Message du 1er novembre 2000

MESSAGE DE TOUSSAINT

Bien chers frères,

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car la Toussaint est une grande fête ! Elle est la fête de tous les êtres humains qui, dès cette terre, ont invité Notre Seigneur à habiter leur cœur et se sont efforcés de le suivre jusque dans l’Éternité. Et ces hommes sont une multitude, tous sauvés par le sacrifice unique d’un seul et même Rédempteur. Différents par leur nationalité, leur race, leur couleur, leur milieu social, ils ont eu en commun un seul et même but dans leur vie : celui  de servir fidèlement Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait Homme.

Eux qui se sont nourris de sa Parole et qui ont communié à son Corps à son Sang, eux qui ont prié inlassablement et vécu une authentique charité sous le regard satisfait de leur Père du Ciel, les voici maintenant grandis, parvenus à maturité, et incorporés à la vie divine. Paul, frères, a donné aux chrétiens la clé de ce grand mystère, qui n’est autre que l’Église elle-même. Méditez-le en ce temps de Toussaint. Par le Baptême, l’homme, agrégé au Corps Mystique du Christ, naît à la vie divine. Il devient alors fils de Dieu à part entière, ce qui signifie engagement à suivre Notre Seigneur sur le chemin de la sainteté, mais aussi engagement à rayonner de cette sainteté pour qu’elle touche le cœur des autres, ceux qui ne connaissent pas le Christ. Ainsi ils auront le désir de venir s’agréger, eux aussi, à ce Corps, et de vivre de son souffle pour l’éternité.

Quelle responsabilité individuelle, frères, mais aussi quelle merveille de solidarité que d’être membre d’un tel Corps ! C’est pourquoi chaque chrétien, respectueux de sa propre identité et s’aimant soi-même, ne peut qu’aimer également ses frères membres du Corps du Christ, et désirer ardemment de voir ceux qui ne croient pas et ceux qui trahissent leur foi abandonner le vieil homme et entrer, eux aussi, dans l’unité et l’harmonie de ce Corps.

Frères, aucune autre comparaison ne saurait atteindre la justesse de celle de Paul. Si un membre de votre corps de chair souffre, c’est tout votre corps qui souffre avec lui, c’est toute votre identité. C’est pourquoi vous dites très justement dans la langue française : « J’ai mal à la jambe », et non pas, comme en espagnol, « Me duele la pierna » – c’est-à-dire : « La jambe me fait mal ». Si vous commettez des excès, vous mettez en danger vos organes et aussi votre corps tout entier. Le mal, d’abord très localisé, ensuite se répand et il est plus difficile à enrayer. Le fléau que le Corps du Christ ne peut souffrir, amis, c’est le mal d’égoïsme, l’hypertrophie de la personnalité, qui, toute centrée sur elle-même, refuse orgueilleusement de se faire servante comme Notre Seigneur s’est fait Serviteur. La longue liste des péchés de l’homme dérive d’ailleurs de ce seul et même état d’esprit, de cette seule et même attitude qui pense à soi d’abord avant que de penser à servir Dieu et à servir ses frères.

Lorsqu’un organe du corps est malade, un traitement s’impose pour enrayer la maladie. Et plus l’état de la maladie est avancé, plus le traitement est difficile à supporter. Quel parent censé voyant son enfant gravement malade se laisserait intimider par ses pleurs et convaincre de ne pas continuer les piqûres nécessaires à sa guérison ? Lorsqu’il s’agit du corps de chair, l’homme accepte généralement jusqu’aux traitements les plus douloureux pour recouvrer la santé. Cependant, lorsque, dans ce Corps, qui est l’Église, des membres profondément contestataires nuisent à l’harmonie générale, et que la tête de l’Église temporelle – le pape – administre une piqûre de rappel, nombreux sont ceux qui refusent ce traitement au nom même de la charité !

Frères, au sein de l’Église temporelle doit régner l’unité, malgré des sensibilités qui n’y sont pas toujours identiques. La foi catholique doit y rester immuable, et, lorsqu’il s’agit de la défendre, tous les membres du Corps doivent se montrer solidaires. S’ils ne le sont pas, c’est que leur esprit a été déformé par de fausses doctrines : il n’est que des esprits rebelles pour oser critiquer des textes élaborés par le pape et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ces messages, il y a quelques années déjà, vous parlaient des loups infiltrés dans la Bergerie*. Ils y sévissent plus que jamais, déguisés en agneaux, bêlant un amour fait d’accueil et de tolérance, qui séduit les foules, et les disciples du Christ eux-mêmes se laissent abuser. Mais cet amour est un amour trop sentimental, un amour qui se laisse attendrir par les cris de l’enfant qui refuse la piqûre parce qu’elle fait mal. Pourtant, si la piqûre n’est pas faite, l’enfant ne peut guérir et il s’expose à une mort plus douloureuse encore.

Amis, vous qui appartenez à l’Église catholique romaine, remerciez Notre Seigneur de vous avoir donné un pape, des évêques et des prêtres pour baliser votre pèlerinage terrestre et vous permettre d’avancer à la lumière du Christ. Ceux qui crient à la ségrégation ou à l’élitisme n’ont rien compris à l’enseignement du Sauveur ! La vie de l’homme est un champ de bataille où s’affrontent ses bons et ses mauvais penchants. Il n’est jamais qu’un seul Seigneur qui soit venu montrer à l’homme le chemin de la sainteté. Il n’est jamais qu’un seul Dieu qui soit mort sur une croix et ressuscité des morts pour le salut de tous. Il n’est jamais qu’une seule foi que l’homme puisse embrasser pour pouvoir être sauvé.

Frères, si vous saviez l’amour dont Dieu vous aime, et si vous saviez l’unité qui règne dans le Ciel ! Soyez saints et aimez votre Église comme vous vous aimez vous-mêmes, car vous êtes les membres de cette Église. Recevez les textes de Rome dans un esprit filial, et cherchez à les comprendre plutôt qu’à les critiquer. L’Église est votre mère et elle ne veut que votre bien : comment pourrait-elle donner à ses enfants des serpents (cf. Mt 7, 9-10) ?

Aspirez, dès cette terre, à l’harmonie de l’Église du Ciel. Car ceux qui exècrent l’harmonie ont un esprit de ténèbres, et le Ciel leur sera fermé. Aspirez à la communion des saints et croyez à l’efficacité de la prière d’intercession pour les vivants et pour les défunts. Croyez à la victoire de l’Amour sur la mort et aspirez aux dons du Saint-Esprit pour aider vos frères. Ne jugez pas les autres, et soyez pour ceux qui ne vivent pas chrétiennement la flamme d’un flambeau plutôt que celle d’un bazooka. Soyez entre vous pleins d’amour et de charité. Supportez avec patience ceux qui vous exaspèrent, et priez inlassablement afin qu’un jour, Dieu vous réunisse tous dans son Ciel de gloire.

Aujourd’hui, le Ciel tout entier se réjouit de cette communion qu’il vit avec la terre. Tous les saints que vous aimez, tous les défunts que vous avez connus vous remercient pour vos bonnes pensées et pour vos prières. Que notre bonne Mère veille sur vous, et que Notre Seigneur vous bénisse, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

+ Vos frères dans la Joie du Ciel

 

* v. Message du 7 mars 1995, Un Souffle qui passe…, Tome 3.