Message du 3 mars 2019

Mon fils,

Ta peine pour mon Église me touche. Tu es un membre de ce Corps et tu te sens blessé par toutes ces meurtrissures, toutes ces salissures que des membres de mon clergé lui ont infligées, et qui se voient, en ces temps, révélées au grand jour.

Tout cela n’est que justice car il n’est rien de caché qui ne sera révélé, rien de secret qui ne sera connu (cf Lc 12, 2). Les êtres humains, mon enfant, ont des qualités, qui correspondent aux talents déposés en eux par mon Père, et qu’ils se doivent de faire fructifier. Mais ils ont aussi des zones ténébreuses, issues du Péché Originel, qui se sont implantées en eux et qu’ils ont parfois entretenues par la perversité de leur regard.

Mes fils et mes filles doivent toujours veiller à purifier leur regard, car c’est en purifiant leur regard qu’ils peuvent faire entrer en eux la lumière. La lampe du corps, mon fils, c’est l’œil. Si l’œil est malade, c’est tout le corps qui est ténébreux. Si l’œil est lumineux, c’est tout le corps qui est lumière (cf. Lc 11, 34-36). Un œil lumineux, c’est un œil sain qui ne se laisse pas attirer par les choses malsaines du monde charnel. Et tu sais, mon fils, combien cela est difficile, surtout lorsque le Démon use de ses stratagèmes et de ses artifices pour conduire les âmes au péché. Nul être humain n’est à l’abri de ses ruses ni d’éventuelles chutes. Cependant, ce qui importe, c’est de savoir s’en relever le plus rapidement possible en sollicitant mon aide et celle de ma sainte Mère, d’avoir l’humilité de s’en confesser auprès d’un prêtre de mon Église catholique, de prendre la ferme résolution de ne plus retomber dans le même travers, et aussi de s’en donner les moyens.

Lorsque je parle de « moyens », j’entends l’éloignement de la source des tentations tout autant que le traitement de la blessure psychique qui a donné lieu au problème. Un bon urologue ou un bon gynécologue n’est pas assailli par les tentations : son œil reste professionnel, et les actes qu’il pose sont purs car il accomplit son devoir d’état. Cependant, nul n’est à l’abri des dérapages. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre tout en œuvre pour les éviter à tout prix, et, si dérapage il y a, de bien vite retrouver le droit chemin, celui de l’état de grâce.

Ceux qui pèchent gravement contre la chasteté, que ce soit par une curiosité malsaine, par des actes impurs volontaires, des relations sexuelles en dehors des liens du mariage, ou avec des personnes du même sexe, ou avec des enfants ou même avec des animaux, doivent absolument rompre avec ces comportements dépravés et revenir dans la communion de mon Église le plus tôt possible. Car ma miséricorde est incommensurable et j’accorde mon pardon à toutes les âmes qui, avec sincérité, prennent conscience de la gravité de leur faute et se tournent vers moi amoureusement.

Je vous ai dit que si quelqu’un scandalisait l’un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui de se voir suspendre autour du cou une meule de moulin et d’être jeté à la mer (cf. Mt 18, 6). Je vous ai dit aussi, afin d’éviter que cela ne se produise, que si votre œil était pour vous une occasion de chute, vous deviez l’arracher et le jeter loin de vous (cf. Mt 18, 9). Comprenez que la force des pulsions sexuelles peut atteindre, chez certains individus, une puissance considérable. C’est pourquoi ceux-ci doivent apprendre à les canaliser plutôt que de leur céder pour commettre le mal. Que tous mes enfants que leur œil porte à pécher et qui se complaisent dans l’addiction à des pratiques malsaines s’engagent dans une voie de purification et de guérison, non seulement de leur âme par la Confession, mais aussi de leur psychisme par une thérapie appropriée qui leur permette de retrouver une paix durable.

La chasse aux sorcières qui fait rage aujourd’hui au sein de mon Église pour dénoncer les actes indignes de certains de mes ministres, qu’ils soient prêtres ou religieux, n’est que justice pour le justicier, mais l’esprit qui l’anime n’est pas toujours de moi. En effet, l’Esprit Saint est un esprit de pardon, et quelle que soit l’abjection des actes posés, si un homme est repentant, il doit être entendu et le pardon doit lui être accordé avant même l’éloignement, la réduction à l’état laïc ou l’obligation d’une thérapie.

Cependant, au lieu de cela, se répand un esprit de vengeance et de méchanceté qui retentit sur mon Église tout entière et incite à la méfiance envers tous les prêtres et tous les religieux, même les plus méritants, qui, parfois soupçonnés sans aucun fondement, s’en trouvent meurtris et sombrent dans la dépression ou finissent par se donner la mort tant ils sont affectés. Rien de cela ne devrait arriver !

Si les actes indignes posés par des hommes qui se disent mes serviteurs expriment pleinement l’immense faiblesse de la nature humaine, ils témoignent aussi du fait que ces hommes s’autorisent à servir deux maîtres à la fois : Dieu et le Diable, ce qui est, en soi, incompatible et donc intolérable. Mais ce qui est également intolérable, c’est que des personnes qui se veulent chrétiennes – à commencer par certaines victimes – affirment haut et fort que ces actes sont impardonnables. Je rappelle donc à celles qui ne pardonnent pas aux hommes leurs offenses que mon Père, qui est aux Cieux, ne leur pardonnera pas non plus les leurs (cf. Mt 6, 15).

Priez, mes enfants, pour ces victimes et pour vos prêtres, pour tous vos prêtres, qu’ils soient dignes ou indignes, et pour vos évêques, afin que les bons continuent d’exercer saintement leur ministère et que les autres aient la force de rompre avec leur vie de péché, soit pour rejoindre les premiers, soit pour retrouver l’état laïc.

Je te bénis, mon fils, ainsi que ton frère spirituel, ton directeur spirituel, vos familles, vos amis, et les pasteurs et prêtres qui soutiennent cette œuvre.

Jésus

 

Nihil obstat : Abbé Marc-Antoine Fontelle
Imprimatur : + Mgr Gilbert Aubry