trouble dans votre esprit. En effet, le Seigneur n’a-t-Il pas dit : « Vous serez parfaits comme votre Père du Ciel est parfait » (Mt 5, 48) ? Dans la perfection, il n’est plus de choses permises ou de choses interdites : c’est l’âme qui, sous l’effet de la Grâce Sanctifiante, choisit sa voie. Cette voie n’est que lumière et pureté et elle ne saurait tolérer l’imperfection, qui la fait terriblement souffrir. Comprenez qu’il s’agit là d’une voie individuelle, d’un appel intérieur, et que, dans l’état où est le monde, la Parole de Vérité ne peut-être délivrée que très prudemment et très progressivement. Tel a toujours été le rôle de l’Église et du Pape, qui doivent filtrer les messages de l’Esprit Saint, et, sous l’influence de ce même Esprit, ne délivrer aux hommes que la quantité d’information nécessaire à une progression sans violence.

L’enseignant qui possède un grand savoir ne révèle pas tout ce savoir le même jour à l’élève qui débute. Le chercheur qui a fait une découverte capitale ne communique pas au monde d’emblée tous les résultats de ses recherches : ceux-ci pourraient choquer, bouleverser, être mal interprétés, jugés avec des critères inadaptés au nouveau raisonnement, ou encore être utilisés dans un but différent du but initial. La prudence est donc recommandée. Soumise à plusieurs commissions, la découverte est exposée dans le plus grand secret, discutée, analysée, puis une décision est prise pour le bien de tous. Il devrait, tout au moins, en être ainsi…

Le Message donné par le Seigneur ce matin risque d’être mal compris par de nombreuses personnes qui y verront une atteinte à leur liberté. Pourtant, il apportera une grande paix aux âmes qui recherchent la perfection et veulent rencontrer le Seigneur dans la vérité de Ses Commandements.

Le Saint-Père, dans sa grande sagesse, ne peut imposer au monde de telles paroles même s’il sait qu’elles sont inspirées, car il sait également que ces paroles éloigneraient de nombreux chrétiens de l’Église, comme le montrent déjà les protestations de certains au sujet de l’avortement et de la pilule contraceptive… En effet, les êtres qui suivent le Commandement de pureté sont des malades aux yeux du monde, alors qu’ils sont sur le chemin de la sanctification aux yeux de Dieu. Souvent, la conscience de l’homme moderne désire être « en règle » avec Dieu pour hériter un jour d’une place en Paradis, mais elle n’hésite pas à rechercher, au sein même de cette légalité que représente le Mariage chrétien, les plaisirs des sens les plus variés et même les plus pervers. Quelle hypocrisie, chers frères ! Quelle lâcheté ! Mais le Seigneur n’est pas dupe…

Nous vous l’avons redit bien des fois, amis, la religion chrétienne n’est pas une religion où il n’est question que de lois et de principes : elle est une religion d’amour*. Certaines tribus, que vous considérez comme sauvages, auraient beaucoup à vous apprendre sur le plan de la chasteté, car elles vivent chaque jour les paroles du Seigneur sans même le savoir…

En rappelant au chrétien qu’il doit avoir une vie saine, où l’usage de contraceptifs est banni, le Saint-Père reste fidèle à l’Esprit qui anime l’Église. Une meilleure connaissance du fonctionnement de vos corps devrait vous aider non point à abuser de ceux-ci pendant les périodes non fertiles et lutter contre vos pulsions le reste du temps, mais, bien au contraire, à calmer vos pulsions et choisir le moment le meilleur pour donner naissance à un enfant.

Comment parvenir à vous faire comprendre que vous n’êtes que les esclaves de vos habitudes, et que l’emprise que vos sens ont sur vous ne provient que de celles-ci ? Ceux qui vivent dans la chasteté savent combien leurs luttes sont amoindries, jusqu’à devenir insignifiantes et même à disparaître totalement s’ils sont fidèles aux règles de vie recommandées par le Seigneur.

Le Seigneur vous recommande de fuir les tentations : c’est l’attitude la plus sage, car le Démon est rusé et tente, à chaque instant, de vous faire chuter ! En revanche, si vous vivez avec le Seigneur, dans le Seigneur, si votre corps est le temple de Son Esprit Saint, ne soyez pas inquiets ! Pourtant, afin que votre humilité soit mise à l’épreuve, et que vous ne vous considériez pas comme les vainqueurs de vos passions, le Seigneur, de temps à autre, se retirera de vous et vous serez tentés plus fortement… Opposez alors à vos pulsions force et résistance et rappelez à vous le Seigneur par le jeûne, les prières et les implorations. Renouvelez votre consécration jour après jour, et restez sous la tutelle de la Vierge Toute Pure, qui continuera de vous protéger en Bonne et Puissante Maman, contre le Malin.

Comprenez que dans l’amour, aussi bien celui de Dieu que celui du couple qui désire Lui être fidèle, les naissances d’enfants n’ont pas à être systématiquement évitées ou exclues par quelque procédé que ce soit, même ceux qui sont dits « naturels ». Ne décelez-vous pas, en effet, dans l’utilisation que certains font de ces méthodes, l’égoïsme de l’homme et de la femme désirant profiter réciproquement d’un plaisir tout en refusant la fécondité – plaisir qui appelle dans le corps de nouveaux désirs plus forts et plus pressants ?… N’avez-vous pas remarqué que la plupart des problèmes des couples d’aujourd’hui relèvent de la sexualité la plus physiologique, qui ne se préoccupe que de plaisir et n’a strictement rien à voir avec la procréation ?…

Ah ! bien chers frères, comme le monde est loin du Seigneur et de Sa Douce Maman ! Combien les couples seraient heureux s’ils ne centraient pas leur vie conjugale exclusivement sur l’expression de la sexualité la plus primaire ! Si les plaisirs de la chair étaient aussi « licites » en toute circonstance que certains le prétendent – et particulièrement en dehors d’une ouverture à la vie -, pourquoi la Très Sainte Vierge, à qui vous vouez une admiration et une vénération toute particulière, serait-Elle restée vierge ? Pourquoi saint Joseph serait-il resté Son très chaste époux ? Méditez cela. Nous répondrons aux questions que vous formulerez au fond de votre cœur si des éclaircissements doivent de nouveau être donnés. Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous.

+ Vos frères dans la Vérité

 

* Cf. Abbé Marc-Antoine Fontelle, « La famille, sanctuaire de la vie » in Construire la civilisation de l’Amour – Synthèse de la doctrine sociale de l’Église, Éditions Pierre Téqui, 1998, pp. 631-645.