Message du 6 septembre 1986

Bien chers frères,

Tout ce que nous vous transmettons, tout ce que nous vous conseillons s’adresse à tous les hommes de bonne volonté qui désirent plus que tout se rapprocher de Dieu et du Ciel dès cette terre. Si vous partez battus, prétendant que la sainteté n’est pas accessible en ce monde et qu’il n’est pas même besoin d’y tendre puisque par définition vous êtes pécheurs, alors ces messages ne vous serviront de rien…

Nous ne nous vous tenons pas le langage des hommes de la terre mais celui des âmes du Ciel qui, dans l’immense bonheur de la vision du Christ, désirent plus que tout vous voir un jour accéder à cet état. Ne croyez donc pas que tout ce que nous vous transmettons soit à mettre en pratique par tous, sur-le-champ et sans aucune progression. Nous savons combien les habitudes néfastes sont difficiles à vaincre, mais nous savons aussi que grâce à votre volonté et avec l’aide de Dieu, vous le pourrez très vite si vous le désirez…

Le grand problème de l’homme confronté à la spiritualité est qu’il manque de désir du Ciel. Vivant sur terre, il cherche toujours à concilier plaisirs de la chair et vie de l’esprit, et, cédant aux premiers, il déplore de ne pouvoir mieux accéder à la seconde. Qu’il invite donc Dieu à venir habiter en son cœur et il verra la différence ! Car au cours des siècles, l’homme a, sous l’emprise de l’égoïsme, accumulé les erreurs, et le monde des habitudes inextricablement liées aux sensations est venu bouleverser son esprit. Inscrites dans le code génétique, la plupart de ces habitudes lui sont devenues « normalité » et plus que tout il désire conserver le « privilège » d’y rester enchaîné…

Frères aimés, si vous laissiez parler votre cœur et non point vos sens, combien le monde serait différent ! À cet égard, nous aimerions apporter une précision à nos précédents messages concernant l’union charnelle : jamais aucun message ne vous a affirmé qu’elle était mauvaise en soi – c’est-à-dire péché – et que l’homme et la femme devaient s’en abstenir impérativement dans le cadre du Mariage, sinon il n’y aurait plus d’enfants sur la terre. De plus, si les époux devaient accomplir une tâche désagréable pour avoir des enfants, ils y répugneraient : il est donc une saine satisfaction des sens dans le cadre du Mariage, dont la fin première est la procréation. Lorsque l’homme et la femme s’unissent charnellement, ils ne doivent jamais mettre aucune barrière à la possibilité de donner la vie et doivent toujours l’accepter si elle est créée. N’est-il pas dit en effet : « Soyez féconds et multipliez-vous » (Gn 1, 28) ?

Frères, chaque homme a des désirs plus ou moins brûlants et, comme le dit Paul, « mieux vaut se marier que de brûler » (1 Co 7, 9). Cependant nous ajouterons : que ce ne soit pas alors pour satisfaire égoïstement ses désirs mais pour avoir une descendance multiple ! Car cette phrase de l’Apôtre a été si souvent mal interprétée : aux yeux de Dieu, celui qui brûle dans sa chair ne doit point, en effet, assouvir ses désirs d’une manière désordonnée, et cela, a fortiori, dans les liens sacrés du Mariage ! Au contraire, il doit apprendre à se maîtriser et à respecter son épouse. Telle est la vraie force de l’homme ! L’harmonie du couple ne repose pas sur une vie sexuelle intense mais, au contraire, sur une vie spirituelle riche et de là, sur une chasteté désirée par amour pour Dieu et pour l’autre.

La pureté parfaite est très rare sur terre car la plupart des êtres humains y découvrent la sexualité dans un contexte malsain où la procréation n’a que peu de place et où l’érotisme et la pornographie sont rois. C’est ainsi que la pureté des adolescents se voit troublée dès le début par des images dont l’obscénité peut les poursuivre jusque dans la vieillesse, non sans avoir marqué leur vie d’adultes. À l’intérieur d’eux-mêmes, la soif de pureté inhérente à l’enfance se révolte contre les premiers désirs charnels, associés qu’ils sont à l’image de certaines parties du corps humain qui leur ont été présentées comme « dignes d’un intérêt tout particulier »…

En fait, plus ces parties sont cachées et plus leur curiosité devient grande, et ils savent bien, ces enfants, que cette curiosité n’est pas saine puisqu’ils se cachent des autres pour la satisfaire par des conversations secrètes, de mauvaises lectures, etc. Depuis le départ, le désir charnel se mêle donc à la concupiscence, centrant son intérêt non pas sur une personne différente dans sa totalité d’être charnel et sensible – personne complémentaire et de constitution différente – mais principalement sur les parties du corps qui font cette différence ! Voilà, chers frères, d’où provient le vice et d’où naît le mal. La sexualité n’est pas mauvaise en soi puisque Dieu vous l’a donnée pour que vous vous « multipliiez ». C’est la manière dont elle est vécue qui n’est pas saine !

Voir deux êtres se séparer pour la seule et unique raison qu’ils ne s’entendent pas dans leur vie sexuelle prouve le manque d’intérêt que l’homme attache aujourd’hui à la personne entière, à l’union spirituelle et à l’amour véritable qui peuvent exister entre les époux. Même des chrétiens qui vivaient sainement leur Mariage se laissent aujourd’hui tenter par la curiosité et la recherche effrénée de plaisirs plus « subtils » que vantent certains magazines et ouvrages spécialisés de sexologie – et cela, bien sûr, dans le cadre le plus légitime qui soit : celui du Mariage !… Lorsque nous voyons ces mêmes personnes aller allègrement recevoir le Corps du Seigneur à la Messe dominicale sans même s’être purifiées de cette malice, qu’elles trouvent des plus normales tant elle leur est devenue coutumière, nous sommes tristes à en mourir et nous ressentons au plus profond de notre âme de frères célestes combien Jésus-Christ reste encore incompris !

«… Et ils connurent qu’ils étaient nus » (Gn 3, 7), dit l’Écriture. Voilà le grand problème de la sexualité ! Paul parle de ces parties du corps qui sont tenues « pour les moins honorables » (1 Co 12, 23) mais auxquelles Dieu a voulu donner des fonctions privilégiées afin qu’elles ne se sentissent point méprisées, et c’est bien ainsi que vous les devez considérer. Mais avec cette vision viciée que vous possédez d’elles depuis votre enfance ou votre adolescence, vous pouvez mesurer combien vous vous êtes éloignés du Plan de Dieu !

Pauvres frères qui souffrez dans votre chair et dans votre âme à cause de cela, comme il serait bon que vous découvriez l’amour spirituel et que vous fondiez des unions solides sur cette base ! Croyez-nous, ils sont une poignée les couples dont l’approche de la sexualité a été saine et qui vivent une vie tendre et chaste comme le souhaitent Notre Seigneur et Son Église !

Le péché, nous vous l’avons expliqué précédemment, est issu du dedans de l’homme qui « connaît » qu’il est nu et fixe son intérêt sur cette nudité. Son esprit commence alors à se laisser aller à certains fantasmes. Des désirs surgissent, dont on peut dire très justement qu’ils sont pervers puisqu’ils ne s’attachent qu’à une partie charnelle de l’autre. Enfin, des habitudes se créent, devenant de jour en jour plus pressantes, plus impératives. Alors, l’homme devient esclave de son corps, esclave de la chair, qui sans cesse le commande.

Considérez les animaux les plus proches de l’homme : ne possédant aucune morale et aucune conscience, ils appartiennent à la nature dont ils suivent les cycles et les exigences. Eux n’ont pas « connu » qu’ils étaient nus : aux périodes de fertilité, leurs corps tout simplement s’appellent par des signes, par des odeurs, et les désirs sont stimulés, mais ils ne possèdent ni cette curiosité malsaine ni cette perversité que l’homme a pu produire en pensant les choses du sexe et en les agrémentant et les variant selon son bon plaisir. Comprenez-vous cela ? L’animal, lui, laisse faire la nature. L’homme la déforme, la défigure et la pervertit par son esprit vicié. Alors, ce qui était pur devient impur, ce qui était sain devient malsain, et tout cela à cause de l’égoïsme humain producteur de concupiscence ! Où se situe donc la différence entre une vie sexuelle saine et équilibrée et la concupiscence ?

Le regard que l’homme porte sur la femme et que la femme porte sur l’homme ne devrait en aucun cas se charger de convoitise charnelle : il devrait rester pur de sensualité et ne s’attacher qu’à la personne entière. La beauté plastique d’un corps n’a toutefois rien de condamnable et si Dieu a créé les êtres hommes et femmes, ce n’est pas pour qu’ils se fuient ou se repoussent ! Restez donc comme des enfants et apprenez à découvrir chez l’autre des qualités et sensibilités différentes des vôtres, des points communs, des goûts identiques, et avant toute chose, une même foi et un même désir de plaire en tout au Seigneur. Ne vous laissez ni troubler ni enflammer par vos corps au sein du couple, et apprenez à vous témoigner une pure tendresse plutôt qu’un empressement aux jouissances charnelles. Combien d’épouses sont lasses de devoir se soumettre aux caprices si fréquents de leurs maris ! Si vous saviez comme elles apprécieraient plutôt une vraie tendresse !… Faites-en l’expérience et vous vous rendrez compte que votre corps vous sollicitera de moins en moins et qu’une véritable et durable chasteté pourra s’établir entre vous. Sachez aussi ne point brusquer les choses : une union est avant tout un accord, et c’est avec la compréhension et le secours de l’autre que chacun doit progresser dans la même direction. Si l’un n’y est pas encore prêt, l’autre ne doit pas se détourner de lui mais, au contraire, mettre tout en œuvre pour instruire son cœur sur la pureté du véritable amour.

En fait, les jouissances charnelles sont souvent une étape qui permet au couple de se rendre compte du peu d’intérêt profond qu’elles représentent. Ne parvenant jamais à satisfaire totalement leurs désirs – comme il en est, du reste, de toute chose matérielle -, ces rencontres du corps deviennent alors de moins en moins fréquentes, et, l’âge aidant, de moins en moins pressantes : le couple connaît alors les joies de cet amour que nous avons nommé « spirituel » parce qu’il est celui qui vit éternellement.

Que les couples qui ne sont pas attirés par les jouissances charnelles ne se troublent pas ! Qu’ils ne se prêtent surtout pas aux cures de certains psychologues, psychanalystes ou sexologues qui n’orienteront jamais leurs conseils que sur le corps. Dans un couple qui s’aime, la chair ne doit pas être une barrière à l’amour. Tout être a plus ou moins, au cours de son enfance ou de son adolescence, été troublé par les « choses du sexe », et l’homme qui n’a pas été atteint par la concupiscence peut se dire bienheureux. Les problèmes conjugaux sont aujourd’hui essentiellement des problèmes charnels, problèmes de réactions physiologiques, problèmes moraux, problèmes de relations. Que les couples chrétiens qui rencontrent de tels problèmes mettent tout en œuvre pour les oublier et s’ouvrir l’un à l’autre dans cette franchise que tout amour véritable devrait inclure. Qu’ils se « connaissent », laissent parler leur cœur et s’épancher leur âme. Ainsi, l’un comprendra l’autre et, si leur amour est vrai, tous les problèmes seront aplanis. Les sexologues incitent les êtres à la concupiscence, à contempler leurs corps avec un « regard érotique » et à agir avec sensualité afin d’en mieux jouir. Dieu, chers amis, vous invite au contraire à vous guérir de vos fantasmes et de l’ardeur de vos désirs par une cure d’amour-tendresse, d’amour attentionné, serviable, respectueux, qui déconnecte l’être du monde mensonger et corrompu du cinéma, de la télévision et des lectures douteuses, pour lui faire découvrir, à travers la prière commune, celui d’une saine intimité sous le regard de Dieu.

Souvent, au cours des siècles passés, la notion de péché a été associée au corps et à l’acte de chair. Par réaction, la société désire aujourd’hui se libérer de cette vision des choses, mais elle ne se rend pas compte qu’elle sombre, à l’inverse, dans un autre piège, dans une autre erreur : l’esclavage des sens, le refus délibéré de la maîtrise de soi et l’utilisation de la sexualité à des fins qui ne suivent pas le Plan de Dieu.

Souffrez donc qu’aujourd’hui nous abordions avec vous ces problèmes avec tout l’amour que nous vous portons, chers frères de la terre qui vous débattez encore dans ces tribulations que nous ne connaissons plus, et qui ne savez qu’argumenter et polémiquer sans parvenir à comprendre le comportement qu’il plaît à Dieu que vous adoptiez dans ce domaine.

Aspirez donc à la perfection et vous comprendrez ce qui est conciliable et ce qui ne l’est pas. Aspirez donc à la pureté et vous comprendrez quelles sont les Grâces que vous pouvez demander à Dieu. Car, sans un ardent désir du Ciel et une volonté ferme d’y parvenir à deux, vous serez toujours soumis à l’appel de la chair. Que ceux qui par la Grâce en sont délivrés pour un temps ne cherchent pas désespérément à le ranimer afin de se sentir plus « normaux » car alors, ils n’auraient rien compris !

La pureté est comme un baiser de Dieu ou de Marie. Elle est donnée à l’homme avec l’état de Grâce. Elle rapproche du Ciel lorsque l’homme n’en tire aucune supériorité ni aucune gloire et, dans le couple, elle procure, lorsqu’elle est partagée, un avant-goût de Paradis.

Lorsque vous accomplissez l’acte de chair, que ce soit dans la plus grande pureté afin que naissent de vos unions des enfants sains. Oubliez alors que vous êtes nus : ainsi, nulle convoitise, nulle concupiscence ne viendront ternir la beauté du don total. Tel est le véritable sens du Mariage chrétien. Vous savez à présent ce qui plaît à Dieu, ce qui est cher à votre Mère du Ciel.

Si vous vous interrogez au sujet de la fréquence de vos unions charnelles, sachez que plus vous donnerez libre cours à vos désirs, plus difficile sera cette maîtrise de vous-mêmes à laquelle vous devez tendre. Si donc vous désirez plaire à votre Père Céleste, vous comprenez bien que ce n’est pas dans une vie saturée de plaisirs de la chair – aussi licites soient-ils dans le Mariage – que vous parviendrez à avoir une vie spirituelle de qualité. Chaque couple se doit donc mettre face à ses responsabilités et à l’idéal de perfection qu’il désire atteindre. Que les maris ne se sentent pas moins virils parce qu’ils « respectent » leurs épouses et ne les entraînent pas au « devoir conjugal » aussi souvent que d’autres ! Aux yeux de Dieu, un homme maître de lui-même est beaucoup plus viril que tel autre qui cède sans cesse à la chair. Car le corps est le temple de l’Esprit, et si chacun doit respecter le corps de l’autre, il est bien évident qu’il doit aussi respecter son propre corps. Si donc chacun prend l’habitude de respecter son propre corps dès l’enfance, combien plus désirera-t-il respecter celui de l’autre comme si c’était le sien dans le Mariage. C’est ce respect que nous nommerons chasteté conjugale – l’idéal de perfection étant bien sûr, avec la grâce de Dieu, l’absence de relations charnelles en dehors de la volonté de procréation*.

Ne nous faites pas dire, chers frères prompts à interpréter, qu’il y a péché s’il n’en est pas ainsi ! Tout couple qui fait des efforts pour rester chaste est en route vers la perfection, et si, dans son intimité, il ressent parfois le désir profond de s’unir charnellement et qu’il le fasse d’un commun accord et sans malice, il ne doit pas considérer cela comme une « chute » mais au contraire comme une étape nécessaire à une plus grande perfection. L’athlète ne doit-il pas reculer pour prendre son élan et franchir plus aisément l’obstacle ? Chers frères, l’être humain est faible, mais n’est-ce pas cette faiblesse qui l’incite à devenir fort ?

Devenez donc forts dans la chair, amis de Dieu, afin de plaire davantage à votre Père du Ciel. Priez beaucoup la Sainte Vierge et consacrez-Lui votre couple afin qu’Elle lui donne la Grâce de la pureté. Comment rechignerait-Elle à le faire, Elle la Vierge des vierges, la Blancheur des blancheurs, l’Immaculée ? Priez-La ardemment et aimez-La. Ne trouvez pas d’excuses à vos folies et à vos excès. Si vraiment vous voulez plaire à Dieu, commencez par Lui demander de vous aider à y parvenir ! Et ne partez jamais battus ! Ne commencez pas à dire : « C’est trop dur, nous n’y arriverons jamais ! » Si vous le souhaitez de tout votre cœur et de toute votre âme, ne désespérez jamais d’y parvenir car Dieu en personne vous y aidera ! Mais ne soyez pas surpris si bien vite vous vous sentez découragés, si vous vous mettez à douter et n’avez plus envie de suivre cette voie : le Démon, en effet, ne s’attaque pas aux âmes perverties – puisqu’elles ne distinguent plus le bien du mal -, il s’attaque au contraire aux âmes pures, celles qui veulent plaire à Dieu et qui s’efforcent d’y parvenir.

Courage donc, frères aimés, courage ! Ayez confiance en Dieu et méditez ces paroles. Que le Seigneur et Sa Douce Maman vous bénissent et vous aident.

+ Vos frères dans la Pureté

 

* Cf. message du 3 juillet 1986.