Message du 10 août 1991

(Un fils à sa famille éprouvée)

Chers papa et maman,

Je suis heureux de vous donner de bonnes nouvelles. Continuez de prier le Bon Dieu pour moi, pour le grand-père et tous ceux de la famille, et faites dire régulièrement des Messes parce que ça aide beaucoup.

Je sais que vous êtes tristes parce que vous ne me voyez plus, mais vous devez croire ce que je vous dis : je suis souvent près de vous, avec vous, et je sais que vous le sentez dans votre cœur. Je vous aime toujours pareil, et même encore plus fort quand je vois votre tristesse. J’aimerais tant que vous compreniez que vous ne devez pas être tristes ! Puisque je vous dis que je suis heureux là où je suis, vous devez me faire confiance ! Il ne faut pas pleurer si souvent et vous rendre malades à cause de moi : vous savez bien que je ne le veux pas ! Je vous aime tant, et ça me fait tellement de peine de voir que vous ne comprenez pas que je ne suis pas mort – je veux dire : que ma personne continue d’exister dans un autre monde où tous les gens s’aiment et aiment le Bon Dieu ! Vous devez me croire !

Papa, mon cher papa, tu as tant fait pour moi que je voudrais que tu continues en essayant, pour me faire plaisir, de trouver la paix. Ne te laisse pas aller. Continue tes travaux comme avant, et jusqu’au moment où tu décideras de t’arrêter, fais comme si j’étais là. Tu sais, je vois tout ce que tu fais de bien, je vois tous tes efforts et je sais que la santé de maman te cause du souci. Elle ne peut pas t’aider autant, et moi, je ne suis plus auprès de toi en chair et en os, alors tu te décourages un peu. Il ne faut pas ! Sois fort, comme tu l’as toujours été. Je voudrais tant te donner du courage et te voir retrouver bon moral ! Ce n’est pas parce que je ne suis plus présent auprès de vous dans la chair que le monde entier doit s’écrouler ! Le monde doit continuer de tourner, comme avant, et même mieux, puisque je suis maintenant toujours là pour vous encourager et vous dire que je vous aime.

Et toi, ma chère maman, qui a toujours été si bonne, tu souffres aussi de ta santé. Prends bien soin de toi. Fais régulièrement des analyses et n’hésite pas à signaler au docteur ce que tu sens qui ne va pas ! Aide bien papa, rassure-le et comprends-le, mais ne le laisse pas se laisser aller.

Je vous remercie pour toutes ces jolies fleurs, mais il n’est pas utile d’en mettre tant au cimetière : c’est près de vous que je suis, au fond de votre cœur et pas dans ce trou sombre ! Mon corps de chair n’est plus rien, et vous ne devez pas repenser aux moments difficiles ni à mon enterrement. Au contraire, vous devez remercier le Bon Dieu de nous avoir donné la Vie Éternelle, cette vie dans laquelle je suis entré et qui ne finit jamais. Pensez aux bons moments que nous avons vécus ensemble. Souviens-toi, maman, de ce voyage à la dune du Pyla que nous avons fait ensemble avec l’école : comme j’ai été heureux et fier que tu viennes !

Faites-vous aider pour passer les films que nous avons faits si vous en avez le courage. Je serai auprès de vous. Ne vous dites pas : « Il n’est plus là ! On ne le reverra jamais ! » C’est faux ! Priez bien, confessez-vous régulièrement, allez à la Messe et aimez bien le Bon Dieu. Il nous permettra de nous retrouver, vous savez ! Mais ne faites pas de bêtise : ne cherchez pas à me rejoindre plus tôt que le Bon Dieu l’a décidé Lui-même, ni à mourir de tristesse.

Je vous le dis : je suis là, et vous devez le croire ! Je suis à la fois si loin et si près ! C’est dans votre cœur que vous pourrez le mieux me retrouver. Je vous ai déjà donné quelques petits signes de ma présence : cette clé que vous aviez perdue, c’est moi qui vous l’ai fait retrouver ! Parfois, un oiseau, un papillon qui se pose à un endroit inattendu, c’est moi qui vous l’envoie ! Gardez confiance et gardez courage !

Mais maintenant que vous savez certaines choses, vous pouvez, à votre tour, essayer de semer un peu de bon grain autour de vous : aider le voisin du gîte, qui vient de temps en temps, à se convertir, par exemple : c’est un homme bon, il ne lui manque que le Bon Dieu, et c’est le plus important ! Ah, là, là ! l’orgueil est tellement grand chez les hommes !…

J’aimerais que vous transmettiez tout mon amour à ma femme chérie qui, par mon départ, est de nouveau libre. Même si elle décide un jour de refaire sa vie, vous ne devez pas lui en vouloir mais l’accueillir toujours comme un membre de la famille. Et je voudrais qu’elle vous aime aussi et qu’elle ne vous abandonne pas complètement. Il faut qu’elle comprenne que mon amour pour elle est toujours le même, mais qu’un amour humain est maintenant entre nous impossible. Cet amour restera spirituel, et même si elle se marie avec quelqu’un d’autre, elle ne me sera pas infidèle : nous continuerons de nous aimer spirituellement et elle ne m’oubliera jamais. Je suis souvent auprès d’elle, et je la vois encore bien malheureuse.

Faites-lui lire cette lettre et elle verra que la distance n’est pas une barrière à l’amour qui nous unit tous si profondément. Des changements s’annoncent, qui lui apporteront un peu de soulagement.

Vous avez souhaité ces quelques lignes : les voilà ! J’espère qu’elles vous aideront à comprendre et à progresser, et que vous serez un peu moins tristes tous les trois. Faites comme ma Sœur : elle pense à moi non pas comme à un mort, mais comme à un vivant ! Embrassez-la très fort pour moi, et essayez de vous voir plus souvent, ça vous ferait du bien aux uns comme aux autres.

Je vous serre tous sur mon cœur et vous redis que je vous aime.

Votre fils