Message du 5 mai 1985

Bien chers frères,

Dès qu’il est question de la nature intemporelle du Monde Divin, vous vous heurtez au mur opaque de vos sens, qui ne vous permettent pas de saisir cette notion puisqu’elle ne peut se représenter d’une manière concrète. Vous êtes comme des aveugles à qui l’on parlerait de couleurs : ne possédant pas le sens de la vue, ils utilisent toujours ce mot sans aucune référence concrète. Ils se fient à l’appréciation et aux descriptions de ceux qui voient.

Fiez-vous donc, chers amis, à l’appréciation et aux descriptions de ceux qui voient, et, d’abord, placez-vous sous la Bannière Glorieuse de Celui qui est venu pour vous ouvrir les yeux. Son Message vous libérera de vos tares et de vos imperfections, et, à l’issue du combat, vous remporterez avec Lui la victoire. Écoutez Sa Bienheureuse Maman qui s’adresse régulièrement au monde, rappelant inlassablement le Message de Son Fils. Suivez sur leurs chemins les saints qui ont parcouru la terre et l’ont éclairée de la Parole du Maître. Fiez-vous à tous ceux-là car, à la suite de Jésus-Christ, ils ont marché dans la vraie foi.

Lorsque vous lisez des messages spirituels émanant du Monde Céleste, ne jugez pas impitoyablement les quelques imperfections qui peuvent s’y glisser : ces imperfections proviennent du messager et non du Ciel. Comme la première eau du torrent charrie de la boue et des galets, comme le rayon de soleil est filtré par la brume, les messages spirituels peuvent être parfois altérés par la personnalité du messager, par son état intérieur au moment où le message est donné. C’est pour cette raison que les messagers du Ciel sont choisis par Dieu pour leur docilité de cœur, pour la pureté de leurs sentiments et leur soumission à l’Église de Pierre. Parce que vous rencontrerez dans des écrits spirituels quelques imperfections, ne dites pas : « Tout cela est mauvais ! », mais demandez à Dieu de vous éclairer sur ce qui est bon et de vous aider à ôter la lie de la boisson de Vie.

Ainsi, vous vous interrogez encore au sujet de la Très Sainte Messe afin de déterminer si oui ou non elle est un Sacrifice nouveau du Sauveur chaque fois qu’elle est célébrée. Que les paroles suivantes vous éclairent, chers frères en Jésus-Christ :

Jésus, le Fils du Père, s’est offert une fois pour toutes, alors qu’Il était dans la chair, en un Sacrifice Unique et Intemporel. Union subtile de l’humain et du Divin, chaque Messe est une porte ouverte sur le Ciel, une projection dans le temps du Sacrifice Unique par lequel le Fils est venu sauver les hommes. Elle est la Parole faite Vie, la prière exaucée, la Volonté accomplie, et cela aussi souvent que le prêtre prononce les Paroles Sacrées de la Consécration. L’Agneau a été immolé : Il ne l’est point à chaque Messe. Mais à chaque Messe, la coupe recueille le Sang, Sang Précieux qui coulera tant qu’il y aura sur la terre des pécheurs à délivrer et à sauver. Car le Père a envoyé Son Fils pour les pécheurs afin qu’ils soient transformés en se nourrissant de la Parole et en communiant à Son Corps et à Son Sang : « Prenez, mangez » (Mt 26, 26). Quel don total et merveilleux ! Quelle nourriture choisie ! Par des efforts inlassables, rendez-vous dignes de cette faveur qui vous est offerte, chers frères.

Mais ne vous égarez pas hors des chemins de Dieu, car l’Ennemi est là qui rôde et se déguise en guide ! Pourtant, alors que le Père vous a sommés de ne pas vous éloigner et d’attendre patiemment l’Époux (v. Mt 25, 1-13), vous vous laissez imprudemment séduire par la faible flamme de Satan qui prétend vous conduire vers l’Époux hors des ténèbres ! Vous oubliez les Paroles du Père et vous suivez le Démon par crainte de la nuit. Vous manquez de patience, et, dans votre empressement à rencontrer l’Époux, vous oubliez qu’un seul et unique point de rencontre a été fixé. Le Démon cherche, en effet, toujours à tromper. Il va jusqu’à se déguiser en Christ pour séduire les mystiques et les attirer dans ses filets. Il fait aussi douter les messagers sincères inspirés par le Ciel.

Restez, chers frères, dans la voie de l’Église de Pierre et ne vous laissez pas séduire par de belles promesses ou de beaux discours. Veillez sur votre âme en restant fidèles à l’Église de Pierre et méfiez-vous des prêtres qui ne suivent pas les directives du Saint-Père ! S’ils vous déroutent, prenez conseil auprès d’un prêtre saint et sage qui saura vous dire où se trouve la vérité. Car ces ministres-là se laissent séduire par le monde, ils ont peur de passer pour des êtres anormaux en restant au service de Dieu et en offrant leur vie pour Lui ! Certains veulent brandir la Croix du Christ au milieu de la contestation et de la violence, du vice et de l’impureté, prétendant que Jésus est allé au milieu de tous, mais parfois ils se brûlent les ailes et « dévient » dans leur foi… Contestataires invétérés et n’hésitant pas à « manifester » leur désapprobation au sein même de l’Église, ils ne donnent point l’exemple de l’Agneau, dont la douceur et la pureté sont restées parfaites, et, s’ils désirent le faire, ils y parviennent bien mal… Frères, jugez les arbres à leurs fruits, et demandez de saints prêtres à Dieu votre Père.

La voie qui conduit au Père est comme un chemin en spirale partant de la terre et s’élevant tout autour d’une montagne creuse, jusqu’au Ciel. Certains prétendent se placer sous la protection de la Sainte Église – la montagne – mais ils refusent de suivre le chemin indiqué à l’extérieur, semé d’ornières et de buissons épineux, qui brave la foudre et les tempêtes : craignant la souffrance et les sacrifices, ils préfèrent rester à l’abri et progresser à leur façon par l’intérieur. Ils se disent chrétiens, mais ils ne suivent pas ce qui leur est demandé : ils n’ont pas confiance dans l’Enseignement de la Sainte Église ! Ils croient ne pas avoir fait de mal parce qu’ils n’ont ni tué ni volé ni commis l’adultère. Mais lorsqu’ils penseront être arrivés au sommet, ils découvriront qu’il n’y a pas d’issue. Alors, ils se poseront des questions…

D’autres construisent des appareils volants pour se propulser plus rapidement vers le sommet de la montagne, prétendant que la technique associée à l’intelligence humaine l’emporte incontestablement sur la foi et la confiance. Nantis d’un orgueil sans pareil, ces êtres vous parleront de la « dimension cosmique » de leur approche, des merveilles de ce « voyage », mais leur recherche de Dieu est essentiellement axée sur eux-mêmes : ils vantent leurs théories dans des ouvrages qui attirent les regards aux étalages des librairies ! On les dit un peu « mages » ou un peu « gourous », on croit volontiers qu’ils « savent des choses », on désire les rencontrer tout en conservant un soupçon de méfiance… Frères, combien le Démon est habile à séduire les esprits attirés par le merveilleux, le bien-être et la facilité ! Ces théories, croyez-le bien, ne sont pas en accord avec la Sainte Église car elles ne professent pas le Christ comme Vrai Dieu et Vrai Homme. C’est le Christ votre richesse avec Son Amour et Ses Souffrances mais vous ne voulez pas de Lui !

L’imitation de Jésus-Christ doit rester pour le chrétien le chemin le plus sûr ! La pureté, la pauvreté, l’humilité, la charité parsèment la route en spirale qui gravit la montagne. Est-il étonnant que cette route ait toujours rebuté les hommes ? Vous lui préférez ô combien les « expériences spirituelles » douteuses qui conduisent à de prétendus prodiges, alors qu’un Frère Aimant est réellement là, à vos côtés, qui vous offre la Vraie Vie !

Comme l’homme est têtu ! Comme il aime les plaisirs et les honneurs ! Ah ! frères, si vous saviez à combien de douceur et de paix conduit le chemin de la Croix ! Vous aurez beau tenter toutes les expériences de la terre et prétendre découvrir tous les secrets de l’univers, rien, jamais rien ne pourra vous donner plus grande joie qu’une âme en paix. Même si la chimie vous offre des drogues apaisantes, elle anesthésie votre corps ou votre cerveau mais jamais elle n’atteint votre âme. Méditez ces paroles.

+ Vos frères dans la Foi