Message du 22 mars 2020

Mes chers enfants,

L’épreuve que vous traversez, et qui va se prolonger encore, n’est pas, comme le clament certains prophètes de malheur, un châtiment du Père, mais seulement la conséquence de l’insouciance et de l’imprudence de l’homme, âpre au gain.

En ce temps de carême, de tous les coins du monde, unissez-vous à moi, et déposez toutes vos angoisses et toutes vos souffrances au pied de ma Croix. Ayez confiance dans votre Seigneur. Je vous aime, mes petits, et je souhaite que cette épreuve vous soit l’occasion de vous rapprocher de moi et de ma sainte Mère, et de vous ouvrir davantage aux choses d’En-Haut. 

Acceptez humblement les règles de prudence qui vous sont communiquées par vos gouvernants, car, dans les circonstances présentes, l’obéissance est signe d’altruisme et de charité. Ce qui vous est demandé étant voulu au motif du bien commun et n’étant pas contraire à la foi catholique, soyez, quoi qu’il vous en coûte, soumis aux autorités civiles (1) tout en conservant votre discernement (2). En offrant ce sacrifice au Père par amour de moi, vous pouvez toucher son Cœur et sauver des âmes.

Ne laissez pas le Démon vous faire croire que, parce que vous avez la foi, vous pouvez vous autoriser à négliger ces règles ni même à rejeter d’un revers de main les médications préconisées pour vous aider à vous protéger. Car la foi – excepté dans le cas de certaines personnes d’une exceptionnelle sainteté – ne saurait suffire à immuniser un être humain contre la violence d’un virus !

Obéissez aussi, mes petits, à vos évêques sans sourciller car ce sont les Pasteurs (3) de mon Église. Ne critiquez pas la décision de certains d’interdire provisoirement les rassemblements de fidèles – ni même celle de faire fermer des églises. Toute critique stérile est mauvaise pour le bien des âmes. Vous prierez, alors, de chez vous. Mais soyez assurés que, dans ces circonstances, je viendrai en personne dans le tabernacle vivant de vos cœurs. En effet, ne vous ai-je point dit : « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 6) ?

Ne cherchez pas non plus coûte que coûte à bénéficier de la communion eucharistique en soudoyant vos prêtres, en leur faisant du chantage affectif, ou – pire encore – en les menaçant, car ceux qui agissent ainsi ne sont pas dignes d’être appelés « chrétiens ». Mon Corps et mon Sang ne sont ni une amulette ni une panacée contre les virus, ni un dû !

À tous ceux qui m’inviteront à venir dans leur cœur dans une communion de désir, j’accorderai exactement les mêmes grâces que celles que je leur octroie habituellement dans mon Eucharistie. Que cette frustration soit pour mes fils et mes filles qui ont toujours vécu sans privations l’occasion de s’unir à tous ceux qui, dans les pays athées ou victimes de guerres, me rejoignent dans une simple communion de désir parce qu’ils n’ont pas de prêtres.

Enfin, n’accusez pas votre Père du Ciel d’être la source de tous ces malheurs. À cet égard, relisez, dans l’Ancien Testament, le passage du serpent d’airain (cf. Nb 21, 4-9) où les Hébreux, après leur sortie d’Égypte, ont récriminé contre le Père lorsqu’ils se sont retrouvés dans le désert. Il a envoyé contre eux des serpents brûlants, dont la morsure les faisait périr les uns après les autres. Alors, pris de panique, ils ont fini par se repentir et ont supplié Moïse d’intervenir auprès du Père en leur faveur. Ce dernier demanda à Moïse de se façonner un serpent d’airain et de le placer sur un étendard. Si un homme avait était mordu, il regardait le serpent d’airain et il restait en vie…

Pour vous, mes enfants, face au virus, contemplez ma Croix dans la confiance, et dites :

« Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. » (Is 12, 2)

Évêques, prêtres, diacres, et tout le peuple des rachetés, comme Moïse, implorez le Père d’éloigner de vous cette épreuve et les épreuves futures – cela n’est pas interdit ! Invoquez-le de tout votre cœur. Demandez-le lui en mon nom, car, en vérité, je vous l’ai dit : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. » (Jn 14, 13). Et, puisque le Père et Moi sommes un (cf. Jn 10, 30), si vous me le demandez à moi en mon nom, je le ferai (cf. Jn 14, 14) !

Votre foi est trop superficielle, mes enfants. Croyez ! Croyez comme vos ancêtres ont cru à travers les siècles : ils ont prié si ardemment, par l’intercession de ma sainte Mère – tant pour arrêter les épidémies de peste et de choléra, que pour que tombe la pluie en période de sécheresse ou qu’elle cesse de tomber en période d’inondation – qu’ils ont obtenu gain de cause.

Les athées vous diront : « Vous aurez beau prier, cela ne sert à rien ! », mais moi, je vous dis : si cette épreuve vous conduit à changer vos cœurs et à vous repentir de vos péchés, si vous demandez avec ferveur, si vous déposez vos souffrances au pied de ma Croix, si vous m’offrez des sacrifices et des privations, si vous mettez mieux en pratique les Commandements et laissez vos cœurs brûler de charité, vous serez exaucés. Et vous le serez non seulement pour vous-mêmes et les vôtres mais aussi pour le monde entier (4) et vous en serez étonnés !

Ne soyez pas, mes chers enfants, de ces êtres égoïstes qui, craignant des restrictions plus sévères, se pressent, affolés, pour faire des provisions conséquentes, et dévalisent littéralement les rayons des supermarchés au détriment des autres consommateurs ! Évitez de vous montrer vous aussi agressifs, violents ou simplement irrespectueux. Aimez-vous et respectez-vous les uns les autres. Montrez-vous doux, généreux, et enclins au pardon.

Que cette épreuve, vécue en période de carême vous soit aussi un moment propice pour mieux examiner votre vie, vous tourner vers l’essentiel et méditer sur la fragilité de l’homme, sur les fins dernières et sur votre propre mort (5), car, mes chers enfants, il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Enfin, ne vous laissez jamais « contaminer » par la panique collective. Cela ne pourrait que vous nuire. Une foi solide peut, en revanche, contribuer à instaurer en vous un état de paix intérieure propice à renforcer vos défenses immunitaires, et donc, à vous sauver ! Car je suis le Médecin des cœurs et des âmes (cf. Lc 5, 31), celui qui apaise les angoisses. Je suis le Bon Pasteur (cf. Jn 10, 14), qui veille sur ses brebis et leur donne sa paix !

Afin de vous faire comprendre que vous devez conserver cette paix, imaginez une belle plage invitant à la baignade, protégée, au large, des assauts de l’océan par ce qui paraît être un solide banc de sable. Le nageur s’y sent en parfaite sécurité. Pourtant, cette sécurité n’est qu’apparente puisque les marées peuvent y provoquer de puissants courants par lesquels même le meilleur des nageurs peut être rapidement emporté… Comment éviter cela ? En respectant tout simplement les consignes qui interdisent de se baigner en ce lieu ! Malgré tout, chaque année, sur certaines plages, nombre de baigneurs imprudents sont victimes de ce phénomène (6). Alors, ils sont emportés par les courants, s’affolent, s’épuisent en tentant de rejoindre le rivage, et ils meurent noyés.

Existe-t-il, concrètement, un moyen d’y réchapper ? Eh bien, oui, mes enfants ! Au lieu de nager à contre-courant, ils doivent garder confiance et se laisser, sans céder à la panique, emporter docilement vers le large, attendre que le courant ait perdu de sa force et regagner tranquillement la côte. Ne vous épuisez donc pas à nager à contre-courant, et faites confiance à votre Dieu !

Courage, mes petits, car je suis avec vous, et ceux qui auront suivi mes conseils sortiront grandis de cette épreuve, quelle qu’en soit l’issue.

Je vous bénis,

Jésus

 

   

(1) cf. 1 P 2, 13 ; Rm 13, 2 ; Catéchisme de l’Église catholique, nn. 2238 – 2240.
(2) cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 2242.
(3) cf. Code de Droit Canonique, 375 – § 1.
(4) v. Message du 14 août 1985 (II), Un Souffle qui passe…, Tome 1.
(5) v. Messages du 1er novembre 2019 (I) et (II), Un Souffle qui passe…, Tome 3.
(6) Phénomène appelé « baïne » sur la côte Atlantique, « bâche » en Bretagne et dans la Manche, et « passe » sur l’Île de la Réunion.  

 

Nihil obstat : Abbé Marc-Antoine Fontelle
Imprimatur : + Mgr Gilbert Aubry