Avant-propos de l’édition de 1987

L’auteur de l’Épître aux Hébreux nous dit, dès le principe et avec solennité, qu’« à maintes reprises et de diverses manières, Dieu a jadis parlé à nos pères par l’intermédiaire des prophètes, mais quand survint la plénitude des temps, Il nous parla par Son Fils » (He 1, 1-2).

Faut-il en inférer qu’après la Résurrection du Seigneur, le Ciel s’est tu ? Une chose est certaine et admise par toutes les confessions chrétiennes : quand mourut le dernier Apôtre, la Révélation (avec majuscule) s’est achevée. Elle est close. En d’autres mots, seul ce qu’enseigne l’Église Apostolique a valeur de norme absolue. Le Magistère, éclairé par l’Esprit, ne pourra plus que définir ce qui a été révélé par Dieu en Son Fils à Ses fidèles. Il ne rejettera pas les révélations dites particulières, mais ne les imposera jamais et ne les acceptera que si elles se conforment à l’Unique Message du Maître.

Au cours des âges, il y eut des ‘éclats’ du Ciel. Des signes que perçoivent les yeux du cœur, ceux de la foi. Peu nombreux. Le monde céleste est discret. Je pense néanmoins aux apparitions de la Vierge Marie, à la nuit de feu de Pascal, aux visions de sainte Thérèse d’Avila et, plus récemment, aux inspirations d’Adrienne von Speyr et de Camille C. Les citoyens de l’Au-delà peuvent tout de même intervenir – et ce, singulièrement, pour les leurs. Paul VI confiait à Jean Guitton que sa mère trépassée l’inspirait…

Celui qui nous soumet ce livre reçoit-il des messages d’En-haut ? Il en est convaincu. Or, je le sais, il est jeune et normal, humble et soumis à l’autorité religieuse. Il ne s’engoue pas pour de vaines nouveautés. Il n’est pas « un homme bouffi d’orgueil » « dont les oreilles sont atteintes du prurit » d’entendre du neuf (1 Tm 6, 4 ; 2 Tm 4, 3). Il sait que toute vérité est relative à Celui qui est la Vérité, la Voie, la Vie, Jésus-Christ notre Seigneur. Il réagit avec vigueur contre les ‘sots’.

J’ai donc aimé ce qu’il nous offre : c’est une saine nourriture pour tout chrétien. Ce sont des paroles qui éclairent la Parole. Et cette Parole était au commencement. Elle est le Verbe, le Fils de Dieu. Le Père nous dit en Lui Son dernier mot. Et ce mot déclare qu’Il est Amour. Ainsi au commencement était l’Amour. Et l’Amour est le dernier mot. Et l’Amour a toujours le dernier mot.

 Père Maurice Becqué † C. ss. R.
Docteur en théologie