Message du 10 avril 1988

Bien chers frères,

Comme nous sommes étonnés d’entendre de si nombreux prêtres dénigrer les Apparitions mariales, rejeter les manifestations de l’Esprit Saint et encourager les fidèles à ne vivre que dans la foi pure !

Il est vrai que Jésus a dit : « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu » (Jn 21, 29), mais Il ne s’en est pas moins montré à Thomas, qui ne croyait pas, afin qu’il soit lui aussi témoin de Sa Résurrection.

Chers frères aimés, la foi est déjà une Grâce, un don de Dieu et celui qui croit sans avoir vu a su accepter ce don. Cependant, c’est par ce même don que le croyant dialogue avec Dieu et c’est par lui que Dieu l’enseigne.

Avoir la foi, ce n’est pas, ainsi que le croient de nombreuses personnes, adhérer à une croyance comme certains adhèrent à un club ou à un parti politique. Ce n’est pas proclamer à ses frères son amour pour le Seigneur et se montrer exigeant à leur égard tout en transgressant à longueur de journée les Commandements dans l’intimité de sa propre maison. Avoir la foi, ce n’est pas se dire chrétien un jour et athée le lendemain en fonction de son entourage et de ses intérêts. Non ! Avoir la foi, c’est sentir au-dessus de soi la présence rassurante d’un Père qui aime Son enfant et surveille ses pas. C’est marcher sur les traces de Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu, afin de ne pas s’égarer. C’est enfin rendre grâce à Dieu pour tous les signes et toutes les manifestations qu’Il daigne accorder aux hommes à travers le Divin Paraclet envoyé par Jésus-Christ pour leur rappeler tout ce qu’Il leur a dit (cf. Jn 14, 26).

Ces signes, bien chers frères, doivent être acceptés avec la plus grande reconnaissance lorsqu’ils proviennent de l’Esprit Saint. Nous vous avons déjà longuement indiqué la façon dont il convient que vous exerciez votre discernement*.

De la soudaine intuition aux Apparitions de Notre Seigneur et de la Très Sainte Vierge, en passant par les manifestations de tendresse de vos aimés du Ciel sous forme de signes divers ou à travers des messagers mandatés par l’Esprit, rien n’est à rejeter systématiquement mais tout est à éprouver : ces Grâces, lorsqu’elles viennent d’En-haut, sont des baisers du Ciel ; elles sont ces roses que Thérèse de l’Enfant-Jésus voulait faire pleuvoir sur la terre. Comment pourriez-vous les rejeter ?

Vous qui méprisez l’homme à genoux en train de verser une larme au pied d’une statue dans un lieu d’Apparitions et pensez : « C’est un excentrique ou un illuminé ! Tout cela ne peut que nuire à une foi équilibrée ! », êtes-vous si fiers de votre propre foi ? Ne prenez-vous pas plutôt l’une des plus belles et des plus humbles manifestations d’une foi profonde pour l’expression d’un sentimentalisme quelque peu pathologique ? Vous qui croyez en Dieu et prétendez aimer Sa Divine Majesté, comment se fait-il que, Celle-ci offrant au monde des signes de Sa Bonté afin de vivifier la foi, vous vous en détourniez d’un geste de mépris en affirmant l’inutilité de telles Grâces ?

Frères aimés, comment croyez-vous donc que Dieu puisse vous faire comprendre Ses Volontés, sinon à travers des signes qui peuvent aller du plus discret au plus voyant, du plus individuel au plus collectif ? Marie, notre Mère, participe activement à la vie de l’Église en continuant de donner périodiquement aux hommes des consignes de vie chrétienne. Et nous faisons de même, voyant combien règnent ici-bas l’anarchie spirituelle, la gabegie morale et la dégradation. Ah ! frères, combien ces moments passés à vous rappeler à l’ordre avec tout notre amour nous sont doux !

Si notre messager refusait de nous écouter, nous en serions bien tristes ! Car lorsque Dieu décide de se manifester par quelque moyen, les hommes doivent rester attentifs à Ses signes, à Ses appels, et les soumettre à l’Église à travers ses évêques.

Imaginez un enfant qui aurait une vénération pour le Père Noël mais que l’on verrait refuser avec entêtement tout présent le jour de cette Fête : cela semblerait ridicule ! En effet, comment serait-il possible à un enfant qui toujours vanterait la bonté et la générosité du Père Noël de refuser des présents qui lui seraient personnellement destinés ? Pourtant, chers amis, ne faites-vous pas de même lorsque vous refusez les signes donnés par Dieu ? Peut-être croyez-vous acquérir plus de mérite en éliminant de votre foi tout ce qui pourrait la rendre plus profonde, plus mystique, et en portant seuls, jusqu’au bout, votre croix ?

Vous avez bien tort car les douceurs ne sont pas toujours des pièges de Satan : Simon de Cyrène n’a-t-il pas aidé Jésus au chemin du Calvaire ? Jésus n’a-t-Il pas accepté que la pécheresse répandît sur Ses pieds son précieux parfum, et ne l’a-t-Il pas encouragée et immortalisée pour ce seul geste ? Les signes du Ciel, chers frères, sont eux aussi des flacons de parfum répandus par Dieu sur votre spiritualité trop souvent sans saveur. Vous qui vous permettez de critiquer les hommes qui chérissent de telles douceurs, vous qui déconseillez catégoriquement à votre entourage les lectures spirituelles dépourvues d’imprimatur alors que vous vous permettez paradoxalement des lectures dont la moralité n’est pas des plus recommandables, demandez donc au Seigneur doux et humble de Cœur de transformer le vôtre, car, nous vous l’affirmons, les cœurs humbles et sensibles entrent avant les autres au Royaume des Cieux.

Apprenez à discerner les manifestations de l’Esprit Saint des œuvres sataniques, la foi du cœur de la superstition. Si vous aimez Dieu, sachez rester à l’écoute de Jésus-Christ et de Ses Commandements ; et si Marie, notre Mère, vous invite à vous rendre en pèlerinage sur les lieux qu’Elle a honorés de Sa bienheureuse présence, allez-y, car ce sont là des démarches de foi : quand on aime vraiment, non pas à la façon des pharisiens mais en vérité, que ne fait-on pas pour plaire au Seigneur !, n’est-ce pas, amis du Ciel ?

+ Vos frères dans la Foi

 

* v. Message du 16 décembre 1985, in Un Souffle qui passe…, Tome 1