Message du 30 septembre 1989

(Au messager et à son frère spirituel)

Mes enfants,

Comme vous êtes encore loin de la perfection dans le domaine spirituel ! Nous aimerions voir vos cœurs en paix et votre amitié rayonner sans nuage. Malheureusement, malgré vos efforts respectifs, vous êtes beaucoup trop centrés sur vous-mêmes et votre amour-propre l’emporte souvent sur les bonnes résolutions.

Si vous désirez plaire à Notre-Seigneur, ne créez pas entre vous de relations de force, mais soudez une amitié solide où les pensées de l’un s’harmonisent avec les pensées de l’autre parce que toutes deux sont tournées vers le Ciel. Évitez les querelles aussi petites soient-elles, évitez les emportements qui attirent à vous les démons de l’Enfer – démons de l’agressivité, de l’énervement, de la colère. Ils se plaisent à envenimer les polémiques, à susurrer à votre oreille des paroles désagréables contre celui qui s’évertue à vous faire entendre raison, à vous éloigner de sa compagnie, que naguère vous chérissiez. Mes enfants, fermez la porte à de telles pensées et conservez votre calme coûte que coûte ! Se targuer de posséder une forte personnalité n’est pas une raison pour juger des personnes et des choses d’une manière gratuite et orgueilleuse. La vraie noblesse ne consiste pas à se situer toujours au-dessus des autres mais à remettre perpétuellement en question son propre comportement par rapport à la Perfection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Que votre vie soit une véritable vie communautaire où les tâches sont partagées, où les services rendus sont appréciés, où la reconnaissance l’emporte sur le décèlement de la faille. Sachez rendre grâce à Notre Seigneur de la chance que vous possédez de connaître pareille amitié et pareil partage, et mettez tout en œuvre pour corriger vos moindres défauts. Vous les connaissez bien et ce sont sur eux que doivent à présent porter vos progrès.

Afin d’apprendre à forger votre caractère, je vous recommande la lutte contre votre volonté propre et l’acceptation de maintes petites choses offertes en sacrifice pour Notre Seigneur et pour l’autre. Apprenez à rendre service avec amour, à renoncer à un projet avec amour, à affronter une situation difficile par amour, à parvenir à un accord, toujours par amour. Comme vos sens doivent être matés par une discipline quotidienne de la pensée et par le jeûne et la prière, votre caractère doit l’être, de même, par l’humiliation et le renoncement. Apprenez à faire plaisir, à prévenir les attentes de l’autre, à copier ses qualités au lieu de les jalouser ou de les moquer, et à le reprendre sur ses défauts au lieu de vous empresser de les faire vôtres.

Mes enfants, ce message est d’une importance capitale pour votre avenir spirituel. Si vous souhaitez rester crédibles aussi bien auprès de vos amis que des personnes qui vous connaissent ou sont appelées à vous connaître, donnez toujours l’exemple de vrais frères soudés par une vraie foi chrétienne. Ne montrez pas de signes d’impatience l’un vis-à-vis de l’autre en public. Attendez de vous retrouver au moment de la prière pour faire le bilan de votre journée et exposer vos griefs respectifs. Vos examens de conscience sont trop courts et trop succincts. Je vous conseille de relever les points forts de votre journée, les problèmes, les pensées troubles, mais aussi les efforts que vous avez pu faire, les sacrifices, les renoncements, et de les livrer avec franchise et honnêteté à votre frère sous le regard de Notre-Seigneur. Fuyez la trivialité et les mauvaises fréquentations tout autant que les lieux susceptibles d’être nuisibles à votre âme. Que votre devoir d’état ne soit pas prétexte à la satisfaction de curiosité malsaine : lorsqu’il y a danger pour votre âme, nous mettons tout en œuvre pour l’en préserver, vous avez déjà dû vous en apercevoir.

Accomplissez votre travail avec simplicité et n’en retirez point d’orgueil. Si le Ciel vous a donné les professions que vous exercez, ce n’est pas pour que vous ambitionniez toujours plus de responsabilités mais pour que vous effectuiez votre tâche avec soin et humanité. À cet égard, apprenez à ne point vous laisser manger par votre travail. Il est un temps pour tout et vous verrez que très bientôt, si vous le voulez, vous bénéficierez l’un comme l’autre d’une plus grande liberté par rapport à des débuts difficiles.

Ne négligez pas l’exercice physique et conservez une bonne hygiène corporelle et alimentaire. Priez chaque soir en vous efforçant d’intérioriser les paroles prononcées et de les faire monter vers Dieu et vers Sa Sainte Mère avec foi et avec amour. Apprenez à mieux aimer : mieux aimer votre Père du Ciel et Son Fils Jésus-Christ, mieux aimer votre bonne Maman, mieux aimer vos frères du Ciel, les saints, et les saints anges de Dieu, mieux aimer vos frères de la terre, vos parents, vos amis, vos compagnons de travail, vos proches, et tous les hommes. Soyez toujours compréhensifs et généreux et sachez vous mettre à la place des autres. À chaque minute, demandez-vous ce que vous pourriez accomplir pour faire plaisir, pour aider, pour soulager et vous verrez que les frasques de votre caractère se feront plus dociles.

Mes enfants, soyez tout amour et conservez entre vous une harmonie céleste. N’êtes-vous point heureux lorsque règne cette harmonie ? Ne l’avez-vous point déjà perçue ? Alors qu’attendez-vous pour la faire vôtre dès à présent ? Que les idées de l’un et de l’autre s’harmonisent sur la Volonté Divine et que chacun sache sacrifier son moi au profit de l’autre, que chacun s’évertue à comprendre l’autre, à l’aimer et à l’aider sans condition.

Que Notre Seigneur vous bénisse et moi, votre ami spirituel, je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi que vos familles et vos amis.

+ François de Sales, prêtre