Un souffle qui passe...

Message du 5 janvier 1992

(Un père chrétien à ses enfants)

Mes enfants chéris,

Remerciez le Bon Dieu de me permettre, une fois encore, de vous souhaiter une bonne année, et de vous prodiguer quelques conseils pour votre vie quotidienne.

Je voudrais que cette année soit une année de grâces, une année toute tournée vers le Seigneur et sa sainte Mère, une année qui vous voie plus forts dans votre foi et plus confiants à la fois dans la protection spirituelle qui vous est accordée et dans votre propre personne.

Car, mes très chers enfants, vous manquez de confiance. Vous vous demandez, aussi bien les uns que les autres, de quoi demain sera fait. Vous avez souvent la tentation du découragement, que, fort heureusement, vous dissimulez à votre entourage, et vous vous interrogez au fur et à mesure que vous progressez sur le chemin de la foi, sur le but de la vie, sur l’avenir, sur ce que Dieu attend de vous.

Votre père, qui vous aime et qui voit à présent un peu plus loin que vous, vous crie depuis le Ciel : ne vous lancez pas dans une recherche qui vous détourne de vos devoirs quotidiens ! Les uns ont choisi de s’investir dans un métier et dans la fondation d’une famille : accomplissez donc cela dans la perfection. Un autre a choisi de se faire eunuque pour le Royaume des Cieux, et de découvrir une autre forme d’amour et de don de soi : qu’il accomplisse cela aussi dans la perfection. Que nul n’envie ou n’accable l’autre, que nul ne critique l’autre. Car il a été donné à chacun selon ses possibilités et selon sa vocation, et c’est dans celle-ci que chacun doit progresser sans se retourner vers le passé, sans susciter en lui des remords ou des regrets, sans même aspirer à un état qui, dans le déroulement de sa vie, serait en contradiction avec son premier choix.

Mes chers petits, votre vie est comme une maison : construisez-la vous-mêmes sans attendre que d’autres le fassent à votre place. Faites tous les efforts nécessaires pour l’enrichir, pour l’embellir, pour la solidifier. Ne construisez pas sur du sable mais sur du roc, et que tout ce que vous pensez, tout ce que vous dites et tout ce que vous faites vise toujours à l’unité, à la charité et à la perfection dans le Christ Jésus. Que toutes les pierres que vous posez soient unies par le précieux ciment de la foi et de l’obéissance à l’Église, qui est votre Mère.

Ne doutez pas de vos possibilités. Ne dites pas : « Je suis lucide sur moi-même, je n’y arriverai jamais ! » en quelque domaine que ce soit. Dans l’Esprit Saint, rien n’est impossible : le plus médiocre des hommes imite Notre Seigneur, le plus impur devient chaste, le plus inintelligent devient savant, le plus maladroit acquiert des capacités que nul n’aurait jamais pensé le voir posséder…

Ne doutez pas, mes enfants, mais croyez ! Croyez en Dieu, croyez en la puissante intercession de la Vierge Marie, notre Mère, et de tous les saints. Unissez vos prières aux nôtres, et gardez une confiance inébranlable dans l’avenir.

Que les difficultés ne vous soient pas sources de découragement mais de réflexion, et, de là, de progression. Que la vie ne vous dégoûte pas, mais, au contraire, qu’elle vous fascine, et que vous sachiez en utiliser toutes les ressources pour faire des conversions : tout d’abord, votre propre conversion dans le Christ et dans la vraie foi. Une conversion du cœur, que ne passe pas seulement par l’intelligence mais par l’amour. Une conversion que vous partagerez ensuite avec vos époux ou vos épouses avec beaucoup de douceur.

Pour cela, cependant, il faut que votre comportement soit irréprochable afin qu’ils ou elles aient envie de mieux connaître la source de l’amour qui vous anime. Une conversion, enfin, que vous partagerez avec votre entourage malgré les barrières et les réticences que vous éprouverez inévitablement sous l’emprise du doute ou d’un manque de courage, qui doivent rester passagers.

Rappelez-vous toujours ceci : tout est possible à Dieu ! Alors, priez mieux, priez plus fort, priez avec plus de cœur et de sincérité, surtout lorsque vous vous sentez faibles ou en proie à ce maudit découragement, que je voudrais tant que vous considériez comme une tentation du Démon.

Ne vous arrêtez point aux critiques des uns ou des autres, mais parlez-leur avec votre cœur s’ils consentent à vous écouter. Le refus de se tourner vers Dieu avec sincérité est un manque d’humilité ! Sachez désarmer vos adversaires avec les arguments de la petitesse, car la compréhension des plus grandes vérités spirituelles, des plus hautes et aussi des plus belles, n’est pas donnée aux savants mais aux petits. Si vous possédez des diplômes, le monde sera impressionné, mais si vous parlez avec simplicité, il le sera bien plus encore.

Si vos tentatives de conversion échouent encore, c’est que votre amour pour les autres n’est pas assez parfait. Sachez donner de votre affection avec sincérité. Apprenez à devenir des amoureux des pauvres, de ceux dont l’âme crie famine, et nourrissez-les abondamment.

Je vous aime tous, mes petits chéris, et je suis satisfait des changements qui s’accomplissent petit à petit en vous. Plus vous serez attentifs à ce que Dieu attend de vous et plus vous progresserez vers sa lumière. Vous aussi, soyez des lumières. Détachez-vous de la matière et sachez en jouir sans lui accorder d’importance. « L’essentiel est invisible pour les yeux* » disait quelqu’un que j’aimais bien, et qui avait compris beaucoup sur la foi. Si tous vous compreniez cela avec vos maris, vos femmes et vos enfants, je serais si heureux. Car il reste encore des doutes et des ressentiments au fond de certains cœurs, et j’en suis profondément peiné. L’année 1992 me verra-t-elle libéré de ce souci ? Je vous confie cette intention. Elle dépend de la force de vos prières qui, unies aux miennes, toucheront le cœur de Marie et de Jésus.

Mes chers petits, je vous vois tous avec vos joies et vos peines, vos doutes et vos souffrances, vos agacements, vos impatiences, votre amour-propre, vos attentes et vos déceptions, et je voudrais vous dire que je suis avec vous dans les bons moments comme dans les mauvais.

Je vous entends lorsque, du fond de votre cœur, vous me parlez et me demandez protection, aide ou soutien. Je suis votre confident, mais si parfois vous avez la certitude que je vous ai entendus, souvent vous ne m’écoutez pas vous répondre, ou vous vous mettez à douter. Les « Papa, dis telle ou telle chose au messager ! » ne sont pas des preuves de l’authenticité de ces messages. Papa dit ce qu’il doit dire, ce qu’il est autorisé à dire, et il ne voudrait surtout pas vous voir dépendre, pour vos décisions de tous les jours, de qui que ce soit sauf de l’inspiration toute personnelle de l’Esprit Saint, qui, à la lumière de votre foi, doit vous aider à éclairer votre jugement, votre conscience et vos actes.

Mes petits, prenez vos responsabilités dans la vie. Apprenez à aimer, à bien aimer sans carences ni excès, à aimer avec le cœur. Apprenez à échanger, dans vos couples tout particulièrement, afin que chacun soit pour l’autre un soutien, un appui, un ami véritable. Vous ne parlez pas suffisamment au sein de vos couples ! Consacrez, certes, du temps à la prière commune, mais sachez aussi parler de l’autre et parler de vous, confier à l’autre vos joies, vos soucis, vos projets. Sachez mettre tout en commun et communiquer à l’autre ce que vous avez de meilleur pour le lui faire partager, et ce que vous avez de moins bon pour qu’il vous aide à l’améliorer.

L’année 1992 sera l’année des vérités. Chacun y trouvera pleinement son équilibre s’il se range du côté de Dieu et puise dans la foi tous les éléments nécessaires à une profonde conversion. Aidez votre chère maman à s’amender elle aussi, car l’âge n’est pas un signe de parfaite intelligence de la foi. Témoignez-lui votre amour avec plus de spontanéité, et ne l’éloignez pas de vos discussions spirituelles – cela n’est pas la meilleure des solutions pour aider à la conversion d’un cœur. Priez beaucoup, comme votre père, pour obtenir la grâce que son cœur soit touché et s’ouvre enfin à une foi plus sensible. Son éducation est à la racine de toutes ses réticences. Ajoutez à cela une bonne dose d’amour-propre, d’intellectualisme, de fierté et de méfiance, et vous verrez combien nous avons fort à faire ! Cependant, des progrès ont été accomplis, et moi qui vous rappelle qu’à Dieu rien n’est impossible, je dis : ne  nous décourageons pas !

Que le Ciel vous protège, mes chers enfants, qu’il vous éclaire et vous guide en cette année nouvelle. Je vous aime et vous suis du coin de l’œil. Soyez sages et confiants : vous êtes des aimés ! Ne décevez pas le Seigneur, et rendez-vous dignes des grandes grâces qu’il nous a accordées.

Je dépose un paternel baiser sur chacune de vos têtes et sur celles de vos chers enfants, que je remercie de leurs prières fidèles, associées aux vôtres. Je n’oublie pas votre maman, et vous prie de lui transmettre tout mon amour. Elle vous répondra qu’elle n’en a jamais douté et qu’elle n’a pas besoin de « messages » pour le savoir, mais cela ne doit pas vous attrister…

Bonne et sainte année à tous, ainsi qu’à Jean-Philippe-Marie, que je remercie tout particulièrement pour l’aide prodiguée à toute notre famille. Et à sa famille, bonne année également.

Que le Seigneur vous bénisse à travers mes mains, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit,

Votre papa

 

* « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » sont les propos du renard dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry, publié en 1943.