Message du 25 juin 2022





Bien chers frères,

Nous vous encourageons à lire ou à relire les paragraphes du Catéchisme de l’Église catholique définissant la vocation propre aux fidèles laïcs dans l’Église et leur participation, par leur Baptême, à la charge sacerdotale, prophétique et royale de notre Seigneur Jésus-Christ (1). Si vous comparez ces paragraphes aux premières synthèses diocésaines en vue du synode sur la synodalité (2), vous ne pourrez que déplorer l’état de déliquescence que traverse aujourd’hui l’Église en France et aussi dans tout l’Occident. La triste réalité des remarques et desiderata exprimés par de nombreux fidèles et clercs y révèle, en effet, une consternante méconnaissance de la catéchèse la plus élémentaire.

Dans l’Église – cette sainte Bergerie où chaque brebis devrait se nourrir de la Parole de Dieu et avancer jour après jour vers une plus grande sainteté, et où chaque prêtre, après avoir fait à Dieu l’oblation de sa personne, devrait se faire berger brûlant de charité, amoureux de la saine doctrine et disponible pour le salut de tous – règne aujourd’hui l’ignorance, la confusion, l’égoïsme, la rébellion, la désolation, le mensonge et même la trahison. Preuve en est la regrettable désertification de vos lieux de culte et la grave pénurie de vocations sacerdotales – à l’exception d’une poignée de diocèses, dont il serait plus sage de faire l’éloge plutôt que de se défier. Car il convient de juger les arbres à leurs fruits mais aussi de ne pas mettre au rebut toute une récolte au motif que certains fruits ne sont pas calibrés

Alors que des catholiques sont censés avoir un minimum de connaissances sur leur foi et sur l’Église, une intelligence spirituelle et une conscience claire de former eux-mêmes cette Église dans une solide communion avec sa hiérarchie, alors que des catholiques sont censés travailler ensemble à l’avènement du Royaume de Dieu sur cette Terre en transformant par la prière, la pratique des sacrements et la sainteté de leur vie, jusqu’à la société tout entière, c’est exactement l’inverse qui se produit aujourd’hui tant parmi les fidèles que parmi les ecclésiastiques, et ce jusqu’au plus haut niveau.

Dans l’ensemble, en effet, ce n’est plus la société qui tend, comme jadis, à s’inspirer des principes moraux du christianisme, mais ce sont les fidèles eux-mêmes qui, au lieu de s’efforcer de vivre saintement et d’évangéliser la société, se laissent charmer par les idoles païennes de ce temps. Alors, happés par la malheureuse spirale du matérialisme et du relâchement moral, spirituel et religieux, ils veulent voir l’Église « s’adapter » à la société et suivre son évolution.

C’est ce que révèlent les conclusions préparatoires au synode, qui sont adressées à Rome par vos évêques, et qui, hormis certains points dignes d’intérêt, consistent aussi en un agrégat de revendications et de critiques trahissant chez les participants une méconnaissance crasse de leur foi, de l’enseignement de l’Église et des Pères, tout autant qu’une inintelligence regrettable de leur propre vocation de fidèles catholiques – comme le laissaient déjà présager de précédents synodes.

Or, pour des fidèles catholiques dignes de ce nom, les synodes diocésains ne devraient pas être le moyen de faire remonter jusqu’à Rome des opinions et des doléances qui, pour la plupart, s’opposent à l’enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils devraient, au contraire, être l’occasion de s’interroger paisiblement et avec un esprit de discernement, sur la meilleure façon d’aborder et de résoudre les problèmes engendrés aujourd’hui chez l’homme par la modernité, à la lumière de l’Évangile et sans compromission avec le monde.

Et pour les évêques, ces synodes devraient être l’occasion de recueillir toutes ces questions, de les faire remonter auprès des instances romaines , et de transmettre ensuite aux fidèles des réponses circonstanciées et de sages conseils qui leur permettent de conformer davantage leur vie à l’enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ dans le respect de la foi catholique et de la morale.

Malheureusement, au lieu de cela, ce sont les mêmes rengaines qui invariablement ressurgissent : entre autres, l’admission à la communion eucharistique des « divorcés remariés », mais aussi celle des personnes ayant des relations avec des partenaires de même sexe, le mariage religieux de ces mêmes personnes, le mariage des prêtres, l’accès des femmes à un diaconat, et même, pour couronner le tout, l’accès des femmes à la prêtrise !

Si nombre d’ecclésiastiques de tous rangs n’avaient pas laissé la spiritualité s’étioler en travestissant leur mission sociale et en survalorisant les œuvres au détriment de la mystique, du surnaturel et du prophétique, trop souvent regardés avec suspicion, s’ils avaient mieux encadré la catéchèse et mis les Saintes Écritures et les vies et écrits de saints à la portée des enfants et des adolescents sous la direction de personnes compétentes et zélées, s’ils s’étaient moins préoccupés de leur image personnelle empreinte d’un carriérisme et d’un paternalisme qui veut plaire à la société plutôt qu’à Dieu, quitte à se mettre en porte-à-faux avec le monde et à souffrir pour l’Évangile, s’ils s’étaient unanimement rassemblés pour défendre ouvertement la vie depuis la conception jusqu’à sa fin naturelle, et pour sauvegarder la liberté des enfants de Dieu plutôt que de flirter avec les gouvernements et ceux qui veulent influer dangereusement sur votre société voire diriger le monde, s’ils avaient veillé à rester chastes et continents et s’étaient donné les moyens de le faire, tout eût été radicalement différent !

C’est pourquoi, chers frères, vous ne devez pas être surpris que Dieu, dans son immense sagesse, laisse aujourd’hui l’Église humaine et hiérarchique connaître son Gethsémani, comme il a laissé le peuple élu connaître l’adversité dans ses moments de faiblesse et de reniement de Dieu (3). Quoi qu’il en soit et malgré l’optimisme béat de certains, sachez que l’Église d’Occident n’en a pas encore fini avec les blessures, les restrictions et les trahisons qu’elle doit souffrir avant que de pouvoir se relever dans la paix grâce à des fidèles aux cœurs conformes au Sacré Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie.

Ces messages, chers frères, depuis leur origine, sont la voix de l’Esprit Saint qui vous rappelle inlassablement l’amour et la confiance que vous devez montrer envers notre Seigneur Jésus-Christ et son Église, votre Mère, qui, par la grâce de votre Baptême et votre fidélité aux sacrements, sans cesse vous enfante et vous nourrit.

Ils vous rappellent, à la suite de Paul, que cette même Église fait de vous des sanctuaires de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 6, 19), et que, par votre participation à la vie divine de notre Seigneur Jésus-Christ, vous êtes aussi prêtres, prophètes et rois.

Temples de l’Esprit Saint, parce que Notre-Seigneur vous a envoyé d’auprès du Père le Paraclet et ses sept dons précieux, dont les fruits font de vous des saints (cf. Jn 16, 13-14 ; Ga 5, 18-23).

Prêtres, parce que vous priez Dieu, le louez, lui faites l’offrande de votre vie et, concourez, pendant la sainte messe, au sacrifice eucharistique offert par le célébrant pour l’avènement du Royaume de Dieu.

Prophètes, parce que sous l’influence de l’Esprit Saint, qui vous communique le sens surnaturel de la foi et vous dote de différents dons spirituels et charismes, vous œuvrez en tant que missionnaires de l’Évangile du Seigneur et de son Église.

Rois, parce qu’en recevant le Corps du Christ livré pour vous, vous participez directement à la divine royauté de Jésus pour servir tous vos frères – Jésus Pain de Vie, qui vous accueillera un jour à son banquet nuptial dans l’Éternité s’il vous en juge dignes.

Certains d’entre vous, chers frères, se disent en lisant ce message : quelle bouffée de grâces ! C’est pourquoi nous vous recommandons, outre la lecture des messages de ces deux dernières années, qui sont d’une brûlante actualité, celle des trois volumes des années précédentes, qui ont reçu l’imprimatur de l’Église catholique. Dans la communion des saints, qui unit l’Église de la Terre à l’Église du Ciel, cette lecture vous ramènera toujours aux Saintes Écritures et à l’enseignement de l’Église pour vous aider à progresser sur le chemin du Ciel. Nous vous demandons seulement de vous munir aussi de votre Bible et du Catéchisme de l’Église catholique afin que vous puissiez vous y reporter à chaque référence et chaque fois que nécessaire. Vous devez aussi savoir que, par leur enseignement, ces messages sont des réponses sans équivoque à moult questions soulevées par différents synodes de ces dernières décennies.

N’attendez pas qu’il soit trop tard pour prendre conscience que Dieu est avec vous et en vous dans les joies comme dans les peines et les épreuves. Car la relation des hommes avec Dieu est une grâce exceptionnelle voulue par le Créateur lui-même, à l’image de la relation qui existe entre les trois Personnes de la Trinité Sainte – le modèle humain le plus pertinent de cette relation ayant été, sur cette Terre, celui de la Sainte Famille et de la vie publique de Jésus.

Sachez aussi, amis, que tout est possible à Dieu si votre volonté se conforme à la sienne. Et il n’est rien de plus précieux pour lui qu’une âme en état de grâce qui se nourrisse régulièrement de l’Eucharistie et vive de sa Parole sous la tutelle de l’Esprit Saint.

Apprenez, chers frères, le discernement à la lumière de ce même Esprit, et ne restez pas dans l’ignorance. Veillez également à prier la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église (4), si souvent décriée aujourd’hui jusqu’au sein même de cette institution, et à solliciter d’elle aide et protection. Faites de vos synodes des occasions positives de grandir en sainteté et non des moyens d’exprimer des revendications qui, sous des dehors prétendument charitables « au point d’égarer, s’il était possible, même les élus » (Mt 24, 24), ne sont, en fait, que doléances inspirées à des âmes spirituellement immatures ou perverses par le Maître du Mensonge, qui veut détruire l’Église et détruire la société.

Que Notre-Seigneur et sa sainte Mère vous bénissent et vous gardent.

+ Vos frères dans la Vérité

(1) v. Catéchisme de l’Église catholique, § 897- § 945.
(2) Le synode sur la synodalité doit s’achever à Rome en octobre 2023.
(3) v. les livres historiques de l’Ancien Testament.
(4) v. Message du 15 août 2021, note 10.

 

Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle, docteur en théologie, en droit canonique et en droit.